CORBINELLI[561] A MADEMOISELLE DE SCUDÉRY.

[561] On voit dans une lettre de Corbinelli à Bussy-Rabutin, du

17 mai 1670, qu'il se préparait alors à rejoindre le marquis de

Vardes, exilé dans son gouvernement d'Aigues-Mortes.

[Vers 1670.]

J'en use pour vous comme pour les trois meilleures amies que j'aie. Je

pars sans dire adieu ni à vous ni à elles; j'appelle des adieux en forme,

où l'on prie de commander quelque chose, où l'on s'embrasse

cérémonieusement, où l'on se dit mille riens fort tendres, ou mille mots

tendres qui ne signifient rien d'effectif. Ceci est un pur effet de la

cordialité, c'est un billet où j'atteste l'amitié même, si elle a une

divinité à part, que je vous honore parfaitement et que je brûlerai de

l'encens à ses autels en votre commémoration tous les trois mois dans un

bois auprès d'Aigues-Mortes. Là, je songerai profondément à vous et à

votre amie l'aimable Sombreil, et je vous regretterai du meilleur de mon

pauvre cœur. Je vous prie de l'aimer toujours, je la prie de vous chérir

et d'admirer sans cesse votre vertu et votre mérite et de tâcher de

l'imiter, et je vous conjure toutes deux d'être persuadées que vous êtes

gravées dans mon cœur, chacune d'un caractère particulier, mais qui sont

l'un et l'autre ineffaçables.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 211 / 411 题