H. 71, L. 58.

PIERRE (_Jean-Baptiste Marie_). Le remplaçant et le continuateur de

Boucher, un dessinateur dont les dedans sont un peu vides, mais un

contourneur élégant et joliment maniéré de l'humanité de son temps.

Ses femmes nues sont très désirables avec leur petite gorge drue, leur

corps allongé dans la rondeur, leur derrière en poire, et l'élève de

Natoire n'est point encore trop maladroit au tortillage d'une toilette

d'homme ou de femme de son temps. Ce dessin du «Peintre sicilien»

catalogué plus bas, je me vois toujours l'achetant, au temps des

ventes fastes et secourables aux désargentés, en cette vieille maison

du fond de la rue de Vaugirard, cette maison toute bondée de dessins

et de gravures, et où les lots de choses d'art semblaient ne pouvoir

s'épuiser: la maison de Villenave. Je le payais, mon Pierre, je

crois, quelque chose comme 7 francs, et je l'achetais aux côtés de M.

Reiset, qui, encore plus heureux que moi, acquérait là, pour moins de

cent francs, deux Watteau qui sont aujourd'hui deux des joyaux de la

collection du duc d'Aumale.

--Le gentilhomme Adraste aux genoux de l'esclave grecque dont il

vient d'ébaucher le portrait.

Dessin sur papier blanc à l'encre de Chine, rehaussé de blanc de

gouache.

Signé dans le dos d'une chaise: _Pierre_.

Dans la marge du dessin est écrit: LE SICILIEN. _Eh bien, allez,

oui, j'y consens._

La maison d'un artiste, Tome 1 · 第 258 / 443 题