4 août.

Alors, c’est bien vrai! Il est parti. Mon cœur s’est brisé, et cependant

je vis... Il est parti avec le même entrain qui l’animait quand nous

nous mettions en route pour Saint-Moritz ou Chamonix, au temps des

sports d’hiver.

Après les instants affreux des préparatifs de départ, j’ai senti, une

dernière fois, aux mortelles minutes de l’adieu, ses baisers caresser

mon visage, mes cheveux, mes yeux, lourds de larmes que je ne voulais

pas verser, mes lèvres que je ne pouvais détacher des siennes. Il avait

l’air si sûr de la brièveté de la tempête que sa présence me soutenait.

Un moment, j’ai cru vraiment que, bientôt, il reviendrait, comme il me

l’a répété tant de fois.

--Une promenade de six semaines! Ne t’affole pas! chérie... C’est

charmant pour nous de connaître, pendant quelque temps, une existence

nouvelle relevée par une certaine saveur de danger... Cela me changera

agréablement des financiers et de la Bourse!

Et qu’il était joyeusement convaincu, en me disant cela!

Mais depuis qu’il est loin, la confiance qui me galvanisait s’est

évanouie en une poussière que la terrible tourmente emporte.

Le Feu sous la Cendre · 第 17 / 59 题