Ah! que c'est bien commencer son livre, Monsieur, que de le commencer
par ce qu'il y a de plus doux, de plus saint dans l'espèce humaine: la
religion! Je vous avoue que cette promenade pas à pas dans l'âme de
l'évêque de Provence, quoique un peu longue, m'a fait beaucoup de bien
au commencement, et que je ne l'ai pas trouvé aussi niais que l'on
dit, parce qu'il est vraiment bon pour nous autres pauvres gens. Il
m'a rappelé ce vieux frère quêteur du couvent de la montagne, auquel
je dois le miracle de charité qui m'a sauvé et le bonheur de retrouver
mon père, ma tante et ma cousine.
Qu'on dise des bons prêtres ce qu'on voudra: ils sont de la famille
de ceux qui n'ont plus de famille; ne faut-il pas que les misérables
aient quelques parents sur la terre et un bout de patrimoine là-haut?
Quant à la fin du chapitre, à l'endroit où l'évêque se laisse débiter
un tas de choses inintelligibles par ce vieux terroriste qui va
mourir, et qui déclame encore sur son lit de mort des énigmes
au-dessus de ma portée en l'honneur de la guillotine, et qui font
apostasier d'admiration le saint évêque, jusqu'au point de tomber à
genoux et de demander sa bénédiction à cet entêté d'impénitent:
franchement, vous devez comprendre cela, vous, Monsieur, c'est votre
affaire; mais, moi, je n'y ai rien compris du tout. Vous me ferez
plaisir de me l'expliquer.