GRAND MEETING D'ÉDIMBOURG POUR LE SOUTIEN DE LA LIGUE.

Extrait du _Scotchman_, 11 janvier 1844.

Mardi, 11 de ce mois, un grand meeting a eu lieu dans cette cité, pour

recevoir la députation de la Ligue, composée de MM. Cobden, Bright, le

col. Thompson et Moore.--L'objet spécial de la réunion était de

concourir à la souscription au fonds la Ligue (_the_ 100,000 l.

_League fund_). La salle de la Société philharmonique, la plus vaste

d'Édimbourg, était entièrement occupée, et, faute de places, plus de

mille billets d'entrée ont dû être refusés.

On remarquait dans l'assemblée les citoyens les plus éclairés et les

plus influents, un grand nombre de dames et trente-quatre ministres du

culte. Le très-honorable lord prévôt occupait le fauteuil. Les villes

de Leith, Dalkeith, Musselburgh avaient envoyé des députations.

Nous ne fatiguerons pas le lecteur par la traduction des discours

prononcés dans cette mémorable séance. Nous nous bornerons à

reproduire un passage du discours de M. Cobden, parce qu'il répond à

un argument que l'on oppose souvent à l'affranchissement du commerce,

aussi bien de ce côté que de l'autre côté de la Manche.

«Tout le monde, ou du moins toutes les personnes dont l'opinion a

quelque poids, s'accordent sur ce point, que le principe de la

liberté des échanges est le principe du sens commun, et que,

considéré d'une manière abstraite, il est aussi juste

qu'incontestable. (Assentiment.) Mais lorsque vous sommez ces

personnes de réaliser dans la pratique des principes dont, en

théorie, elles reconnaissent si volontiers la justice et la

vérité, on vous objecte que les circonstances du pays s'y

opposent. Quelles sont ces circonstances? D'abord, nous dit-on,

par l'ancienneté de la protection, le pays se trouve dans une

situation économique tout artificielle. À cela je réponds que si

nous sommes dans une situation artificielle, c'est que nous y

avons été amenés par des lois arbitraires contraires aux lois de

la nature. Nous ne pouvons remédier à ce mal qu'en revenant aux

lois naturelles et en mettant notre législation en harmonie avec

les desseins visibles de la divine Providence.--Ensuite, on

allègue que la dette publique et l'Échiquier imposent à

l'Angleterre de lourdes charges,» etc.

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 3 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 49 / 106 题