_Discours prononcé par M. de Klinglin, lieutenant de roi à
Strasbourg, et commandant à présent en Alsace, à une confédération
de douze mille hommes, tant de gardes nationales de haute et basse
Alsace, que de troupes réglées, réunies dans la plaine des Bouchers
près de Strasbourg, qui a eu lieu le 12 de ce mois. L'union, la
fraternité, l'ordre ont régné à cette fête civique._
Citoyens françois, et vous mes compagnons d'armes! c'est sur
l'autel de la patrie, c'est devant l'Être-Suprême qui voit le fond de
mon cœur; devant les respectables magistrats dont la vertu justifiant
si bien notre choix, que je viens jouir du bonheur précieux de voir
pour la première fois réunis, les drapeaux des citoyens militaires, et
des militaires citoyens.
Ralliés autour de ces signes éclatans du civisme qui ne fait de nous
qu'une seule et même famille, quel bonheur cette union promet à la
patrie! C'est sur elle que vont poser les fondemens de cette liberté,
d'autant plus chère à tout François, qu'elle est soumise à la loi,
et que la loi veillera sans cesse pour le bonheur de tous à sa
conservation. C'est elle qui consacre à la postérité les vertus d'un
roi qui s'en est montré le si digne restaurateur, et qui lui assure
notre amour et les bénédictions de nos descendans. C'est par cette
réunion enfin, qu'attentifs à écarter les ennemis de la nation, nous
verrons naître les beaux jours du premier empire du monde.
Né dans le département, je joins à l'honneur d'y commander en ce
moment, le droit de citoyen actif; je ne cesserai d'en remplir les
devoirs avec le zèle et la fidélité la plus constante. Je viens donc
renouveler ici, et comme citoyen et comme militaire, le serment
fédératif qui doit nous unir, et rendre nos nœuds indissolubles,
malgré tous les efforts qu'on voudroit faire pour les rompre. Attaché
comme vous, mes amis et mes frères, au succès de la constitution, sur
laquelle la nation qui l'a adopté fonde sa _prospérité et son bonheur,
je viens jurer avec vous_ etc., _la formule du serment_.