Revenons-en toujours à cet axiome, en apparence un peu simplet, que,
pour aimer les bêtes, il faut les connaître profondément. D’hommes à
bêtes comme d’hommes à hommes, la médisance s’exerce surtout par
l’incertitude, et c’est dans l’ignorance que la haine ou la terreur ont
toujours plongé leurs racines les plus vivaces.
Mais, connaître les bêtes, ce n’est pas seulement les avoir observées
avec de bons yeux; montrer qu’on les connaît, ce n’est pas seulement
relater des expériences en s’efforçant de conserver dans son style un
peu de l’agrément et de l’émotion qu’on a pu éprouver en les observant;
et, aimer les bêtes, c’est autre chose que de s’intéresser à ce que
racontent d’elles les livres, y compris les miens. J’accorde que
l’observation seule peut provoquer l’intérêt ou l’amour, mais, pour le
chercheur comme pour ses lecteurs, elle demeure impuissante à constituer
réellement la connaissance.
Cette fois encore, je n’ai pas l’intention de développer un discours de
la méthode en sciences naturelles; je me contenterai de poser qu’une
connaissance de telle ou telle entre les innombrables vies de ce monde
n’est valable que dans la mesure où, tandis que nous étudions cette vie,
nous ne perdons jamais de vue que le but de toute connaissance est de
nous connaître nous-mêmes; que, réciproquement, quiconque ne s’efforce
pas de connaître sa propre nature, il ne connaît rien.
Il est donc nécessaire, dès les premiers regards lancés vers le sol, ou
vers les bas-fonds de l’océan aérien, de nous livrer à de perpétuels
retours sur notre humaine condition, de nous remettre constamment à
notre place dans l’univers terrestre; et ceci en prenant bien garde que
cette place n’est ni absolue ni éternelle, mais varie dans le temps et
aussi selon l’animal que nous considérons.
Bref, en cet ordre d’études plus encore que dans tout autre, s’impose un
relativisme bien entendu, c’est-à-dire tout ensemble absolu et prudent:
un doute provisoire que notre devoir est de prolonger en tous sens et à
l’infini.
Ainsi, quand il s’agit d’une vie considérablement plus ancienne et plus
évoluée que la nôtre, la vie d’un grillon, par exemple,--ou, d’ailleurs,
de n’importe quel insecte,--c’est en scrutant à chaque instant l’abîme
qui sépare le _modus vivendi_ de l’insecte et celui de l’homme, que l’on
a les meilleures chances, non pas de franchir l’abîme, mais de projeter
au-dessus de lui quelques lueurs. Tout au contraire, pour comprendre
l’homuncule-volant, dont la réalisation actuelle dut être à peu près
contemporaine de la nôtre, on ne saurait trop insister sur ses
ressemblances avec nous.
* * * * *
J’ai déjà indiqué quelques-unes de ces ressemblances, mais je réservais
les plus précieuses pour le moment où je prévoyais que s’imposerait une
réhabilitation de Noctu. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises j’ai fait
allusion à son langage. A présent, je n’hésite plus à écrire: Noctu
parle, Noctu a un langage, un langage embryonnaire, sans doute, mais qui
mérite néanmoins d’être tenu pour tel. On pourra se moquer, ou
m’objecter que mon amitié pour mon personnage me fait oublier tout ce
qui sépare le _mot_ du _cri_. Je persiste dans mon affirmation.
N’a-t-il pas été maintes fois question du langage des singes? On a noté
chez eux, si je ne me trompe, une cinquantaine de syllabes qui, tantôt
répétées, tantôt diversement unies entre elles et prononcées sur
différents tons, exprimeraient réellement et de manière stable les
sentiments que ces bêtes peuvent éprouver. Personnellement, je n’ai
guère, hélas! observé les singes que dans les singeries de nos jardins
zoologiques, sur la misère desquels il serait peu généreux de
m’appesantir, et je n’éprouve aucune fausse honte à confesser mon
incompétence.
Cependant, je me vois contraint d’avouer que, devant ces singes
piteusement encagés, je n’ai guère eu l’impression nette de mots
proférés et de conversations poursuivies. Il m’a semblé d’ailleurs que
leurs «discours» s’adressaient surtout à leurs visiteurs, pour injurier
ceux-ci ou quêter d’eux une friandise; j’ai remarqué en outre que ces
discours consistaient uniquement en stridulations gutturales,
syllabiquement intranscriptibles, qui variaient d’intensité ou
d’insistance selon le degré de fureur ou de gourmandise, et aussi selon
les individus, fussent-ils de même race. Or on ne saurait pourtant
parler de langage, là où il n’y a pas règle et fixité. Enfin, entre eux,
leurs rapports oratoires se bornent à des clameurs de défi ou de joie, à
des invitations à la bataille ou au jeu; en va-t-il différemment chez
les chiens et quantité d’autres quadrupèdes mammifères dont les idiomes
respectifs se réduisent à deux seuls mots d’une ou deux syllabes, et
dont les dictionnaires respectifs sont complets quand on a transcrit,
par exemple, _miaou_ ou _ouah_, _pfutt_ ou _rrroû?_
Une fois seulement, il y a environ quatre ans, au Jardin
d’Acclimatation, j’ai été assez curieusement troublé,--vous en
souvenez-vous, Franz Toussaint?--devant la cage où, sans regarder
personne, sans regarder même son épouse en train d’allaiter le plus
attristant des bébés, un chimpanzé entonna soudainement une sorte de
mélopée lugubre, dont certaines syllabes, distinctes parce que lentement
proférées, revenaient comme un refrain à intervalles presque égaux. Le
malheureux père, ai-je dit, ne nous regardait pas; il regardait ses
paumes grisâtres, grattant tantôt celle-ci, tantôt celle-là des doigts
de son autre main, comme s’il se fût agi de marquer la mesure et le
rythme auxquels il entendait qu’obéissent ses paroles; contrairement à
ce qui arrive chez les singes, même anthropomorphes, cela dura
relativement longtemps,--de trois à cinq minutes... Et je ne pouvais
m’empêcher de penser aux chants de deuil des peuplades sauvages, à ce
que dut être la première élégie du premier poète, car il était
impossible de ne pas éprouver, en écoutant cette lamentation, la
sensation de je ne sais quoi de réfléchi, de composé, de voulu.
Or, si primitif que soit un poème, on ne saurait guère en concevoir la
possibilité là où manqueraient absolument les mots.
Peut-être, dans l’humanité elle-même, le monologue, l’expression lyrique
et désintéressée, modulée ou chantée, a-t-elle précédé le dialogue
courant, la conversation utilitaire. J’ai donc connu un chimpanzé qui
était probablement, dans son genre, un grand poète élégiaque, mais je
n’ai jamais vu ou entendu des singes causer entre eux, au sens que nous
donnons à ce mot quand il s’agit de nous.
Il se peut qu’il n’en soit pas de même lorsqu’ils vivent en liberté, par
couples et même quelquefois par tribus, dans les forêts vierges du
Gabon, de la Guinée ou de la Malaisie, et j’envie les explorateurs ou
les savants qui sont allés se faire sur place une opinion pour ou contre
le réalité des idiomes simiesques. Mais, à ceux qui voudront se
convaincre que les hommes ne sont pas les seuls êtres terrestres
capables de parler, ou plutôt de converser entre eux, il ne sera pas
besoin de lointains et périlleux voyages. Qu’ils se penchent, après
avoir procédé comme je l’ai indiqué, sur un nid de chauves-souris,
qu’ils aient la patience d’accoutumer les hôtes de ce nid à leur visage.
Leur patience, je jure qu’ils ne la regretteront pas.
* * * * *
Car c’est bien d’une conversation qu’il s’agit ici, ou plutôt de
conversations fréquentes, interminables: ces pauvres gens, désœuvrés
malgré eux durant la plus grande partie du jour, font bien ce qu’ils
peuvent pour rester tranquilles, dormir et ménager leurs réserves de
chaleur interne; mais, surtout quand l’enfant va naître ou est né, trop
d’espoirs, trop d’inquiétudes aussi rôdent autour de leurs frêles cœurs;
et, dès trois ou quatre heures de l’après-midi, ils ne peuvent plus être
maîtres de leur langue.
A noter que, dès qu’un intrus de mon espèce est parvenu à se rendre
familier, ils font preuve vis-à-vis de lui d’une insolente indifférence;
discutent à son nez de leurs petites affaires tout comme s’il n’était
pas là, et ne s’occupent guère plus de lui, s’il sait ne point bouger et
se taire, que pour lui rappeler son devoir, qui est de leur apporter au
déclin du jour, ou même plus tôt, une sérieuse provende d’insectes à
point.
Moins habile ou subtil que les savants qui vont jusqu’à distinguer une
cinquantaine de syllabes pour certains idiomes simiesques, je n’ai guère
catalogué dans ma mémoire auditive, après avoir des heures et des ans
assisté à de conjugales ou ménagères palabres de chauves-souris, qu’une
douzaine de sonorités différentes. Mais, différentes, ces sonorités le
sont très nettement, et il en est deux ou trois qui se répètent dans des
circonstances assez précises et définies pour qu’une ébauche de
traduction devienne ici possible.
Ainsi de la sonorité qui signifie la faim et de celle qui signifie la
colère; je serai moins affirmatif à propos de celle qui signifierait la
peur, car elle serait aussi celle de la tendresse; d’ailleurs, que peur
et tendresse se confondent dans l’âme des homuncules-volants, cela
paraîtrait-il tellement extraordinaire aux hommes qui savent réellement
chérir?
Ce qui est parfaitement naturel de la part de cette créature
ataviquement affamée, c’est que la sonorité par laquelle elle exprime la
faim, demeure, pour l’observateur, la plus indiscutable, la plus
distincte. La chauve-souris habituée à moi qui me rappelle à l’ordre
quand je néglige de lui fournir sa pitance, et la chauve-souris inconnue
qui entreprend dans les airs sa chasse quotidienne, tiennent exactement
le même discours; celle-ci l’adresse au ciel souvent ingrat, celle-là à
l’horrible géant qui subvient à ses besoins pour des motifs inconnus,
par chance rare et merveilleuse, peut-être parce qu’il est assez subtil
pour juger comme la bestiole qu’une certaine paresse est préférable à de
pauvres et vains labeurs... Mais, que le mot de la faim soit prononcé à
l’adresse du ciel ou du géant, _il est le même_ chez toutes les
noctuelles par moi observées,--libres, demi-captives ou captives, et à
peine plus prolongé chez les ratons-volants,--et à peine raccourci et
plus gravement émis chez les roussettes.
Quand c’est en naviguant sous le ciel que Noctu et ses cousines
le répètent, il s’accompagne parfois d’un autre mot, très
différemment modulé, qui m’a tout l’air soit d’un appel, soit d’un
avertissement,--invitation à ne pas s’écarter ou à rentrer au gîte,
signalement d’une proie que l’époux ou l’épouse, ou un ami, a manquée et
qu’il serait bon, néanmoins, de ne point laisser définitivement
fuir.--Ce dernier mot, en tout cas, vous ne l’entendrez jamais sur les
babines des chauves-souris observées au nid et nourries par vous. Il
faut bien admettre ici, jusqu’à un certain point, cette fixité et cette
stabilité qui permettent de donner le nom de langage à une série, si
rudimentaire soit-elle, de sonorités vocales dans le gosier d’un animal.
Série rudimentaire: douze sonorités en tout, à une ou deux unités
près!... Mais que l’on relise cette émouvante _Histoire des Voyages_,
chère à M. Bergeret et célèbre grâce à lui, où sont relatées toutes les
expéditions maritimes qui, du commencement du XVIe siècle à la moitié du
XVIIIe, contribuèrent à chasser le mystère de notre étroite planète, et
à diminuer l’étendue du domaine que l’homme considère comme son fief.
Seize gros volumes chez Didot, libraire, quai des Augustins, à
l’enseigne de la Bible d’or, Paris; seize gros volumes dont l’édition,
après la mort ou le renoncement de la veuve Didot, fut laborieusement
poursuivie jusqu’au XXe par Arkstée et Merkus, d’Amsterdam, puis par
Rozet et Maradan, Parisiens, puis par un certain Panckoucke qui était
peut-être, en somme, d’origine britannique,--car c’était l’époque où la
France perdait avec tant de nonchalante bonne grâce son titre de
dominatrice des mers et son empire colonial...
Vingt gros volumes, qui me semblent plus courts que bien des romans et
que je ne me lasserai probablement jamais de relire! On y trouve de ces
descriptions nues et saisissantes, comme seuls en peuvent concevoir des
yeux merveilleusement neufs; les pays gâtés ou perdus revivent avec leur
faune et leur flore vierges, leurs ressources et leurs habitants encore
anonymes, ou dénommés, quelle que fût leur couleur, quels que fussent
leurs usages, Indiens... Mais les bêtes sont-elles moins mystérieuses
pour les sages d’aujourd’hui que ne l’étaient alors les «Indiens» pour
les beaux aventuriers du monde?
Or, à chaque récit de voyage en Océanie, en Patagonie, en bien d’autres
lieux encore, reviennent, refrains apitoyés, à peine méprisants ou
ironiques, des phrases comme:
«Il ne paroît point que le parler des gens de ce pays comporte plus de
cent mots, et encore, selon les accents qu’ils y mettent ou la plus ou
moins grande rapidité avec laquelle ils les prononcent, ces mots
peuvent-ils changer de sens du tout au tout. Nous essayerons néanmoins
de donner un échantillon de leur langage: ainsi _turo_ signifie
nourriture, mais signifie aussi beau temps, comme si c’étoit le beau
temps qui leur apportoit la nourriture...»
Ceci est noté dans le relation du voyage de Kolben au pays des
Hottentots (1713). Cet explorateur hollandais avait fait un long séjour
dans leur pays, et remarquait, en fin de compte, que «la prononciation
des Hottentots est accompagnée de tant de vibrations, de tours et
d’inflexions de langue, qu’elle ne paroît qu’un bégayement aux oreilles
des étrangers... Il est fort difficile, et peut-être impossible, pour un
étranger d’apprendre jamais leur langage...»
* * * * *
A l’encontre de la plupart des gens de me génération, je suis assez fier
d’avoir été jadis fort en grammaire, et même fort en thème; cette vertu
peu fréquente prépare des joies tranquilles, inattaquables, dont on peut
être assuré pour toute une vie, et qui vous valent dans le secret du
cœur mûri de bien savoureuses satisfactions. Ceci dit, rien d’étonnant à
ce que j’eusse rêvé, dès que je connus bien Noctu, d’établir, un jour
dans l’avenir, un lexique et peut-être même une syntaxe de la langue qui
lui est propre. Risquer aujourd’hui pareille tentative serait puérilité
de ma part.
Et ceci pour les raisons qui laissaient Kolben découragé devant la
difficulté, non pas tant de l’interprétation que de la transcription
d’une sonorité hottentote. Nul doute que, depuis Kolben, les Hottentots
de race pure eux-mêmes, s’il en reste, n’aient profité des bienfaits de
la civilisation et acquis un parler plus transcriptible. Mais pour
donner sur le papier une sensation auditive exacte des quelques douze
mots des chauves-souris d’Europe, il ne suffirait pas d’un jeu de
voyelles truquées et de consonnes modifiées parce qu’inexistantes dans
la plupart des graphies humaines; il faudrait tout un système de
notations, tenant compte de la quantité et de l’acuité ou de la gravité
du son, et je crois avoir dit que je n’entendais rien à l’écriture
musicale; il faudrait enfin, pour un seul mot, des pages d’explications,
de précisions et de commentaires. Je ne dis pas que l’étude serait sans
intérêt, mais je ne la crois pas indispensable en ce discours et j’aime
mieux la signaler à la curiosité des autres chercheurs que
l’entreprendre moi-même.
Pourtant, puisque Kolben eut le courage d’écrire le mot _turo_, à propos
du parler des Hottentots, au cours de sa relation de voyage, il y aurait
quelque pusillanimité à ne pas tenter de noter ici le mot qui se
rapporte à un ordre de sentiments et de besoins très proches dans le
langage de Noctu.
A titre d’échantillon, je signalerai donc que le mot, ou la phrase,
qu’on peut sans hésiter traduire en français par _j’ai faim_,
s’imprimerait approximativement chez nous par: _M’vrou-ou-ik_; à noter
que _m’vrou_ est une syllabe longue, _ou_, une syllabe très brève, et
_ik_, une syllabe demi-longue lancée à un octave au-dessus des deux
autres. _J’ai très faim_, se dit en répétant deux fois la phrase, plus
rapidement. _Je meurs littéralement de faim_ s’exprime en ajoutant les
_m’vrou-ou-ik_ aux _m’vrou-ou-ik_, mais avec une telle volubilité qu’ils
sont alors produits par une seule émission de voix, les trois syllabes
étant liées et fondues en une audacieuse synérèse.
Je pense que cet exemple suffit. Quoique j’aie avoué plus haut tout ce
qu’il y a nécessairement de puéril et d’imparfait en de telles
notations,--qu’il s’agisse de chauves-souris ou de singes,--je ne
regrette pas de m’être laissé aller à ce jeu, en passant. Car ici
ressort une réalité infiniment troublante, une incontestable analogie
constructive et syntaxique entre le langage de Noctu et les langages
humains les plus primitifs. En celui-là comme en ceux-ci, c’est par le
redoublement ou la répétition du mot que s’exprime l’énormité ou la
quantité considérable de l’objet, comme aussi l’intensité du sentiment;
redoublements et répétitions constituent le superlatif, et déjà sans
doute le comparatif, dans ces frustes grammaires.
Les soldats de notre armée noire transposent ces habitudes linguistiques
jusque dans notre parler à nous.
Écrivant ceci, je ne puis m’empêcher de penser à mon ami Moussi-Bebeker,
tirailleur sénégalais, bambara, pour qui «y a bon», n’était guère qu’une
simple formule de politesse, mais qui, lorsqu’il s’agissait d’une
satisfaction de qualité rare, et notamment de l’offre d’une bouteille
aux environs de notre commun hôpital, multipliait les bon-bon-bon à
l’infini, avec une volubilité qui croissait selon l’agrément du vin ou
la gravité de sa soif.
Je suis si peu parvenu à lui apprendre l’usage d’un adverbe comme
_très_, qu’il prit celui-ci, en définitive, pour un synonyme de _bon_.
Au terme de nos relations, tout ce que j’avais pu obtenir de lui,
c’était qu’il exprimât son contentement par: «Y a très très très...»
Pure courtoisie de sa part, désir de s’exprimer en un dialecte qui
m’était spécial et auquel je semblais tenir... Mais, du moment qu’il
employait l’adverbe très, le mot bon, à sa suite, lui eût fait l’effet
d’un pléonasme ridicule.