Viens par les allées dont aucun feuillage ne festonne d'ombre les sables

lumineux. Je te montrerai cependant des bourgeons poussant, le long des

branches, leurs petites têtes d'émeraude. Ce sont nos espoirs vivants.

Tes yeux cherchent déjà des fleurs dans l'étendue et ma main se tend

pour les cueillir. Quel bonheur de piquer la première rose à ton

corsage!

Mais les roses ne sont pas encore ouvertes. Il a suffi de la vision du

soleil dans le grand bois pour évoquer cette floraison menteuse dans mon

cerveau avide de vous donner des joies. Mon coeur est comme un jardin

d'hiver où toute saison est fleurie. Je voudrais qu'il s'épuisât sous ta

main et que ma dernière pensée vînt remplacer à ton corsage la rose que

je t'ai promise et qui n'est même pas encore en bouton.

[Illustration]

TABLE DES MATIÈRES

L'HYMNE DES BRUNES

I.--CONTES DE PRINTEMPS

La première du printemps

Mimosas

Le buis

Prose de Pâques

Au salon

Tulipes

Poème de mai

Choses vécues

II.--CONTES D'ÉTÉ

Fête des Fleurs

En messidor

Bateaux rouges

Au pays des rêves

Nuits blanches

Paraphrase

Matutina

III.--CONTES D'AUTOMNE

Dans les jardins

Super flumina

Derniers violettes

L'âge d'or

Choses d'amour

IV.--CONTES D'HIVER

Première neige.

Carnaval amoureux

Brouillards

Taïaut

Amorosa

Mensonges

Entre terre et ciel

Jacinthes

Premier soleil

Contes à la brune · 第 9 / 9 段