. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
«Jusques ici je m'étois renfermé dans mon métier de faire des
chansons[350], et, parmi nos beautés champêtres, j'étois renommé pour n'y
être pas tout à fait malhabile. Mais il a fallu que mon ambition m'ait
porté non-seulement à faire le portrait d'Amaryllis (Mme de
Valençay)[351], mais encore à me donner l'honneur de vous écrire. Vous
me trouverez sans doute, Mademoiselle, bien téméraire d'avoir fait l'un
et l'autre; mais je crois surtout que, pour entreprendre de vous faire
une lettre, il falloit ne voir le péril que de cinquante lieues. Si
j'avois été plus près, j'aurois été moins hardi, j'aurois imité ces faux
braves qui ne sont jamais vaillants que hors l'occasion.». . . . . . . .
[350] Dans une de ses lettres inédites, il s'intitule le _Grand
chansonnier de France_. «M. de Boisrobert, dit-il, qui avoit
cette charge avant moi, m'en a fait bon marché. Dieu veuille
qu'elle me vaille une abbaye comme à lui, car il me semble qu'une
abbaye me siéroit aussi bien qu'à un autre.»
[351] _Œuvres de Bouillon_, p. 116.