L.

_Histoire universelle_; par César Cantu; traduite par Eugène Arnoux,

ancien député, et Piersilvestro Leopardi. Tome deuxième.--Paris, 1844.

_Firmin Didot_. 1 vol. in-8. 6 francs.

Le second volume de l'_Histoire universelle_ de César Cantu, que vient

de mettre en vente la librairie Firmin Didot, est encore mieux rempli

que le premier. Il comprend la Perse, la Grèce et l'Italie ancienne. M.

Cantu analyse l'histoire de la Perse depuis les temps obscurs jusqu'à la

mort de Darius. Puis il consacre deux chapitres à la religion des mages

et à la constitution morale et publique des Perses. L'histoire de la

Grèce occupe à elle seule les trois quarts du volume. Sparte et

Lycurgue, Messine, Athènes et Solon, Pisistrate, les petits États, les

colonies, la guerre médique, la suprématie d'Athènes, la guerre du

Péloponnèse, la grandeur et la décadence d'Athènes, la suprématie de

Sparte, Socrate, la retraite des dix mille, Agesilas, la Béotie et

Épaminondas, les Macédoniens et Alexandre, la littérature, la

philosophie, les beaux-arts et les sciences; tels sont les nombreux

sujets traités ou restitués en dix-huit chapitres. Quant à l'Italie, M.

Cantu ne nous en fait connaître encore que les premiers habitants, la

grande Grèce, les îles et le Latium. Le second volume se termine avec la

fin de l'histoire poétique de Rome. Le tome troisième paraîtra

prochainement.

_L'Algérie en 1844_; par A. Desjobert.--Paris, 1844. Guillaumin.

M. Desjobert est infatigable: à la _Question d'Alger_ en 1837, à

_l'Algérie en 1838_, succède aujourd'hui _l' Algérie en 1844_. A en

croire ses trois brochures, l'Afrique est un legs funeste que la

restauration a fait à la révolution de Juillet. L'opinion publique est

trompée par les particuliers et par le gouvernement. Lui montrer ses

erreurs, telle est la tâche que s'impose M. Desjobert. Pour prouver à la

France qu'elle est victime d'une folie, il examine la question de

l'occupation d'Alger sous un certain nombre de points de vue:

l'occupation, la colonisation en général, la colonisation militaire, la

colonisation mixte, la colonisation civile, le commerce et la

navigation, l'armée, les finances, etc., et de Cet examen, il conclut

que la France ne peut pas raisonnablement sacrifier chaque année 100

millions à ce qu'il appelle l'_affaire_ d'Afrique. Lors même qu'elle ne

contiendrait pas une fonte de faits curieux, cette brochure serait

recherchée et lue à cause de son excentricité; mais nous espérons

qu'elle ne convaincra personne, et que le public continuera à ne pas

admettre l'opinion du célèbre député de la Seine-Inférieure.

_Leçons élémentaires de Botanique_, fondées sur l'analyse de 50 plantes

vulgaires; par M. Em. Lemaout, docteur-médecin. Chez _Fortin, Masson et

comp._

La botanique est la science des végétaux; mais connaître les végétaux

sous tous leurs points de vue est une entreprise difficile même pour les

hommes qui s'y livrent exclusivement. Il faut donc opter entre la

physiologie végétale, qui s'occupe de la structure, des organes et des

fonctions des plantes, et la botanique descriptive, qui énumère, classe

et décrit toutes les plantes répandues à la surface du globe.

Toutefois ces deux sciences ne sont pas complètement indépendantes. Le

physiologiste, témoin d'un phénomène curieux que présente une plante,

veut en savoir le nom, et à son tour celui qui se bornerait à connaître

les plantes par leur nom et serait tout à fait étranger à leur

physiologie, serait un collecteur et non pas un botaniste. Cette

nécessité de connaître deux branches de la botanique a toujours arrêté

les gens du monde L'un ne s'inquiète nullement du nom et de la

classification des végétaux, mais il voudrait savoir comment ils

germent, vivent, respirent et se propagent; il ouvre un traite de

physiologie végétale, et se limite immédiatement contre des noms

latins par lesquels l'auteur désigne les plantes dont il décrit les

phénomènes physiologiques. Un autre, et c'est le cas le plus habituel,

se contenterait de savoir le nom des plantes qui l'entourent, il

voudrait faire un herbier qui réunirait les plantes qu'il cueille dans

ses promenades; mais dès les premières lignes il voit surgir une foule

du noms inconnus servant à désigner les organes divers au moyen desquels

on est arrivé à classer et distinguer les plantes. Il résulte de là que

la plupart des personnes qui avaient entrepris cette étude se lassent de

tourner dans un cercle vicieux, se découragent, se dégoûtent et

déclarent n'avoir trouvé que des mots là où ils cherchaient des faits et

des idées. Cette accusation est injuste. Des objets nouveaux génèrent

des mots nouveaux, et l'on ne peut désigner les plantes ni leurs organes

avec les mots employés dans l'usage habituel de la vie. Mais, il faut en

convenir, les auteurs de traités élémentaires ne se sont peut-être pas

mis assez à la place de l'homme du inonde qui ouvre pour la première

fois un livre de botanique. Ils n'ont pas fait une part suffisante, à

son inexpérience, et lui ont supposé une persévérance qu'un désir ardent

de connaître peut seul inspirer.

Avant d'écrire son livre, M. Lemaout avait depuis longtemps enseigné la

botanique, il avait été témoin des difficultés que ses élèves

rencontraient à chaque pas, et s'était efforcé de les leur aplanir. Fort

de son expérience, il a publié un livre réellement élémentaire. Il ne

rebute pas le commençant en lui parlant de plantes inconnues, car il en

a choisi cinquante qui sont tellement communes dans les jardins ou dans

les champs, qu'elle ont un nom vulgaire et sont connues universellement.

Ces cinquante plantes figurées dans son ouvrage forment la base du son

enseignement, et sans aller en chercher d'autres. Il donne à son élève

des notions sur les organes, la physiologie et la classification très

suffisantes pour que celui-ci puisse ensuite pousser plus loin l'étude

de la botanique, s'il en a le loisir et l'envie. Mais dût-il s'arrêter

au milieu du livre, le lecteur aura des notions assez complètes sur

plusieurs points de la botanique, et au bout de vingt pages, il saura si

cette science est du son goût. Le livre de M. Lemaout est donc

réellement un ouvrage élémentaire; c'est celui que l'on conseillera à

quiconque veut entreprendre sans maître l'étude du la botanique. Il est

en outre composé de manière à exciter l'attention et la curiosité du

lecteur; et n'est point un traité dogmatique de la science, c'est un

cours instructif où le professeur cherche toujours à instruire en

amusant. Toutefois, la science qu'il enseigne est une science solide et

de bon aloi, et les anecdotes dont il entremêle ses leçons ne sont point

de ces historiettes puériles qui rabaissent la science aux yeux de

l'homme d'intelligence, et n'ajoutent rien à son charme pour celui qui

est en état de la comprendre.

_Types de chaque famille et des principaux genres de Plantes croissant

spontanément en France_: par F. Plée.--Chez _Baillière_, 17, rue de

l'École-de-Médecine.

Il n'est personne qui, au moins une fois en sa vie, n'ait été tente

d'apprendre la botanique; mais sur tant d'appelés combien peu d'élus!

Dès les premiers pas on est rebuté par une foule de mots nouveaux

d'origine grecque ou latine. Sans guide, sans direction, on s'épuise en

efforts superflus pour arriver au nom d'une plante. On commence par

chercher celui d'une espèce avant de savoir à quelle famille elle

appartient. L'ouvrage de M. Plée a pour but de faire connaître par des

descriptions simples et claires et des figures admirablement dessinées

et coloriées, les types de chaque famille. Quiconque aura revu sur la

nature ces différents types reconnaîtra bientôt à quelle famille

appartient la plante qu' il désire connaître. La famille une fois

déterminée, il arrivera à connaître les genres et enfin les espèces.

Alors il saisira les analogies et les affinités qui unissent entre eux

les divers groupes naturels, et comprendra que l'étude de la botanique

ait séduit tant d'esprits distingués. Six livraisons de l'ouvrage de M.

Plée ont déjà paru; elles offrent l'analyse de la renoncule bulbeuse, de

l'hellébore d'hiver, du jasmin, du lilas, de la saponaire officinale et

du troène commun.--Deux livraisons paraîtront chaque mois.

L'Illustration, No. 0068, 15 Juin 1844 · 第 12 / 16 题