Dans notre numéro du 4 février dernier, nous faisions connaître une
intéressante étude du docteur Castex, qui concluait à la non-évidence
des relations entre la surdi-mutité et les unions consanguines.
Cette note nous a valu l'envoi, par M. Fehmers, professeur à
l'Institution des sourds-muets de Rotterdam, d'une brochure dans
laquelle l'auteur, s'appuyant sur des données statistiques recueillies
dans l'établissement où il professe, conclut, au contraire, à la réalité
de l'influence des unions consanguines sur la surdi-mutité.
C'est là la doctrine classique; et c'est précisément parce que cette
opinion est généralement admise qu'il était intéressant de faire
connaître la conclusion contraire, à laquelle était arrivé un
observateur savant et consciencieux.
Ajoutons que les statistiques de M. Fehmers ne nous paraissent nullement
probantes dans le sens indiqué par leur auteur, puisque, sur 100 élèves
sourds-nés ou devenus sourds, il n'en relève guère que 10 issus de père
et de mère apparentés.
Au surplus, pour résoudre cette question, il faudrait connaître quelle
est la proportion, dans une population donnée, des mariages consanguins,
et cette proportion est absolument inconnue.
[Illustration: Inauguration de la place "de Lesseps" à
Barcelone.--_Phot. Maymi._]