Geoffroy-Saint-Hilaire. _Buste de Geoffroy-Saint-Hilaire._--Histoire de
la Semaine.--Prisonniers arabes en France. _Portrait d'Ali ben-Aïssa;
Iles Sainte-Marguerite; le Fort Brescou_.--Un Voyage au long cours à
travers la France et la Navarre, par A. Aubert. Chap. IV et V. _Sept
Gravures, par Bertall; la Tour de Montlhéry, par Champin_.--Des Caisses
d'Épargne.--Étuves de Néron ou Tripoli.--_Vue intérieure des Étuves de
Néron_.--La Fête des Allemands à Rome. Une Gravure.--Courrier de Paris.
_Cour d'Assises de la Seine, procès d'Édouard Donon-Cadot et de
Rousselet; Maison de Donon-Cadot; Arrestation de Rousselet; Plan de la
Cour d'Assise._--Nouveau Système de Télégraphie. _Une
Gravure_.--Exposition des produits de l'industrie. (Neuvième article.)
Armes. _Sept Gravures_.--Bulletin bibliographique.--Mademoiselle
Taglioni. _Le Pas de l'Ombre_.--Modes. _Une Gravure_.--Rébus.
Geoffroy-Saint-Hilaire.
Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire vient d'être enlevé à la science et à ses
amis. Il était ne à Étampes, le 15 avril 1772. Sa famille le destinait à
l'état ecclésiastique. Jeune encore, il vint à Paris pour y faire ses
études; mais au collège de Navarre, où il fut placé, Brisson professait
la physique. Le contraste des méthodes rigoureuses d'une science réelle
avec l'échafaudage sans fondement des hypothèses théologiques, frappa
vivement son esprit. Au sortir du collège, il se voua donc tout entier à
l'étude de la nature. Daubenton et Hany tournèrent ses idées vers la
minéralogie. Incarcéré à la suite des événements du mois d'août 1792,
Hany fut bientôt relâché sur la demande de l'Académie, et aussi grâce
aux démarches actives de son jeune élève. A son tour, le maître servit
le disciple, qui devint démonstrateur au cabinet d'histoire naturelle.
On était en 1793. La convention nationale organisait à la fois la
victoire au dehors et l'administration au dedans. Le jardin du Roi fut
transformé en Muséum d'Histoire naturelle, avec un enseignement complet
comprenant l'ensemble des sciences naturelles, A cette époque les
savants étaient rares; les hommes d'intelligence et d'énergie avaient
pris le parti des armes; mais la convention, qui voyait les grands
généraux sortir des rangs de l'armée, savait qu'il y a aussi des
naturalistes et des professeurs parmi les soldats de la science.
Daubenton, Desfontaines, Dolomieu, Rourcroy, Hany, Jussien, Lacépède,
Lamark, Latreille, Chouin, Vauquelin, furent appelés à enseigner les
sciences dont ils s'étaient occupés. La chaire de l'histoire naturelle
des animaux vertébrés restait seule vacante. La convention décida
qu'elle serait occupé par Geoffroy. Encouragé par Lakanal et Daubenton,
le jeune minéralogiste accepta, et on sait comme il a justifié depuis le
choix dont il fut honoré à cette époque. En peu de temps il se mit à la
hauteur de sa mission: non-seulement il étudiait et travaillait sans
cesse, mais encore il saisissait avidement toutes les occasions de
servir la science à laquelle il s'était dévoué. En voici la preuve. Il
connaissait l'agronome Tessier, son compatriote, celui-ci, réfugié en
Normandie, lui parle d'un travail sur l'anatomie des mollusques, fait
par le précepteur des enfants du comte d'Héricy. Geoffroy écrit au jeune
instituteur, qui lui répond: «Ces manuscrits, dont vous me demandez la
communication, ne sont qu'à mon usage, et ne comprennent sans doute que
des choses déjà ailleurs et mieux établies par les naturalistes de la
capitale; car ils sont faits sans le secours des livres et des
collections.» Geoffroy insiste, et reçoit le manuscrit accompagné
d'admirables dessins. A chaque pas il y découvre des faits nouveaux les
vues ingénieuses, le germe enfin d'une classification nouvelle. «Venez,
écrit-il au jeune précepteur, venez à Paris jouer parmi nous le rôle
d'un autre Linné, d'un législateur de l'histoire naturelle.» Que faut-il
le plus admirer dans ces lettres, la modestie de l'homme qui fut Cuvier,
ou l'empressement de Geoffroy à ouvrir la carrière à un naturaliste dont
il prophétisait la grandeur future? O noble simplicité de ces temps
d'enthousiasme et d'abnégation, combien vous êtes loin de nous!
Aujourd'hui, le savant lui-même est un calculateur ombrageux qui suppute
longtemps d'avance toutes les chances d'une rivalité probable!
[Illustration.]
Pendant deux ans, Cuvier et Geoffroy travaillèrent ensemble. Tout était
commun entre eux, et l'heureuse alliance de l'imagination de l'un avec
l'esprit lumineux de l'autre a jeté les fondements de la science
zoologique actuelle, qui réunit la puissance de généralisation du génie
allemand à la vigueur et à la clarté de l'intelligence française.
La campagne d'Égypte vint séparer les deux amis. Geoffroy partit avec
Bonaparte, prit part à toute la campagne et à tous les travaux de
l'Institut d'Égypte. C'est alors qu'il fit ses premières observations
sur l'organisation si curieuse des crocodiles. Pendant que l'on
canonnait Alexandrie, il étudiait l'anatomie du silure électrique, et
utilisait au profit de ses découvertes, l'exaltation que produit le
bruit du canon et l'agitation incessante des esprits au sein d'une ville
assiégée, dont la reddition ne pouvait être que différée. Toutes les
richesses scientifiques amassées par la commission d'Égypte allaient
tomber entre les mains des Anglais, qui regardaient les collections et
les manuscrits de nos savants comme un des trophées de leur conquête.
Geoffroy, Savigny et Delille sont députés vers le général anglais, et
lui déclarent que s'il persiste à vouloir les dépouiller des fruits de
quatre ans de veilles et de travaux, ils les détruiront de leurs propres
mains, et signaleront à l'Europe cet acte d'injustice et de barbarie.
Leur fermeté imposa au chef de l'armée ennemie, qui s'abstint d'un acte
de violence sans profit et partant sans but.
En 1808, Geoffroy était à Lisbonne, envoyé par Napoléon pour organiser
l'instruction publique en Portugal. Dans ce voyage il n'avait pas oublié
les intérêts du Muséum d'histoire naturelle. Chargé de nombreux
échantillons, pris parmi les doubles de nos collections, il fit de
nombreux échanges avec le musée d'Ajuda; mais au moment de quitter le
Portugal un traité d'évacuation vint de nouveau le mettre en présenté
des Anglais. Lord Proby et le général Beresford demandaient que les
collections leur fussent livrées; Junot ne résistait que faiblement,
mais Geoffroy ne faisait pas si bon marché de sa paisible conquête. Les
conservateurs du musée d'Ajuda déclarèrent que ces collections étaient
sa propriété particulière, et les Anglais insistant pour qu'on leur
donnât au moins quatre caisses, Geoffroy leur abandonna ses effets et
emporta sa collection. En 1815, M. de Richelieu s'empressa d'offrir au
Portugal de lui restituer ces richesses; mais le ministre portugais
répondit loyalement qu'il ne réclamait rien, car il n'y avait eu que des
échanges sur le pied de la plus parfaite égalité.
Pendant les cent jours, Geoffroy fut le représentant de la ville
d'Étampes, mais il renonça bientôt à ses fonctions politiques pour
retourner à la science. Depuis cette époque, il s'est livré sans
interruption à ses études favorites et a développé peu à peu les idées
philosophiques sur l'organisation animale, qui feront sa gloire aux yeux
de la postérité. Essayons d'en tracer l'esquisse sans être ennuyeux ou
incompris.
Lorsque Linné parut, l'histoire naturelle n'était qu'un chaos; on
décrivait, on enregistrait les animaux, mais ou ne les classait pas.
Linné porta la lumière au milieu de ces ténèbres; il apprit à nommer,
classer et caractériser les espèces: il fit voir comment l'homme devait
dresser l'inventaire des richesses de la nature; distinguant et séparant
sans cesse, il dut insister plus sur les dissemblances que sur les
rapports. Tous les naturalistes subirent l'ascendant du grand homme et
marchèrent dans la route qu'il avait tracée. Cependant quelques esprits
synthétiques furent frappés des analogies qui existent entre les oeuvres
si variées de la nature. Ils reconnurent que tous les mammifères, par
exemple, étaient construits sur le même plan. Geoffroy, qui s'était
spécialement occupé de cette classe d'animaux, s'assura que ces
analogies ne s'arrêtaient pas à une ressemblance générale, mais qu'on
pouvait la poursuivre jusque dans ses moindres détails. Il reconnut que
la main de l'homme et du singe, l'aile de la chauve-souris, la patte du
chien, la griffe du chat, le pied fourchu du boeuf et du mouton, le
sabot du cheval, la rame du phoque et la nageoire de la baleine se
composent des même pièces. Mais les unes sont plus développées, les
autres le sont moins, quelques-unes disparaissent presque en entier,
tandis que d'autres grossissent démesurément.
Guidé par le sens de l'analogie, il prouva que la tête se compose
toujours des mêmes os dans l'homme comme dans l'oiseau et le poisson. Il
vit, en un mot, que la nature, fidèle au plan qu'elle s'est tracé, le
varie, le modifie, mais ne le change jamais. Il en conclut que la
création est soumise à des lois, à des nécessités qu'elle ne saurait
enfreindre, et qu'elle n'est point l'acte arbitraire d'une volonté sans
règles et sans bornes. La justesse de cette conclusion, il la vérifia
dans ses moindres détails; ainsi les dents existent dans toute la classe
des mammifères, tout à coup elles manquent dans celle des oiseaux, qui
la suit immédiatement; n'était une infraction à la loi de l'unité
d'organisation des animaux; mais cette infraction n'est qu'apparente.
Geoffroy prouva que les dents existent chez les oiseaux dans le jeune
âge, mais elles sont à peine formées et disparaissent bientôt arrêtées
dans leur croissance par le développement des mâchoires qui constituent
le bec. Ainsi donc le proverbe avait menti, et les poules ont des dents,
mais elles ne les conservent pas.
Les animaux n'étant plus des créations séparées, mais seulement la
transformation d'un seul type, la permanence des espèces devenait fort
douteuse; en effet, les agents extérieurs, en modifiant un animal, ne
peuvent-ils pas, avec l'aide du temps, le transformer au point qu'il ne
ressemble plus à son type originel? Voyez les variétés de chiens, de
chevaux, de moutons; pourquoi la nature serait-elle moins puissante que
l'homme? Les preuves abondent, mais l'espace nous manque. Je n'en
citerai qu'une seule. A mesure qu'on s'avance vers le Nord, la martre
commune se modifie graduellement, et le prix de la fourrure s'accroît
dans le même rapport. Enfin, en Sibérie, on trouve la martre zibeline,
et le naturaliste suit toutes les transitions entre l'animal de France
et celui de la Sibérie, qui, au premier abord, semble une espèce
complètement distincte.
Les idées de Geoffroy sur l'unité organique renfermaient implicitement
une autre vérité. Les appareils si variés dont se compose l'organisme
humain, par exemple, ne seraient-ils point un seul et même organe
diversement modifié? Tout le monde n'est-il pas frappé de l'analogie qui
existe entre les membres supérieurs et les membres inférieurs? Cette
analogie ne se borne pas là. Les os du bassin sont la répétition de ceux
de l'épaule; ceux de la tête ne sont que des vertèbres modifiées, et le
sternum n'est qu'une ébauche de la colonne épinière. Cette grande idée
fermentait à la même époque chez plusieurs philosophes: Goethe l'avait
conçue en 1791, Oken en 1807, Duméril en 1808, de Blainville en 1816 et
Geoffroy en 1824; mais Goethe n'avait point publié sa pensée qui n'était
qu'un aperçu, et ce sont les anatomistes que nous venons de citer qui
l'ont élevée au rang de vérité.
La conséquence directe de toutes ces idées, c'est la mine de la doctrine
des causes finales, à laquelle Bernardin de Saint-Pierre avait prêté
tout le charme de son style et de son imagination. En effet, si la
nature est astreinte, dans ses créations, à des règles déterminées dont
elle ne s'écarte jamais même dans les animaux les plus bizarres en
apparence, il en résulte qu'elle ne crée pas uniquement les organes pour
qu'ils accomplissent certaines fonctions. De là l'existence des organes
inutiles, véritables pierres d'attente, qui prouvent l'unité du plan de
l'architecte même dans les parties de son travail qui sont inachevées.
Ainsi, tel muscle très-peu développé chez l'homme, où il n'est d'aucun
usage, remplit chez les animaux d'importantes fonctions; tels sont, par
exemple, le muscle peaucier, à l'aide duquel les chevaux peuvent
imprimer à leur peau des secousses brusques et répétées; et le plantaire
grêle, agent principal du saut chez le lion, le tigre et le chat. Aussi
le sage, pénétré de l'insuffisance de ses lumières, s'abstient-il de
juger les oeuvres de la création. Quand on accuse d'impiété les esprits
difficiles qui les critiquent, il s'étonne en souriant de l'assurance de
ceux qui, louant sans comprendre, substituent leurs courtes vues aux
grands desseins de la nature. A mesure que la science marche, elle
renverse leur petit échafaudage de causes filiales qu'ils recommencent
incessamment sur de nouveaux frais. Et cependant la fourmi, perdue dans
les fentes de l'escalier d'un palais immense et voulant raisonner sur la
destination des diverses parties de l'édifice, n'est qu'une bien faible
image de la petitesse et de l'insuffisance de l'homme qui prétend
connaître les intentions de la nature dans l'ensemble de l'univers.
Après avoir trouvé l'organisme soumis à des lois invariables dans tous
les êtres normaux, Geoffroy devait naturellement se demander si elle les
viole complètement quand elle engendre des monstres. Déjà Montaigne
avait dit: «Les monstres ne le sont pas à Dieu, qui voit dans
l'immensité de son ouvrage l'infinité des formes qu'il y a comprises.»
Geoffroy prouve que le sceptique disait vrai, et que les monstres
étaient soumis aux mêmes lois que les êtres réguliers. Son fils a,
depuis, confirmé, éclairci et développé ses idées dans son ouvrage sur
la tératologie. C'est dans ce livre et dans les travaux de M. Serres
qu'il faut chercher les principes qui ont guidé Geoffroy et les preuves
sur lesquelles il s'appuyait, car lui-même ne les a que sommairement
indiqués dans des mémoires et des fragments isolés et sans connexion
apparente, mais dont le savant, auquel ces hautes questions sont
familières, reconnaît aisément la filiation.
Les idées de Geoffroy ne pouvaient avoir l'approbation de Cuvier. Esprit
lumineux et analytique, génie classificateur, amoureux des faits,
curieux des détails et hostile aux généralisations hardies, il souleva
une discussion au sein de l'Académie des Sciences en mars 1830. Dans
cette lutte, tout l'avantage était de son côté; n'énonçant que des faits
matériels, n'en tirant que les conclusions les plus directes, habitué
aux émotions de la tribune, s'exerçant tous les jours à la dialectique
au sein du conseil d'État, sa victoire parut complète à tous ceux qui ne
s'étaient point occupés de ces grands problèmes. Un grand nombre de
naturalistes en jugèrent autrement, et lorsque Geoffroy se retirait de
la lutte, satisfait d'avoir allumé le flambeau de la discussion, Goethe
prit la plume pour la dernière fois de sa vie, jugea le combat et les
combattants, et s'associa hautement, avec l'Allemagne scientifique, à la
défaite apparente de Geoffroy-Saint-Hilaire. Il fit voir que si Cuvier
était le glorieux continuateur de Daubenton, Geoffroy était le digne
successeur de Buffon, et que chacun d'eux travaillait suivant ses
facultés et avec un égal succès aux progrès des sciences naturelles.
L'approbation admirative de l'homme qui fut aussi grand naturaliste que
grand poète, causa une vive joie à Geoffroy-Saint-Hilaire, dont
l'esprit, dégagé des préjugés de l'école, embrassait dans une même
estime toutes les manifestations du génie. Quelques années plus tard, la
traduction des oeuvres d'histoire naturelle de Goethe permit au public
français d'apprécier la hauteur de l'intelligence qu'il avait acceptée
pour juge. Geoffroy fut heureux de voir que peu à peu les esprits
venaient à lui et que l'histoire naturelle ne se bornerait pas à
cataloguer les êtres vivants sans chercher à pénétrer le mystère de leur
organisation et à interpréter la signification de ces organes.
Le noble vieillard avait donc rempli sa tâche; athlète éprouvé, il
pouvait déposer le ceste après des efforts continués sans relâche
pendant quarante ans. C'est alors qu'il se retira dans le sein de sa
famille. Entouré des soins les plus tendres par sa femme et sa fille,
dont l'admirable dévouement n'a pas failli un seul instant pendant une
maladie de sept années, il s'est endormi paisiblement dans la conscience
d'avoir bien fait. Plus heureux que Cuvier, il laisse un fils, héritier
de ses desseins et de ses pensées. Père digne d'envie, il a pu le voir
marcher d'un pas égal au sien dans la voie qu'il avait ouverte, et se
dire comme de Candolle, qui fut aussi un naturaliste philosophe: «Je
meurs tranquille, mon fils achèvera mon ouvrage.»
Ch. M.
Histoire de la Semaine.
La semaine dernière, nous éprouvions quelque embarras, nous cherchions
des artifices de langage pour dire qu'à cinq jours de distance la
Chambre nous semblait avoir émis deux votes contradictoires, celui par
lequel elle avait voulu qu'une compagnie financière exécutât le chemin
de Bordeaux, et celui qui était venu décapiter les conseils
d'administration des compagnies financières. Nous croyons,
ajoutions-nous, que le désaccord de ces résolutions aura pour
conséquence de faire revenir immédiatement la Chambre au mode
d'exécution complète par l'État. Nous sommes non moins embarrassé
aujourd'hui pour dire que notre prévision s'était réalisée, mais qu'une
contradiction nouvelle est venue immédiatement exposer la dignité de la
Chambre aux mêmes accusations, et mettre le lundi à néant la
détermination prise le samedi par nos législateurs.
Oui, le jour où a paru notre dernier bulletin, l'adoption d'un
amendement de M. Gauthier de Rumilly avait donné raison à nos
prédictions. Il avait été décidé que les fonds nécessaires, non
seulement à l'exécution des travaux d'art et de terrassements, mais même
à la pose des rails sur le chemin de Paris à Lyon, seraient mis à la
disposition du ministre. Celui-ci ne pouvait être surpris par cet
amendement, si c'était sérieusement qu'il avait écrit dans son propre
projet que, dans le cas où, dans les deux mois, il ne tomberait pas
d'accord avec une compagnie, il était autorisé à poursuivre et à
exécuter lui-même pour le compte de l'État. A coup sur M. Dumon ne
pouvait avoir inséré cet article sans avoir pris les mesures financières
que nécessitait l'éventualité de son adoption. C'est cependant en
faisant valoir que la Chambre le prenait au dépourvu et que son collègue
des finances n'était pas plus prêt que lui, c'est par cette double
confession que M. Dumon a cherché à agir sur la Chambre. Mais M. le
ministre de l'intérieur a pensé qu'il fallait, pour obtenir une
rétractation, une pesée plus forte et une déclaration plus menaçante. La
question de cabinet s'est trouvée posée, et la Chambre, qui se complaît
à égorgeter le ministère, comme fait Agnelet de ses moutons, mais qui ne
se pardonnerait pas de le tuer brusquement, la Chambre a déclaré lundi
quelle ne résoudrait que l'an prochain ce qu'elle semblait à tout le
monde avoir résolu la surveille; c'est-à-dire qu'après avoir décrété le
crédit, elle a sursis à l'ouvrir. En vain plusieurs membres de
l'assemblée, qui avaient été opposés à l'amendement de M. Gauthier de
Rumilly, mais qui ont à coeur la dignité de la Chambre, lui ont-ils fait
observer qu'elle la compromettait à ce jeu, par ces ménagements, ces
complaisances et ces retours; la majorité n'a pas voulu se montrer ferme
jusqu'à ce que mort de ministère s'ensuivit: elle s'est déjugée.
Ainsi venait de faire, nous le disions il y a huit jours, la chambre des
communes. L'exemple était cependant peu encourageant, car les plus rudes
plaisanteries, les plus sanglants outrages étaient prodigués à
l'assemblée anglaise à l'occasion de ses variations. Dans la séance du
19, dans la discussion d'un bill sur les assemblées des conseils de
fabriques et communaux qui se tiennent dans les temples et donnent
souvent lieu à des scènes peu en harmonie avec la sainteté du lieu,
comme on demandait que des mesures fussent prises pour épargner ces
profanations, M. Wakley a répondu: «Quelle niaiserie d'imaginer que des
scènes scandaleuses profanent des murailles! Si cela était, dans quel
état serait cette Chambre où nous nous rassemblons? Si ce qui se passe
entre quatre murs pouvait les souiller, mais, en vérité, nous serions
tous ici en danger de mort, car il n'y a pas de lieu où il se passe des
scènes plus honteuses, plus hypocrites et plus immorales.» Le lendemain,
20, la scène a été encore plus vive, ou plutôt plus burlesque. La
Chambre a voté définitivement le bill des droits sur le sucre. Les lois
de finance portent toujours, pour préambule: «Nous, les fidèles communes
de Votre Majesté, avons librement et volontairement voté ces droits,
etc.» M. Duncombe a proposé de retrancher ces mots, par la raison que
la majorité n'avait pas voté librement et qu'elle n'avait obéi qu'aux
menaces du premier ministre: «Je suis loin, a-t-il dit, de blâmer sir
Robert Peel de la manière dont il a traité ses partisans; ils n'ont eu
absolument que ce qu'ils méritaient. Il y a deux mois, ils ont si bien
reçu les coups de pied, qu'ils peuvent bien en recevoir encore un peu
plus, et on fait bien de leur en donner. (Rires.) Je dois dire que
jamais je n'ai vu une meute d'épagneuls si bien dressés et si soumis à
leur maître. (Nouveaux rires.) Que voulez-vous donc qu'on pense de vous
au dehors? Je vous déclare qu'il n'y a jamais eu en Angleterre une
chambre des communes plus profondément détestée et méprisée que
celle-ci. Je voudrais bien savoir pourquoi elle se laisse ainsi traîner
dans la boue par les ministres... Je dis que le préambule qu'on veut
mettre au bill est un mensonge, un mensonge positif, et je prie sir
Robert Peel de ne pas ajouter encore l'insulte à la dégradation qu'il a
infligée à cette Chambre.» Un autre représentant a cru devoir ajouter
encore à l'humiliation que M. Duncombe avait voulu infliger aux membres
de la majorité: «Je ne puis les comparer qu'à des chiens savants qui, au
milieu de leurs évolutions, ne dansent pas toujours en mesure ou ne font
pas les figures correctement. Mais le très-honorable gentleman n'a eu
qu'à montrer le petit fouet qu'il porte dans sa poche pour les faire
tourner au commandement sur leurs jambes de derrière.» La majorité a
péniblement cherché à se débattre sous ces coups qui irritaient son
orgueil. Le colonel Sibthorp a mis fin à ce débat fort peu parlementaire
en disant «qu'il aimait mieux être un épagneul qu'un roquet mal élevé.»
C'est une affaire de goût, mais il serait certainement de celui des
représentés que leurs représentants s'arrangeassent pour pouvoir être
comparés à autre chose qu'à telle ou telle espèce de race canine. Bien
entendu que notre réflexion est uniquement relative à l'Angleterre.
Pour revenir à notre Chambre, dont nous nous trouvions à coup sûr bien
éloigné, après le chemin de Lyon, elle a voté ou plutôt classé les
chemins de Tours à Nantes et de Paris à Rennes; nous disons classé, car
il n'y avait pas de compagnie à saisir, pas de cahier de charges par
conséquent à discuter; il n'y avait qu'à voter des crédits si
insignifiants que, d'ici à longtemps, pour le chemin de Rennes surtout,
ils n'auront fait face aux terrassements et travaux d'art. La question
de la pose des rails a donc pu, en cette occasion, être ajournée sans
inconvénient. Il en est tout autrement pour le chemin du Nord, où cette
opération est pour ainsi dire la seule qui reste à terminer. Le
ministère l'a senti, aussi a-t-il demandé à la Chambre, voyant ses
dispositions, de l'autoriser provisoirement à poser les rails, et même à
exploiter là où les travaux seront terminés, sauf, à la session
prochaine, à adopter définitivement, pour le chemin du Nord, le parti
qu'on croira devoir prendre pour le chemin de Lyon, ces deux lignes
devant être régies par le même mode.
La commission pour l'examen du projet de loi d'enseignement secondaire,
avant d'avoir terminé sa délibération, a voulu désigner son rapporteur.
Comme nous l'avions prévu, la majorité s'est prononcée en faveur de M.
Thiers. M. Odilon Barrot, sur lequel se portaient les suffrages des
partisans du droit commun, frappe sans doute de l'imprudence et du
danger de nombreuses et récentes démarchés, a été le premier à voter
pour le collègue auquel on l'opposait. Plusieurs membres de la
commission, dont l'opinion favorable à l'enseignement de l'État s'est
déjà produite, ont reçu des manifestations de reconnaissance de la part
d'un nombre considérable de membres de l'université. M. Thiers, sans
doute, avait droit à ces hommages, mais il était de toute justice que M.
Cousin, qui, dans une autre enceinte, avait montré pour cette cause tant
de dévouement, et avait mis à son service tant de talent, ne fût pas
oublié dans ces témoignages sympathiques. La Sorbonne a vu se succéder
les mêmes visiteurs que l'hôtel de la place Saint-Georges.
Nous avions eu l'occasion de dire que nous ne comprenions pas bien la
distinction à établir entre la guerre de fait et la guerre de droit; ce
qui se passe sur la frontière de l'Algérie et du Maroc doit nous aider à
sortir d'embarras. La guerre de fait, telle que l'y voyons pratiquer,
consiste à se laisser attaquer traîtreusement pendant des conférences,
qui ne sont que des guets-apens, à ne pas riposter, comme a le soin de
l'établir le dernier bulletin, à demander des satisfactions, mais à
publier par avance qu'en aucun cas, c'est-à-dire alors même qu'elles
nous seraient refusées, nous n'en tirerions prétexte pour nous faire
justice nous-mêmes, et nous indemniser en prenant possession de
quelqu'un des ports du Maroc. Ces assurances doivent donner confiance et
servir d'encouragement à l'empereur. Elles ont également tranquillisé la
Grande-Bretagne. D'abord le _Times_ avait qualifié de dévastatrice la
mission de M. le prince de Joinville, et il avait ajouté que
«l'Angleterre était tenue, par ses anciennes relations d'amitié avec le
Maroc, aussi bien que par ses intérêts commerciaux, de veiller à ce
qu'aucune autorité étrangère ne s'établit sur la côte Nord-ouest de la
Barbarie;» ce qui donnait fort clairement à entendre que, si la France
cherchait une satisfaction légitime, l'Angleterre était disposée à se
mettre de la partie et contre elle; mais, depuis les protestations de
désintéressement complet et d'entière abnégation, publiées par le
_Journal des Débats_, et attribuées par le _Times_ à M. Guizot lui-même,
la France n'est plus soupçonnée, et nous pourrons aller parader sur les
côtes, ou faire une pointe intérieurement si nous y trouvons plaisir, et
pourvu que nous ne fissions que toucher barre. La restauration, pour un
coup d'éventail, pouvait s'emparer de toute l'Algérie; mais il nous
serait interdit aujourd'hui, pour les agressions les plus sanglantes,
d'écorner les États de l'empereur du Maroc. En vérité, une concession
semblable témoignerait surabondamment de l'amour de notre cabinet pour
la paix; après le rappel de l'amiral Dupetit-Thouars, cette preuve
nouvelle est à coup sûr inutile aux yeux de l'Angleterre, et elle
pourrait, chez nous, combler le mesure de la résignation nationale.--On
comprend que de déclarations le la nature de celles que nous signalons
ici sont un encouragement à qui veut nous attaquer. Ainsi annonce-t-on
que les Tunisiens, de leur côté, et à l'autre extrémité de nos
possessions, ont attaqué le camp des Chauffeurs, situé à une lieue de la
Calle, et qu'ils ont tué quatre hommes et blessé le capitaine Brillant,
des chasseurs d'Afrique.--A toutes les escadres que nous avons déjà
énumérées à destination des côtes du Maroc, nous devons ajouter
aujourd'hui une escadre hollandaise, sous le commandement du prince
Henri.
Les nouvelles reçues de Montevideo sont encore plus déplorables que
elles qui les avaient précédées. Le contre-amiral Lainé et le consul, M.
Pichon, ont signifié le 10 avril au gouvernement oriental qu'il eût à
contraindre les Français qui se trouvaient dans les murs de la ville à
mettre bas les armes, et cela en vertu d'ordres qui venaient d'arriver
de France; ajoutant que si dans l'espace de quarante-huit heures tous
les Français n'avaient pas été amenés à se soumettre à ces ordres, les
relations existant entre la France et le gouvernement oriental seraient
rompues et qu'ils agiraient en conséquence. La légion française en masse
a déposé ses armes, son drapeau, ses couleurs; mais, en masse aussi,
plutôt que de laisser la ville qui lui avait donné l'hospitalité livrée
aux fureurs de Rosas, elle a accepté la dénationalisation de M. Pichon,
et elle a pris des armes et arboré les couleurs montévidéennes. Il
paraît que l'envoi des ordres en vertu desquels MM. Lainé et Bichon ont
agi et menacé en cette circonstance remonte au vole de l'adresse. Ils se
trouvent en complet désaccord avec le résultat de la discussion
dernière. M. Thiers a cru devoir le rappeler à M. le ministre des
affaires étrangères dans un couloir de la Chambre, en présence d'un
certain nombre de députés. M. Guizot a donné l'assurance que l'escadre
française ne viendrait pas en aide à Rosas contre nos compatriotes.
Dieu soit loué!
Le comte de Grey a donné sa démission de lord lieutenant d'Irlande. A en
juger par l'embarras que sir Robert Peel interpellé à ce sujet dans la
chambre des communes, a éprouvé à reconnaître que la résignation de ces
fonctions était un acte consommé, le cabinet regarde comme une
complication des difficultés de l'Irlande le choix qu'il est appelé à
faire en ce moment, choix d'autant plus grave que les ministres ne sont
pas d'accord sur la marche à suivre dans le royaume du rappel, et que
tel choix qui pourrait agréer aux uns serait une cause de retraite pour
les autres. En attendant, les démarches, les adresses, les meetings, les
manifestations de toutes sortes en faveur d'O'Connell se renouvellent à
chaque jour en Angleterre. Birmingham a vu dans ses murs une assemblée
immense adopter les résolutions les plus sympathiques à la cause de
l'illustre prisonnier de Dublin.--Une députation de la municipalité de
cette ville est venue présenter à la reine une adresse dans le même
esprit. La réception s'est faite avec une grande solennité. La reine
était sur son trône, ayant nécessairement le prince Albert auprès d'elle
et ses ministres à ses côtés. Sa réponse a été fort sèche; elle s'est
bornée à dire que si la loi avait été mal appliquée, le recours était
ouvert pour la révision de la sentence. Après quoi elle a donné sa main
à baiser aux membres de la députation, et les a congédiés.
On parle beaucoup plus à Londres qu'à Madrid et à Barcelone du mariage
de la jeune reine Isabelle. Les puissances du Nord voudraient la marier
par un arrangement à cinq; l'Angleterre préférerait la marier toute
seule, et reconstituer à cette occasion un parti anglais dans la
Péninsule, pour remplacer l'appui que la chute d'Espartero lui a fait
perdre. Quant à la France, à laquelle on n'avait jamais jusqu'ici!
contesté le droit d'aider particulièrement l'Espagne de ses conseils,
elle paraît destituée du rôle de négociatrice d'hyménée.
La Belgique, ayant besoin de recourir à un emprunt de 81 millions pour
se libérer envers la Hollande, a eu le bon esprit de ne pas s'adresser à
l'intermédiaire des banquiers. Des registres de souscriptions
individuelles ont été ouverts, et les souscriptions ont été bientôt si
nombreuses, que la cotisation offerte par chacun devra être réduite
C'est un bon exemple à suivre pour l'émission des rentes dont le
ministre des finances a encore à disposer.--La Hollande, de son côté,
vient de convertir une partie de sa dette publique cinq pour cent.
La pacification de l'Albanie est complète, d'après les avi» officiels
transmis par Rachid-Pacha, le général en chef de l'armée turque. Les
nouvelles reçues à Constantinople à la date du 5 juin annonce que les
rebelles ont fait leur soumission. Omer-Bacha est entré à Uskup, et les
principaux chefs de l'insurrection ont imploré une amnistie qui leur a
été accordée, mais sous la condition, toutefois, qu'ils seraient envoyés
à Contantinople, où quatre-vingt quatorze d'entre eux étaient déjà
arrivés le 1 juin, à bord du paquebot de Salonique. Cinq cents familles
chrétiennes, qui avaient abandonné leurs foyers pour se soustraire aux
atrocités des Albanais, sont rentrées paisiblement dans leur pays, et on
assure même que le divan a l'intention de réparer en partie les dommages
que les populations ont éprouvés. Rifaat-Pacha, qui est l'homme le plus
avancé du ministère, comprend que ce serait là un puissant moyen de
calmer l'opinion publique de l'Europe, qui s'est vivement émue au récit
des atrocités commises par les Albanais contre les populations
chrétiennes. Mais le ministre des finances et quelques autres de ses
collègues s'inquiètent fort peu de ce que l'Europe pense d'eux, et
contrarieront, s'ils le peuvent, les projets du maréchal du palais.
Cependant les résultats obtenus en Albanie, et dont il ne manquera pas
de s'attribuer l'honneur, donneront crédit à ses conseils. On croyait
qu'il allait porter toute son attention sur les affaires de Syrie. La
flotte ottomane, après avoir manoeuvré sons les ordres du sultan, devait
être dirigée vers ces parages.
La réduction excessive du salaire dans plusieurs provinces
manufacturières de la Prusse a seule causé les soulèvements que nous
avons annoncés. La _Gazette de Dusseldorf_ assure que les autorités
insisteront pour l'introduction d'un salaire fixe et suffisant, afin que
les mêmes abus ne se renouvellent pas et ne ramènent pas les mêmes
déchirements. Nous lisons encore dans la _Gazette d'Augsbourg_, du 19
juin, les nouvelles suivantes: «On nous écrit d'Ingolstadt qu'il y a eu
dans cette ville des désordres qui ressemblent à ceux qui ont eu lieu
naguère à Munich. Les brasseurs, bouchers et boulangers ont été
assaillis par un grand nombre d'ouvriers, surtout par ceux qui
travaillent à la forteresse. Ceux-ci étaient au nombre de quatre ou cinq
mille. Les détails de l'affaire ne sont pas encore connus. Cependant la
tranquillité est, dit-on, rétablie. La cause du désordre aurait été
l'arrestation d'un ouvrier par un agent de police; cet ouvrier ayant
résisté, l'agent aurait tiré son sabre et tué le malheureux ouvrier, ce
qui aurait fait éclater l'émeute.»
Le duc de Nassau vient de prendre des mesures pour arrêter
l'ivrognerie, qui fait de rapides progrès dans ses États.
Il est défendu, sous peine d'une amende de 130 fr., à tout cabaretier de
vendre plus de deux petits verres d'eau-de-vie, dans la même journée, à
la même personne, pour être consommés sur place. Tous ceux qui seront
rencontrés en état d'ivresse seront mis à l'amende ou en prison, et
leurs noms publiés à son de trompe. Il sera défendu de leur vendre
ultérieurement des boissons spiritueuses. En France, on se borne à
demander des lois contre les fraudeurs qui enivrent le peuple avec des
vins frelatés; mais permis à chacun d'abuser des bons. L'ivresse sans
mélange est irréprochable aux yeux de notre loi.
A Cluses, en Savoie, un incendie a détruit la ville entière à
l'exception de l'église et de six maisons. Tous les habitants se sont
enfuis à moitié nus, dans les champs, sans avoir pu rien sauver.--A
Brenndorff, en Transylvanie, trois cent soixante-dix maisons ont été
également réduites en cendres.
L'autorité judiciaire vient de se livrer à des perquisitions au domicile
de M. le prince de Montmorency et de M. le duc d'Escars. Ces mesures ne
sont guère de notre temps. Mais l'instruction fera sans doute connaître
les motif» graves que la justice a dû avoir pour opérer ces descentes.
L'Académie de» Beaux-Arts a procédé samedi à la nomination du successeur
de M. Berton. Les votant étaient au nombre de 31. M. Adolphe Adam,
l'auteur du _Chalet_, du _Postillon de Longjumeau_ et d'une foule
d'autres opéras et de ballets, a réuni, au premier tour de scrutin, 17
voix, et a été proclamé membre de l'Institut, sauf l'approbation royale.
Il avait pour concurrents M. Raton, qui a obtenu 9 suffrages, et M.
Ambroise Thomas, qui en a recueilli 4.
La chambre dm députés vient encore de perdre un de ses membres; M.
Mermilhod, élu par un des collèges de l'arrondissement du Havre, et
avocat à la cour royale de Paris.--Le poète anglais, Thomas Campbell,
auteur des _Plaisirs de l'Espérance_, est mort à Boulogne, où il était
venu se fixer depuis un an, dans l'espoir que le changement d'air
rétablirait sa santé. Le gouvernement anglais servait à Campbell une
pension de 300 livres sterling.
Prisonniers arabes en France.