Histoire de la Semaine. _Portraits de MM. Broglie et Cousin._--Courrier
de Paris.--Exposition des produits des Manufactures de Sèvres, des
Gobelins et de Beauvais. _Deux Vitraux pour la chapelle royale
d'Amboise; Théière en porcelaine; Jardinière en porcelaine; Coupe en
porcelaine._--Exposition des Produits de l'Industrie. Huitième article.
Fourneaux, Cheminées, Boulangerie de Mouchot. _Pétrisseurs mécaniques;
Pesage et Placement de la pâte dans les moules; Fours de M. Mouchot;
four de M. Baudin-Langlois._--Un voyage au long cours à travers la
France et la Navarre. Par A. Aubert. Chap. II et III. _Huit Gravures,
par Bertall._--Femmes de lettres Françaises contemporaines. _Médaillons
de mesdames G. Sand, Charles Reybaud, Amable Tastu, Delphine Guay,
Virginie Ancelot, Marceline Valmore, Élise Voïart._--Exposition des
Produits de l'Horticulture. _Paulownia impérialis; Yucca et Feuilles
d'Aloès._--Exposition du Mont-Carmel. _Hospice du Mont-Carmel;
Allégorie, par M. Jollivet; Femme arabe, par M. Cogniet; Jérémie, par M.
Horace Vernet._--Bulletin bibliographique. Allégorie de Juin.
_L'Écrevisse._--Théâtre de la Porte-Saint-Martin. _M. Risley et ses deux
fils._--Correspondance.--rébus.
Histoire de la Semaine.
[Illustration: M. de Broglie.]
L'opinion publique est à peine remise de l'agitation que lui avait
causée la discussion si solennelle et si animée de la chambre des pairs
sur la loi de l'enseignement secondaire. La salle du Luxembourg laisse à
peine mourir l'écho des applaudissements qu'ont obtenus de bancs opposés
et l'illustre rapporteur de la commission, M. le duc de Broglie, et son
éloquent et infatigable adversaire, M. Cousin; et déjà la loi portée à
la chambre des députés y fait naître des émotions tout aussi vives, et
amène dans ses bureaux une lutte d'autant plus complète, que personne ne
se dissimule que la lutte de tribune ne s'engagera pas cette année, et
que par conséquent c'est sur l'effet à obtenir dans ces débats
provisoires et sur la nomination des commissaires que doivent, quant à
présent, se concentrer tous les efforts. Les intérêts de l'enseignement
ecclésiastique seront soutenus par M. de Carné avec une mesure qui n'a
pas toujours été gardée au Luxembourg. Le droit commun aura des
défenseurs habiles dans MM. de Tocqueville et Odilon Barrot;
l'enseignement par l'État, amélioré et rajeuni, peut compter sur les
voix de MM. Thiers, Dupin, Rémusat, Quinette, Saint-Marc Girardin; enfin
toutes et chacune de ces fractions comptent un peu sur M. de Salvandy.
La commission, dont nous venons de nommer tous les membres, a fait choix
de M. Barrot pour la présider, et de M. Saint-Marc Girardin pour remplir
près d'elle les fonctions de secrétaire; mais on croit savoir que la
majorité a d'avance fait choix de son rapporteur, et que cette tâche
importante sera confiée à M. Thiers.
La discussion s'est poursuivie sur les chemins de fer, et il s'est
trouvé dans la Chambre, en cinq jours de temps, une majorité pour
décider que l'État n'exécuterait pas complètement les voies de fer, et
une autre majorité pour mettre en déroute les compagnies qui s'étaient
organisées dans la prévision de ce premier vote. Nous espérons que la
Chambre fera cesser cette contradiction, en adoptant pour les chemins
qui sont à l'ordre du jour, pour celui du Nord surtout, presque
entièrement terminé, l'achèvement par l'État, que M. Dufaure est parvenu
à faire rejeter à une faible majorité, à l'occasion du chemin de
Bordeaux. Le coup porté aux compagnies a été reçu par leurs conseils
d'administration. Un certain nombre de membres des deux Chambres, plus
jaloux à coup sûr de l'intérêt de leurs localités qu'avides de gains à
réaliser, avaient accepté les fonctions d'administrateurs dans les
chemins soumissionnés. On a exposé que cette situation, que ce rôle
complexe étaient mauvais; que les déterminations du ministre pourraient
y perdre du leur liberté, le public de sa confiance, et les décisions
des chambres de leur autorité. Uniquement préoccupés de prouver qu'ils
avaient agi sans vue d'intérêt personnel, les députés ainsi mis en cause
se sont succédé à la tribune, et n'y ont pas apporté un seul argument,
une seule considération qui touchai à la question générale. Une première
disposition a donc été introduite pour sauvegarder le ministre contre
toute influence. Elle exige que la concession soit faite par
adjudication avec publicité et concurrence;--le rabais portera sur la
durée de la jouissance;--nulle compagnie ne pourra concourir qu'après le
versement du cautionnement prescrit par le cahier des charges, et autant
qu'elle aura été préalablement admise par le ministre des travaux
publics. Quant à la question des administrateurs, elle a été tranchée
par un autre article, adopté sur la proposition de M. Crémieux, et ainsi
conçu: «Aucun membre des deux chambres ne pourra être adjudicataire ou
administrateur dans des compagnies de chemin de fer auxquelles des
concessions seront accordées.» Il est difficile de peindre l'émoi que
cette discussions et ces résolutions ont fait naître. Nous croyons, nous
le répétons, qu'elles auront pour conséquence de faire revenir
immédiatement la Chambre au mode d'exécution complète par l'État. S'il
en était autrement, l'exécution des voies de fer se trouverait encore
ajournée; et, si l'on peut différer sur le mode d'exécution à adopter,
tout le monde est d'accord sur les inconvénients immenses, sur le
dommage réel qui résulteraient pour le pays d'un plus long retard dans
l'achèvement du réseau.
Rien n'a fait plus de bruit cette semaine que le silence des avocats.
Jamais les voûtes du palais' n'avaient retenti de plus de discussions
que depuis que l'ordre a pris le parti de ne plus plaider. Nous aurions
pu, il y a huit jours, annoncer les résolutions adoptées et prédire les
événements. Nous avons préféré attendre et limiter notre responsabilité
au récit des faits accomplis.
Le barreau de Paris se plaignait de la position qui était faite à
quelque-uns de ses membres alors qu'ils plaidaient devant la première
chambre de la cour royale, présidée par M. le premier président Séguier.
On avait vu un avocat si habituellement, si inévitablement interrompu
par ce magistrat dans chacun de ses plaidoyers, qu'il avait cru de sa
délicatesse de déclarer à ses clients qu'il ne saurait plus se charger,
sans danger pour leurs intérêts, des causes qu'ils pourraient avoir à
faire plaider devant la première chambre. Dans une autre occasion, M.
Séguier adressait la leçon la moins humaine à un pauvre père de famille
qui, le coeur brisé, venait de conduire à la dernière demeure l'enfant
unique qu'il pleurait, faisait demander la remise à huitaine d'une
affaire dont il était chargé. D'urgence, il n'y en avait aucune; il ne
s'agissait ni d'un prisonnier à élargir, ni d'une condamnation
exemplaire à prononcer. On s'attendait à entendre sortir de la bouche du
magistrat une parole de sympathie douloureuse, c'est un reproche qui en
sortit, et, pour justifier cette dureté, M. le premier président
s'appuyait sur l'autorité, inconnue de nos jours, de La Roche Flavin,
qu'à la sensibilité de son texte on a supposé être quelque compère
Tristan de la fin du seizième siècle ou du commencement du
dix-septième.--On avait entendu, il y a peu de jours, M. Séguier rendre
toute discussion impossible à un jeune avocat, en lui disant dès son
début: «Expliquez-vous en un seul mot;--expliquez-vous en deux
mots;--votre affaire est entendue.» L'ordre avait silencieusement gémi
sur ces scènes trop souvent renouvelées; toutefois, il n'y avait vu que
des torts individuels qui, à tout prendre, devaient peut-être encore pus
affliger la justice et inquiéter les justiciables qu'émouvoir les
avocats. Mais tout dernièrement M. le premier président, élargissant
généralisant ses attaques, a fait entendre quelques mots qui mettaient
l'ordre tout entier en cause et faisaient peser la suspicion sur ses
sentiments d'indépendance, de dignité et de désintéressement. L'ordre
s'est ému avec raison, à notre avis; son conseil s'est réuni pour
délibérer sur la position qui lui était faite et le parti qu'il avait à
prendre.
[Illustration: M. Cousin.]
Dans toute cette première phase, nous le déclarons, il nous est
impossible de voir des torts d'un autre côte que de celui d'un magistrat
dont personne ne conteste les lumières, la sagacité, et qui, à une
époque, on aime à s'en souvenir, a fait avec courage et modération ses
preuves d'indépendance et de fermeté. En ces circonstances nouvelles, M.
le premier président nous avait paru oublier les ménagements que
l'élévation de sa position lui commandait, comme les droits qu'on ne
saurait contester à la défense et les égards qui sont dus à ses organes.
Mais ceux-ci n'ont pas su garder l'avantage de leur situation, et, en
écrivant à M. le premier président que tel jour, à telle heure, ils se
présenteraient à l'audience pour entendre ses explications, ils n'ont
pressenti qu'ils les rendaient impossibles, que cette sommation, cette
assignation à bref délai, blesseraient justement la dignité de la
magistrature et leur feraient perdre, à eux, quelque chose de leur droit
d'obtenir des réparations pour la leur. Ce qui n'était qu'un duel entre
M. Séguier et l'ordre, a été converti par là en grave conflit entre le
barreau et la cour qu'on avait engagée par cette façon de procéder. Si
M. le bâtonnier, prenant la parole à l'ouverture de l'audience de lundi
dernier, eût, sans l'avoir notifié par avance, fait appel à la raison, à
la justice de M. le premier président pour qu'il effaçât par une
explication satisfaisante les fâcheuses et injustes impressions de ses
sorties malentendues, nul doute que M. Séguier ne se fût exécuté; du
moins, s'il s'y fût refusé, il n'eût pas trouvé un seul défenseur parmi
ses collègues eux-mêmes. La marche suivie, au contraire, en blessant les
susceptibilités de la compagnie, jusque-là en quelque sorte étrangère au
débat, l'a élargi; et la cour, oubliant ou se croyant autorisée à ne
plus considérer de quel côté il avait d'abord été manqué à toutes les
convenances, après plusieurs délibérations fort animées, a cité le
conseil des avocats tout entier, signataire de la lettre adressée à M.
le premier président, à comparaître devant les Chambres assemblées le
lundi 1er juillet. C'est une mesure grave, c'est un conflit que ne
peuvent suivre qu'avec inquiétude tous ceux qui regardent comme une
garantie d'ordre la bonne administration de la justice, impossible sans
l'intime union de la magistrature et du barreau.
Toutes les mesures ont été prises pour nous tenir en garde contre une
seconde attaque des troupes marocaines, et pour obtenir diplomatiquement
une réparation de la première. L'Angleterre s'est très-activement
appliquée à nous faire sentir que ce serait nous commettre que de ne pas
mépriser les injures et les coups de fusil des soldats de l'empereur, et
s'est offerte pour s'entremettre dans ce différend. Nous avons accepté
cette proposition en protestant, que, tout offensés que nous étions, et
bien qu'une attaque meurtrière soit infiniment plus grave qu'un coup
d'éventail, nous ne songions nullement à traiter l'empereur du Maroc
comme la restauration avait traité le bey d'Alger. Nos intérêts et nos
pouvoirs sont donc en ce moment aux mains de notre alliée. Il faudrait
être d'un caractère bien inquiet pour concevoir la moindre crainte sur
la façon dont ils seront défendus et dont il en sera usé.--Nous
craignons fort que les ports de l'empire soient insuffisants pour
recevoir toutes les escadres qui vont s'y rendre. L'Espagne en a déjà
fait partir une; la nôtre s'arme à Toulon; l'Angleterre ne nous laissera
probablement pas devancer la sienne. Voici venir maintenant celles de la
Suède et du Danemark, si nous en croyons la _Gazette des Postes_ de
Francfort, dans laquelle on lit ce qui suit, sous la rubrique
d'Holstein: «Depuis longtemps, le Danemark et la Suède ont exigé de
l'empereur de Maroc l'abolition du tribut qu'ils ont payé jusqu'à
présent. L'empereur a toujours refusé d'abolir ce tribut odieux. En
conséquence, le gouvernement suédois va envoyer à Maroc une escadre. Il
y a lieu de croire que cet exemple sera suivi par notre gouvernement et
que les deux gouvernements agiront d'accord. Des explications seront
ensuite données aux assemblées législatives des deux pays.»
Le ministère anglais a, depuis un certain temps, une lutte quotidienne à
soutenir et de fréquents échecs à réparer. Il y a peu de jours qu'un
membre de la chambre des communes, M. Duncombe, a amené sir James Graham
à déclarer qu'usant d'un statut de la reine Anne il avait fait ouvrir à
la poste un certain nombre de lettres sous sa responsabilité. Le
ministre s'est, du reste, refusé à toute autre explication. M. Duncombe
a dit alors qu'il avait des motifs pour croire que les lettres dont le
secret avait été violé étaient adressées à M. Mazzini, Italien réfugié
en Angleterre, connu comme le chef de la _Jeune Italie._ Il en
résulterait que le ministère anglais violerait le secret des lettres
pour le compte des gouvernements italiens. M. Duncombe demandait que
cette affaire fût vidée séance tenante, ou que la Chambre s'ajournât
jusqu'à ce que le ministère se fût expliqué. Mais l'ordre du jour était
chargé, et l'on a, en passant outre, réservé à l'auteur de
l'interpellation la faculté de la reproduire.--Dans la même Chambre
était en discussion un bill par lequel le ministère proposait, de
réduire le droit sur le sucre étranger, pour les pays où la culture est
libre, de 63 schellings à 34. M. Miles a proposé, par contre, un
amendement pour abaisser à 20 schellings le droit sur le sucre colonial,
qui est aujourd'hui à 24, afin de conserver nue différence que réclament
lues planteurs des Antilles pour pouvoir continuer du lutter contre les
sucres étrangers. Vivement combattu par sir Robert Peel et ses amis, cet
amendement n'en a pas moins été a voté par 241 voix contre 221 dans la
séance de vendredi dernier. Alors le premier ministre annoncé que dans
la séance de lundi il ferait connaître les intentions du cabinet. La
discussion a donc été reprise, et, après une longue et vive discussion,
la chambre a été amenée à se déjuger à une majorité de 255 voix contre
233.--La chambre des lords, de son côté, a été placée dans une position
difficile par la discussion épineuse d'une motion faite par l'évêque
d'Exeter contre la corruption et l'existence des maisons de tolérance.
Lord Fitzhardinge a remercié d'abord le révérend prélat pour ses paroles
éloquentes, espérant que la chambre renverrait à une commission le bill
auquel le travail et les réflexions du noble évêque, sur une plaie aussi
douloureuse, donnaient, sans aucun doute, la plus grande importance.
Mais il désirait savoir si le révérend prélat avait vérifié un fait qui
avait été publiquement établi. Aucune voix ne s'étant élevée pour le
contredire, il avait présumé alors, lui, comte Fitzhardinge, que ce fuit
était constant: autrement le corps auquel il était imputé n'aurait pas
gardé le silence.
«Il y a un peu plus de deux ans, dit-il, on a publié que le doyen et le
chapitre de Westminster avaient en propriété, près de la place
d'Almoury, place que le noble lord ne connaît pas (hilarité), un
très-grand nombre de lupanars des plus célébrés; qu'on en comptait
vingt-quatre dans Almoury, tous possédés par le doyen et le chapitre de
Westminster (éclats des rires), se trouvant ainsi dans la proportion de
deux lupanars pour une prébende (rires prolongés); que dans le quartier
d'Orchard Street il y en avait trente, dans celui de Pye-Street on en
comptait quarante, dans celui de York-Street vingt, la plupart
appartenant au doyen et aux membres du chapitre dans l'étendue de la
corporation.» (Bruyante hilarité.) Le comte de Fitzhardinge pensait
alors que le doyen et les membres du chapitre, usant du droit
incontestable de propriété, auraient pu faire quelque chose avant qu'on
eût recours aux mesures législatives. Il se rappelait que ce même corps,
le doyen et le chapitre de Westminster, avaient refusé une place dans
leur abbaye, au nom de la moralité et de la religion, à la statue de
lord Byron, et qu'il y avait une grave inconséquence à rejeter l'une
taudis qu'on gardait les autres. L'évêque d'Exeter a reconnu la vérité
des faits cités par lord Fitzhardinge, mais il a déclaré que le doyen de
Westminster s'occupait de les faire disparaître. Le bill passent en
comité.
Nous avons parlé de troubles en Silésie. Ils sont devenus assez graves
pour qu'on ait jugé prudent d'envoyer dans les communes agitées toutes
les forces d'artillerie et de cavalerie dont on pouvait disposer. Mais
pendant que Breslau se trouvait dégarni de troupes, par suite de ces
envois, des désordres y ont éclaté dans la nuit du 7 au 8 de ce mois;
ils sont bientôt étendus dans plusieurs bourgs et villages.
La ville de Breslau a été occupée militairement; on a fini par arrêter
cinquante-trois individus, et la tranquillité de la ville a été obtenue
par la contrainte. Les familles prussiennes s'expliquent assez peu
clairement sur les causes de ces événements. Les journaux locaux se
taisent complètement à ce sujet. A en croire les feuilles de Berlin, il
n'y a eu de tumulte que parce que la musique des régiments n'avait pas
exécuté des fanfares sur lesquelles on comptait. Mais, d'un autre côté,
la _Gazette des Postes_, de Francfort, met cette affaire sur le compte
de la propagande, qui aurait répandu des brochures propres à enflammer
les esprits. D'autres versions plus vraisemblables donnent à penser que
la situation fort dure des ouvriers tisserands de la Silésie et de la
Saxe, a pu amener ces soulèvements. Du reste, la première de ces
provinces ne paraît pas être la seule partie des États prussiens où la
tranquillité aurait été troublée. Un journal de Francfort dit que sept
ou huit personnes ont été blessées à Dusseldorf, _à l'occasion des
troubles_. C'est ainsi que l'on nous apprend qu'il y a eu des désordres
dans cette ville, sans que l'on nous en dise en même temps ni la cause
ni la portée.
Les accidents se multiplient dans les houillères. Une explosion de gaz
hydrogène carboné vient encore d'avoir lieu sur le territoire de la
commune de Marchienne-au-Pont (Belgique), dans la mine de Chaume-à-Roc.
Sept ouvriers ont été tués et dix-huit à vingt sont plus ou moins
fortement brûlés. Il paraît que ce sinistre est attribué au mauvais état
de l'aérage de cette exploitation. L'administration des mines en avait
provoqué l'interdiction, et l'arrêté qui faisait droit à sa réclamation
était arrivé, dit-on, depuis deux ou trois jours dans les bureaux du
commissariat du district, qui sont établis à Lodelinsart. Un autre coup
de feu a eu lieu à la fosse Saint-Joseph du Charbonnage de le Réunion
sur Mont-sur-Marchienne, dans la journée de jeudi. Sept ouvriers ont été
victimes de ce déplorable accident; deux d'entre eux sont morts, les
autres ne paraissent que légèrement blessés.--A la Nouvelle-Orléans, un
terrible incendie a commencé le 18 mai à exercer d'épouvantables
ravages. En trois jours, dix squares ont été consumés;
Jackson-Street-Canal, sur la droite. Common, sur la gauche, ainsi que
Treme, Ellarais, Villère, Robertson, et jusqu'à Clairbonne, ne sont plus
qu'un monceau de cendres. Il ne reste dans tout cet espace qu'une seule
habitation, la maison de santé. On estime que 280 à 300 maisons ont été
détruites, et la perte est portée à une somme énorme. Le consul français
a aussitôt ouvert une souscription et a invité ses compatriotes à rendre
aux Américains malheureux ce que la Nouvelle-Orléans s'était empressée
de donner à nos frères de la Guadeloupe.
La mort de M. Burnouf père avait laissé vacantes une place à l'Académie
des inscriptions et belles-lettres et une chaire au collège de France.
M. Mohl a été élu à la première. Il avait pour concurrents MM. Sedidot
et Laboullaye. Au cinquième tour de scrutin il a obtenu 17 voix sur 34.
M. Nisard a été choisi pour la chaire libre par MM. les professeurs du
collège de France.
La science a perdu un des hommes qui ont le plus contribué à étendre son
domaine: M. Geoffroy-Saint-Hilaire vient de lui être enlevé. C'est une
perte que nous devons enregistrer aujourd'hui, mais dont
_l'Illustration_ aura à apprécier toute l'étendue.--La chambre des
députés a vu également ses rangs s'éclaircir par le décès de M. Onny,
député des Vosges, et de M. Meurice, député du Doubs.--La banque de
Paris a eu son tribut de regrets à payer à M. B Rollin, de la maison
Blatte, Cohin et compagnie.--Madame la comtesse Chaptal, veuve du savant
chimiste, ministre de l'empire, est morte âgée de 83 ans.