Le 15 mai [1695].
Je commence, Madame, par vous assurer que vous serez contente de l'éloge
que M. Bosquillon a fait de feu l'abbé de Saint-Vincent[488]. M. le
président Boisot vous l'aura sans doute dit, mais je vous le confirme
après l'avoir lu deux fois. Dès qu'il sera imprimé vous l'aurez, et M. le
président Boisot aussi. En attendant je vous envoie un madrigal que M.
Bosquillon a fait après avoir lu les deux vôtres avec autant de modestie
que d'estime et de respect pour la main qui les lui donne, et je vous
envoie en même temps un madrigal qu'il a fait au retour d'une fameuse
fauvette[489] dont je suppose que vous connoissez la réputation. Je vous
envoie aussi ce que j'ai dit à la même fauvette, afin que vous voyiez que
je n'aspire pas à vivre aussi longtems que ma grand'mère, n'étant pas
assurée des mêmes avantages qu'elle a eus. Je n'écris pas aujourd'hui à
M. le président Boisot; je me réserve à me donner cet honneur que l'Éloge
soit imprimé, et je vous envoyerai en même temps la copie de la lettre de
M. [Montmort?] à M. de Pellisson que le Roi a gardée. Conservez, Madame,
la même bonté qu'à celui que nous regrettons, pour votre très-humble et
très-obéissante servante, car je sens assez qu'elle n'en est pas indigne
par l'estime distinguée qu'elle fait de votre mérite. Je crois, Madame,
qu'il n'est pas nécessaire de vous dire qu'elle s'appelle