[394] François Charpentier, membre de l'Académie française, était
en correspondance avec Mlle de Scudéry. _Voy._ ci-après la lettre
qu'il lui adressa en 1659.
[1673.]
J'ai reçu avec bien de la joie, Monsieur, le précieux présent que vous
m'avez fait. Je voudrois bien que mes louanges fussent d'un prix assez
considérable pour contribuer à votre gloire, mais, telles qu'elles sont
je vous assure que je les emploie avec plaisir à rendre justice à votre
Églogue[395] qui est assurément très-belle et bien digne de vous et de
son sujet. Je n'oserois, Monsieur, vous en dire davantage en parlant à
vous, mais ce n'est pas tout le bien que j'en dirai en parlant aux
autres. J'aime naturellement à louer tout ce qui mérite d'être loué;
jugez donc, Monsieur, avec quel plaisir je louerai votre ouvrage, étant
autant que je suis votre très-humble et très-obéissante servante.
[395] _Églogue royale à Louis XIV_. Paris, 1673, in-4º. C'est à
cette production de Charpentier que Boileau fait allusion dans
son _Discours au Roy_:
L'un en style pompeux habillant une églogue
De ses rares vertus se fait un long prologue,
Et mêle, en se vantant soi-même à tout propos,
Les louanges d'un fat à celles d'un héros.
Il faut dire que Boileau était souvent en querelle à l'Académie
avec Charpentier. Dans une lettre à Racine datée de Bourbon le 21
juillet 1687, où Fagon l'avait envoyé prendre les eaux pour le
guérir d'une extinction de voix qui l'affligeait depuis plusieurs
années, il dépeint le traitement auquel on le soumet, et dit en
s'y résignant: «Mais que ne feroit-on pas pour contredire M.
Charpentier?»