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Souffrez que je m'arrête et que j'admire en même temps le savoir de M.
Rivet, et l'esprit de Mademoiselle sa nièce[284]. Sans mentir, je ne vis
jamais rien de plus galamment pensé, ni de plus noblement exprimé, que ce
que cette excellente personne vous a écrit, et il y a un caractère si
aisé, si aimable et si spirituel en cette lettre, que je ne m'étonne pas
si Mlle de Schurman a fait sa sœur d'alliance de l'excellente fille qui
l'a écrite. Vous me ferez sans doute bien la grâce de l'assurer que, hors
l'intérêt de la Pucelle, je ferai toujours gloire de suivre ses
sentiments sans consulter les miens, et de soumettre ma raison à la
sienne, qui est infiniment plus éclairée; mais comme il n'y a que des
personnes peu généreuses qui cèdent quand on leur résiste, elle me
pardonnera si je tâche de repousser la force par la force, et si après
lui avoir rendu louange pour louange et civilité pour civilité, je fais
ce que je puis pour répondre à ses objections, car puisqu'elle a pris le
parti de Monsieur son oncle contre son propre sexe, ce sera aussi à elle
seule que je demanderai raison de ce que lui et elle vous ont écrit. Elle
dit que M. Rivet n'a pas eu d'intention de rabattre rien de la gloire de
cette héroïne, mais de faire voir seulement combien il est difficile à
une fille de conserver sa réputation toute pure en allant à la guerre,
etc., etc.
[284] Mlle Dumoulin.