[562] Cabinet de M. Dubrunfaut.
De Basville, 21 septembre [1671].
Je viens de recevoir votre paquet, Mademoiselle; j'ai présenté de votre
part à M. le P. Président celui de vos discours[563] qui est relié en
veau: il l'avoit reçu dès hier au soir, et il nous l'avoit lu lui-même
d'un bout à l'autre avec bien du plaisir; en effet, il loua fort le
discours et nous le secondâmes fort. J'ai présenté les deux autres à MM.
de Lamoignon; ils m'ont tous chargé de vous en faire leurs remercîments
et de vous assurer de leur estime. Ils m'ordonnent de vous prier
d'avertir M. de Pellisson de ne pas manquer à sa bonne coutume de venir à
Basville; c'est une des personnes qu'on y voit le plus volontiers; Je ne
sais si l'on a fait quelque chose pour l'affaire de votre neveu[564];
j'ai fort prié qu'on ne souffre pas qu'il sorte de chez nous, on m'a fait
espérer quelque chose.
Je suis de tout mon respect à vous,
RAPIN, de la Cie de Jésus.
_P. S._ J'ai trouvé l'endroit où vous parlez du Roi très-beau, et la
prière à Notre-Seigneur très-dévote; enfin, ce discours est digne de vous
comme tout ce que vous avez fait. Personne ne prend plus de part à votre
gloire que moi.
[563] Le _Discours sur la gloire_ qui venait de remporter le prix
proposé par l'Académie française.
[564] Le fils de Georges, connu plus tard sous le nom de l'abbé
de Scudéry. «Ce garçon étoit fort joli,» dit Tallemant, et il
paraît qu'il donna plus d'un chagrin à sa mère. A la date de
cette lettre, il n'avait guères qu'une douzaine d'années, et
était probablement élevé chez les jésuites.