PERRONEAU (_Jean-Baptiste_). Un grand pastelliste injustement sacrifié
par Diderot à La Tour, et dont la préparation de Laurent Cars, au
Louvre, donne la plus haute idée. Perroneau est plus naturellement
coloriste que La Tour; il est, dans sa peinture de poussière colorée,
tout plein de tons clairs, frais, presque humides. Certes son heureux
rival a une science anatomique et physiognomique d'un visage bien
supérieure à la sienne, mais trop souvent ses tons sont fatigués, ne se
montrent plus entiers, et jamais, au grand jamais, il ne s'est élevé à
ces clartés d'une figure faites de la pose franche de touches de bleu,
de vert, balafrés de rose, et qui ont la plus grande parenté avec la
couleur à l'huile des portraits de Reynolds, des portraitistes anglais
de la fin du XVIIIe siècle.
--Louis Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur de
Bretagne, coiffé à l'oiseau royal; il est en habit de velours
noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes traversé par
le cordon rouge de commandeur de l'ordre de Saint-Louis.
Pastel sur peau vélin.
Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il
était attribué à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères
du faire de Perroneau, n'a pu être exécuté par La Tour qui, déjà
un peu fou, ne travaillait plus à l'époque, où M. de Goyon était
nommé commandeur de l'ordre de Saint-Louis.