DE L'AUTEUR.

J'ignore si ce seroit à la tribune de l'Assemblée Nationale qu'il

faudroit exposer les vérités que renfermera cet écrit.

L'Assemblée peut croire que les premières résolutions à prendre à leur

sujet, sont dans la classe de celles qui ont été constitutionnellement

confiées aux soins du gouvernement, et qu'elle n'est obligée de s'en

occuper que sur les propositions que le roi pourroit lui faire.

Quoique l'objet de la délibération fût très-important, il est donc

vraisemblable qu'on trouveroit qu'_il n'y a pas lieu à délibérer_.

J'ignore si ce seroit au roi et à ses ministres que je devrois adresser

mes réflexions.

Il est très-délicat pour un membre du corps législatif de donner des

mémoires au ministère. Je le ferois dans les intentions les plus pures;

et je trouverois des hommes charitables qui, jugeant de mon ame par la

leur, calomnieroient mes intentions.

Ce que je sais est, qu'il s'agit de la dignité, de la sûreté, de la

puissance et de l'existence de ma patrie.

Ce sera donc à tous mes concitoyens que je parlerai; et ceux d'entr'eux

qui croiront devoir et pouvoir influer sur son salut y influeront.

Le tems de la politique mystérieuse est passé; celui de la politique

franche, raisonnable et ferme, qui ne cache aucun motif de ses

déterminations, qui démasque ouvertement les combinaisons de ses

adversaires, et qui leur montre loyalement l'intention et les moyens

qu'elle a d'y mettre obstacle: ce tems heureux est enfin venu.

Journal de la société de 1789 - Nº IV · 第 7 / 15 题