LE P. VERJUS A MADEMOISELLE DE SCUDÉRY[584].

[584] Cabinet de M. Boutron.

A Versailles, le 25 novembre [1686].

Le billet, Mademoiselle, que vous me fîtes l'honneur de m'écrire il y a

trois jours, a eu une trop bonne fortune pour me permettre de vous la

laisser ignorer. Comme tout le monde n'a pas le même don que moi de

déchiffrer ce que vous écrivez, j'en fis un extrait de ma main de tout ce

qui regarde la maladie du Roi[585] sur le dos même du billet, afin que le

R. P. de la Chaise en pût faire plus aisément la lecture à Sa Majesté, ce

qu'il a fait il n'y a que deux heures, en présence de Mme de Maintenon

qui dit d'abord que, connoissant votre zèle comme elle le connoissoit,

elle s'étonnoit qu'on n'eût encore rien vu de vous sur ce sujet; et cet

extrait ayant été lu ensuite, fut estimé et applaudi autant que je le

désirois, et sans doute beaucoup [plus] que vous ne l'espériez. Je n'ai

pas cru devoir différer de vous en rendre compte par le plaisir extrême

que j'ai de pouvoir vous donner dans les occasions les petites marques

dont je suis capable de mon respect infini pour votre mérite et de mon

zèle extrême pour votre très-humble service,

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 230 / 411 题