Ou les Pièces voyageuses.
Ce tour avait pour but de montrer avec quelle facilité je pouvais faire
passer invisiblement des pièces de monnaie d’un endroit à un autre.
J’empruntais huit pièces de cinq francs que je faisais marquer avec
beaucoup de soin par les spectateurs, puis je les mettais ostensiblement
dans un vase en cristal que je tenais à la main.
Je posais un autre vase sur une table à l’extrémité de ma scène et
j’annonçais qu’en frappant avec ma baguette sur celui où se trouvaient
les pièces, une d’elles en sortirait à chaque coup pour passer dans le
verre vide.
Effectivement, au son que ma baguette produisait sur le cristal, une
pièce en sortait pour passer dans l’autre vase, et l’on en entendait le
son argentin.
Au lieu de faire passer la huitième comme les autres, je la sortais du
vase et je la remettais entre les mains d’une dame, en la priant de bien
la serrer pour l’empêcher de s’échapper.
Mais à l’instant où frappant sur la cloche, je disais: partez, la pièce
emprisonnée sortait de la main et on l’entendait rejoindre ses
compagnes.
Pour terminer l’expérience d’une manière concluante, je suspendais à de
minces cordons de soie accrochés au plafond, un coffre de cristal
transparent. Je le faisais balancer dans l’espace et lorsqu’il se
trouvait à son plus grand éloignement de la scène, j’y envoyais les
pièces que l’on voyait parfaitement arriver dedans.
A chacune de ces expériences, l’identité des pièces était constatée.
Représenté pour la première fois le 4 septembre 1849.
[Illustration]