21 mai 1657.

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«Jusques ici je m'étois renfermé dans mon métier de faire des

chansons[350], et, parmi nos beautés champêtres, j'étois renommé pour n'y

être pas tout à fait malhabile. Mais il a fallu que mon ambition m'ait

porté non-seulement à faire le portrait d'Amaryllis (Mme de

Valençay)[351], mais encore à me donner l'honneur de vous écrire. Vous

me trouverez sans doute, Mademoiselle, bien téméraire d'avoir fait l'un

et l'autre; mais je crois surtout que, pour entreprendre de vous faire

une lettre, il falloit ne voir le péril que de cinquante lieues. Si

j'avois été plus près, j'aurois été moins hardi, j'aurois imité ces faux

braves qui ne sont jamais vaillants que hors l'occasion.». . . . . . . .

[350] Dans une de ses lettres inédites, il s'intitule le _Grand

chansonnier de France_. «M. de Boisrobert, dit-il, qui avoit

cette charge avant moi, m'en a fait bon marché. Dieu veuille

qu'elle me vaille une abbaye comme à lui, car il me semble qu'une

abbaye me siéroit aussi bien qu'à un autre.»

[351] _Œuvres de Bouillon_, p. 116.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 54 / 411 题