14 août.

Enfin! enfin! quelques lignes griffonnées sur le pilier brisé d’une

église, dans un village en ruines, encore tout fumant de l’incendie.

Mais un mot vaillant; si j’osais, je penserais, presque allègre. Max se

bat avec une sorte d’ivresse.

Il m’écrit des choses délicieuses:

* * * * *

«Mon amour, à toute heure je vais te retrouver... Pour mieux dire, je

suis toujours avec toi. Tu ne te doutais guère, ma Mireille chérie, que

tu assistais ainsi--puisque partout j’emporte ton souvenir--à de

terribles scènes, que tu entrais dans de pauvres villages éventrés,

calcinés, labourés par les obus. O mon cher amour, quand nous

prononcions le mot de «guerre», nous ne pouvions nous imaginer ce que

c’est atroce et splendide, la guerre! Tout ensemble, je suis

passionnément intéressé et horrifié... Quels spectacles épouvantables,

sublimes, je suis amené à contempler!

«Mais aussi, il me semble que l’atmosphère de danger dans laquelle je

suis jeté décuple mon intensité de vie!

«Mireille, je t’adore...»

Le Feu sous la Cendre · 第 21 / 59 题