A M. CONRART.

[1647.]

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Souffrez que je m'arrête et que j'admire en même temps le savoir de M.

Rivet, et l'esprit de Mademoiselle sa nièce[284]. Sans mentir, je ne vis

jamais rien de plus galamment pensé, ni de plus noblement exprimé, que ce

que cette excellente personne vous a écrit, et il y a un caractère si

aisé, si aimable et si spirituel en cette lettre, que je ne m'étonne pas

si Mlle de Schurman a fait sa sœur d'alliance de l'excellente fille qui

l'a écrite. Vous me ferez sans doute bien la grâce de l'assurer que, hors

l'intérêt de la Pucelle, je ferai toujours gloire de suivre ses

sentiments sans consulter les miens, et de soumettre ma raison à la

sienne, qui est infiniment plus éclairée; mais comme il n'y a que des

personnes peu généreuses qui cèdent quand on leur résiste, elle me

pardonnera si je tâche de repousser la force par la force, et si après

lui avoir rendu louange pour louange et civilité pour civilité, je fais

ce que je puis pour répondre à ses objections, car puisqu'elle a pris le

parti de Monsieur son oncle contre son propre sexe, ce sera aussi à elle

seule que je demanderai raison de ce que lui et elle vous ont écrit. Elle

dit que M. Rivet n'a pas eu d'intention de rabattre rien de la gloire de

cette héroïne, mais de faire voir seulement combien il est difficile à

une fille de conserver sa réputation toute pure en allant à la guerre,

etc., etc.

[284] Mlle Dumoulin.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 34 / 411 题