Le lundi 27 mars a eu lieu, à Sidi-Abdallah (Bizerte), l'inauguration
des nouveaux bassins de radoub; malgré qu'elle se soit accomplie sans
aucune solennité, elle a cependant l'importance d'un grand événement
maritime. A partir d'aujourd'hui, nos escadres peuvent compter sur
l'effectivité du point d'appui de Bizerte et y trouver refuge en cas
d'avaries.
Les nouveaux bassins sont les plus longs et les plus vastes que nous
possédions. Ils ne mesurent pas moins de 200 mètres. Les machines
d'épuisement qui les pompent les vident en moins de trois heures et
demie; on peut s'imaginer ainsi la puissance des turbines.
[Illustration: Le grand bassin de radoub de Sidi-Abdallah (Bizerte).]
C'est un petit remorqueur de la direction du port de Bizerte, le
_Cyclop_, et un ponton-grue, le _Kébir_, qui ont eu l'honneur d'entrer
les premiers dans les formes de Sidi-Abdallah. Ils semblent deux pygmées
perdus dans ces immenses cales sèches faites pour recevoir des cuirassés
de 16.000 tonnes. Entre le _Cyclope_ et le _Kébir_ on pourrait encore
loger un croiseur, et la grue, de ses bras démesurés, domine à peine la
hauteur des parapets de 9m,50! Mais qui peut le plus peut le moins;
l'essentiel c'est qu'après le _Kébir_ et le _Cyclope_ d'autres navires,
plus sérieux, pourront suivre.
L'arsenal de Sidi-Abdallah est donc entré dans la phase initiale de
développement. Ce travail gigantesque des bassins, poursuivi avec
persévérance au fond du lac de Bizerte, dont la situation est
privilégiée, fait le plus grand honneur à notre pays.