«Tu diras peut-être, continue-t-il, que toutes ces institutions ne
concordent pas avec le plan de notre République, etc...
«Oui, sans doute, c'est une chose particulière à notre République, que
chacun n'y fait qu'un seul métier, que le cordonnier n'y est que
cordonnier, et non pas, en outre, pilote; le laboureur, laboureur, et
non pas, en même temps magistrat; le guerrier, guerrier, et non pas
aussi commerçant. Et ainsi de tous les autres..., etc.»
«Et si jamais, ajoute-t-il, un homme habile dans l'art d'exercer
divers rôles venait dans notre République et voulait nous réciter ses
poëmes, nous lui rendrions honneur comme à un être divin, privilégié,
enchanteur; mais nous lui dirions qu'il n'y a pas d'homme comme lui
dans notre République, et, après avoir répandu des parfums sur sa tête
et l'avoir couronné de fleurs, nous le proscririons de l'État.»
Si cette division des facultés et des professions ne vient pas de
l'Inde, par une servile imitation des castes, elle prélude à cette
division moderne du travail, mutilation tout industrielle des facultés
de l'homme, qui fait d'excellents ouvriers machines, et de détestables
hommes pensants.