[64] L'année n'est point indiquée.
A Monsieur,
Monsieur De Rouen,
Maire du 2e arrondissement.
FRANÇOIS. De l'habile graveur en fac-similé de crayon, une lettre,
datée de 1760, et adressée à Cochin, dans laquelle le graveur lorrain
sollicite la gravure des dessins du Roy, disant qu'il a le plus grand
besoin de l'obtention de cette grâce.
FREDOU. Un mémoire de ce peintre nous renseigne sur les difficultés,
qu'en ces temps, un artiste avait à toucher l'argent d'une commande:
_Mémoire._
En 1763, Frédou, premier peintre de monseigneur le comte de
Provence, a été chargé par le sieur Berthier de peindre les
portraits qui lui seroient indiqués par lui et par le sieur
L'Enfant (Lenfant) dans les tableaux de la salle d'audience de
l'hôtel de la Guerre, le marché en ayant été fait et arrêté entre
le sieur Berthier et Frédou, à soixante-douze livres pour chaque
tête, en présence de Messieurs Lenfant et Causette (Cosette),
peintres attachés à l'hôtel de la Guerre.
Le sieur Frédou, après avoir peint dix têtes des portraits
énoncés et reçus par les sieurs Berthier et L'Enfant dans les
tableaux énoncés ci-dessus, a discontinué cet ouvrage en 1764,
à cause des changements que le sieur Berthier a jugé à propos de
faire. La demande du payement en a été faite plusieurs fois au
sieur Berthier, qui a toujours retardé, disant que cet ouvrage
n'était pas fini. Le sieur Frédou, ne pouvant rien obtenir du
sieur Berthier, a présenté un placet, en forme de mémoire, à
monseigneur le duc de Choiseuil, le 14 juin 1765, qui a ordonné
(de payer) le sieur Berthier le 14 août suivant. Le sieur
Berthier a mandé à Frédou de venir toucher chez le suisse de
l'hôtel de la Guerre, 300 livres, à compte sur celle de 720
convenues pour les dix têtes de portraits faits par Frédou, à
raison de 72 livres par chaque tête.
Il restait donc 422 livres à payer, et Fredou adressait pour toucher
son argent plusieurs mémoires, en 1771 et en 1772, qui restaient sans
réponse. Enfin on lui opposait un reçu d'une somme de 840 francs,
touchée des mains de la duchesse de Grammont, pour un portrait du Roi.
Mais (reprend le plaignant) cet article n'a aucun rapport à ce
que le sieur Frédou demande pour les ouvrages qu'il a faits
pour le Roy à l'hôtel de la Guerre. Les invectives ont suivi
les mauvaises raisons du sieur Berthier, qui a aussi dit à
monsieur Banière que s'il me payoit la somme que je demande de
420 livres, qui m'est si légitimement due, il seroit tourmenté
par une infinité de personnes pour pareille demande, et qu'il en
couteroit au Roy plus de quatre cent mille livres. Ensuite a dit
au sieur Frédou qu'il le ferait arrêter par quatre invalides et
le feroit conduire en prison. Le sieur Frédou l'a défié de faire
une pareille sottise, en lui disant qu'il ne le craignoit pas,
et qu'on ne fait arrêter que les malfaiteurs et les fripons.
Monsieur Banière lui a imposé silence, en représentant de
respecter le lieu où cette scène se passoit, et en assurant au
sieur Frédou (qu'il rendroit) compte à Votre Grandeur de ce qui
s'est passé dans son bureau entre le sieur Berthier et luy, en
présence du sieur Prévost, peintre du cabinet du Roy......
GAUCHER. Une brochurette de la plus grande rareté, intitulée «Voyage au
havre de Grâce par C.-E. Gaucher, à Paris, an VI», contenant une petite
notice sur le graveur.
--Une série de billets de Gaucher, adressés au citoyen Renouard en
1795, billets dans lesquels, le délicat et consciencieux graveur parle
longuement du soin qu'il apporte au petit portrait de La Fontaine,
se plaignant «_de sa maudite goutte qui l'empêche de sortir_», et
proposant, pour une nouvelle édition de Télémaque, une étude sur
Fénelon par son beau-frère Poulain de Flins.
GRAVELOT. Une série de lettres données sur cet artiste dans mon
fascicule de «l'Art du XVIIIe siècle».
GREUZE. «Greuze, ou l'Accordée de village, par Mme de Valori, 1813.»
Pièce de théâtre qui contient, en tête, la notice la plus documentaire
sur le peintre de la Cruche cassée.
HALL. «Hall, sa vie, ses œuvres, sa correspondance, par Frédéric
Villot, Paris, 1867.» Curieuse étude, à laquelle manque cette lettre un
peu lâche, adressée en 1790, à l'Orateur du peuple[65] qui accusait la
jolie femme du miniaturiste d'avoir jeté, à l'Opéra, des pommes, de sa
loge, aux patriotes munis de martinets, pour fouetter les femmes en
cocardes blanches, applaudissant le chœur d'Iphigénie:
[65] _Orateur du peuple_, vol. III, n° 65, et vol. IV, n° 10.
Plusieurs personnes, monsieur, ayant attribué à ma femme
l'anecdote de l'Opéra, insérée dans l'_Orateur du peuple_,
je dois à la vérité d'affirmer que ma femme a passé toute la
soirée de ce jour chez M. Desmarets, marchand de tableaux à
l'hôtel Bullion, rue Platrière, avec M. et Mme Grétry, M. et
Mme Sauvage, peintre du Roi, plusieurs officiers du bataillon
de Saint-Eustache, ainsi qu'avec M. Berthélemy, aussi peintre
du Roi, et plusieurs autres personnes que M. Desmarets pourroit
indiquer.
La conformité de nom avec un M. Hallé, aussi peintre, et qui
a épousé une certaine baronne, pourroit avoir donné lieu à ce
quiproquo pour moi extrêmement désagréable. La très petite
différence du nom m'a été souvent préjudiciable. Veuillez,
Monsieur, après vous être assuré du fait et de la vérité, insérer
dans votre plus prochain numéro que Mme Hallé qui a causé la
scène de l'Opéra n'est pas Mme Hall femme du peintre du Roi;
j'attends de vous cet acte de justice et j'ai l'honneur d'être
avec estime, etc.
_Signé_: HALL, peintre du Roi,
Rue Favart, 4.
Ce 22 décembre 1790.
HOUDON. «Copie de la lettre de M. Houdon, sculpteur, à M. le Président
de la Société des Amis de la Constitution.»--«Réflexions sur les
concours en général et sur celui de la statue de J.-J. Rousseau en
particulier, par Houdon, sculpteur du Roy et de l'Académie de peinture,
sculpture et gravure.»
HUBERT-ROBERT. (Extrait du Moniteur du 29 avril 1808.) Notice de
quatre pages, consacrée à l'aimable et galant peintre des ruines.
JEAURAT. «Notice de la vie et des ouvrages de M. Étienne Jeaurat, Doyen
de l'Académie royale de peinture, Recteur et ancien chancelier de
ladite Académie, garde honoraire des tableaux du Roi. A Versailles.»
Rarissime brochure in-4, à laquelle j'ai pu joindre cette lettre
autographe:
A Paris, ce 27 juin 1754.
_Monsieur_,
_Permettez-moy d'avoir l'honneur de vous représenter que je suis
le plus ancien professeur de l'Académie roiale de peinture sans
avoir de pension. Celle de M. Cazes est vacante actuellement
par sa mort; je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien me
l'accorder. Je suis placé immédiatement après M. de Vermont
qui jouit de cet honneur par vos judicieuses attentions. Je me
flatte, Monsieur, que vous voudrez bien me les continuer, en ne
préférant pas ceux qui ont rendu à l'Académie moins de services
que moy: il y a dix-sept ans que je professe, et j'ose dire avec
une assiduité irréprochable. Vous connoissez trop les arts,
Monsieur, l'émulation des artistes, pour que je n'aie pas lieu
d'espérer cette grâce dont vous êtes entièrement le maître. Dans
cette confiance j'ay l'honneur d'être très respectueusement,
Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur._