[Illustration: M. Gariel.--_Phot. Pirou, boul. Saint-Germain._]
M. Gariel, dont la notoriété ne dépassait guère les limites, d'ailleurs
assez larges, du monde scientifique et universitaire, vient de voir son
nom livré à la grande publicité de la presse. On sait quelles
circonstances récentes le mirent ainsi en vedette, à son corps
défendant. Professeur agrégé à l'École de médecine, il y est, paraît-il,
la terreur des candidats au doctorat, qui redoutent son extrême sévérité
comme examinateur; les protestations des étudiants mécontents ont fini
par dégénérer en manifestations bruyantes, en incidents tumultueux: d'où
suspension du cours, puis, finalement, fermeture de la Faculté jusqu'aux
vacances de Pâques.
[Illustration: Le roi Edouard VII, arrivé par le paquebot "Queen",
débarque à Calais.]
Légitimes ou non, les griefs des protestataires visent un savant d'une
valeur incontestée. Ancien élève de l'École polytechnique où il devint
répétiteur, M. Gariel a droit tout ensemble aux titres d'ingénieur en
chef des ponts et chaussées et de docteur en médecine; il appartient à
l'Académie de médecine depuis vingt-deux ans et il y en a dix-huit qu'il
occupe la chaire de physique à la Faculté. Il compte à son actif, outre
d'importants travaux personnels, la publication des oeuvres de Léon
Foucault. Mérite-t-il sa réputation de rigueur excessive? En tout cas,
il ne serait pas étonnant qu'un homme qui a passé avec succès tant et de
si rudes examens divers se montrât, maintenant qu'il en fait subir aux
autres, quelque peu difficile sur les aptitudes et les capacités
indispensables à ses yeux pour l'obtention d'un diplôme sérieux.
[Illustration: A la gare de Lyon; le roi et le président prennent congé
l'un de l'autre.]