4 janvier 1790;--décédé à Grenoble, le 29 janvier 1830.
1758, 17 décembre. Grenoble.
_Baptême de Félix-Romain Gagnon._
Ce dix-septième décembre mil sept cent cinquante-huit,
j'ai baptisé Félix-Romain, né cejourd'hui, fils légitime à
sr Henri Gagnon, docteur en médecine, agrégé au
collège de médecine de Grenoble, et à dame Thérèse-Félise
Rey, mariés. Le parrain a été sr Romain Senterre,
négociant à Lyon; la marraine a été demoiselle Françoise
Pupin, épouse de me Jean Mallein, procureur au bailliage de
Graisivaudan, en présence des soussignés.
Gagnon; Senterre; Pupin-Mallein; Giroud-Lemaistre; Elisabeth
Gagnon; Duboys; Lemaistre; Mallein. Beylié, curé.
(Extrait des registres de la paroisse Saint-Louis. Arch. mun. de
Grenoble, GG 185, fol. 115.)
1790, 4 janvier. Les Echelles (Savoie).
_Mariage de Félix-Romain Gagnon et de Cécile-Camille Poncet._
Le quatre janvier mil sept cent quatre-vingt-dix, ensuite
d'une proclamation faite en dues formes, dans cette église
et dans l'église paroissiale de Saint-Louis de la ville de
Grenoble, comme il en conste par le certificat de révérend
Sadin, curé, en date du deux du courant, dûment légalisé
ledit jour à l'évêché de Grenoble, signé Courtois-Minut,
plus bas par monseigneur: Gigard, vu les dispenses de deux
bans, du temps prohibé, de l'heure et de l'interstice
accordées par monseigneur l'évêque de Grenoble, signé
Brochier, vicaire général, _de mandato_ Gigard, en date du
trente-un décembre dernier, dûment contrôlé dudit jour par
monseigneur Michel Conseil, premier évêque de Chambéry,
en date du second du courant, signées par Sa Grandeur,
n'ayant découvert aucun empêchement et du consentement des
parents, ont reçu la bénédiction nuptiale des mains de
monsieur Bonne, vicaire général du diocèse de Saint-Flour,
en ma présence et de mon consentement, noble Félix-Romain
Gagnon, avocat au parlement de Dauphiné, fils légitime de
noble Henri Gagnon, docteur en médecine, agrégé au collège
de Grenoble, et de défunte dame Thérèse-Félise Rey, mariés,
natif et habitant de la ville de Grenoble, d'une part, et
demoiselle Cécile-Camille Poncet, fille légitime de noble
Claude Poncet, avocat au parlement de Paris, et de dame
Foy Bonne, mariés, native et habitante de cette paroisse,
d'autre part. Ont été présents noble Henri Gagnon, père de
l'époux, dame Bonne, mère de l'épouse, noble Jean-Baptiste
Mallein, avocat consistorial au parlement de Dauphiné, noble
Chérubin-Joseph Beyle, avocat consistorial audit parlement
de Grenoble, y résidants, sieurs André et Antoine Bonne,
oncles de l'épouse, habitants de celte paroisse, et autres
témoins soussignés.
Laurens. curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles, 1790, n° 1.)
1830, 30 janvier. Grenoble.
_Acte de décès de Félix-Romain Gagnon._
Le trente janvier mil huit cent trente, à dix heures du
matin, pardevant nous, adjoint susdit, acte de décès de M.
Félix-Romain Gagnon, propriétaire, marié à de
Camille-Cécile Poncet, décédé hier, à cinq heures du
soir, dans son domicile, place Grenette, âgé d'environ
soixante-onze ans, natif de Grenoble, fils de feu M. Henri
Gagnon, docteur en médecine, et de défunte de
Félise Rey. Après nous être assuré dudit décès, et le
présent acte étant rédigé, nous en avons fait lecture aux
déclarants ci-après: MM. Joseph-Adolphe Blanchet, avocat,
âgé de trente ans, et Félix-Albert Blanchet, négociant, âgé
de vingt-un ans, domiciliés à Grenoble, qui ont signé avec
nous.
Ad. Blanchet; Albert Blanchet. A. Moulezin.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
La tante: Marie-Françoise-Séraphie Gagnon.
Née à Grenoble, le 21 septembre 1760;--décédée à Grenoble le 9 janvier
1797.
1760, 22 septembre. Grenoble.
_Baptême de Marie-Françoise-Séraphie Gagnon._
Le vingt-deuxième septembre mil sept cent soixante, j'ai
baptisé Marie-Françoise-Séraphie, née le jour précédent,
fille légitime de sieur Henri Gagnon, docteur en médecine,
et de dame Thérèse-Félise Rey, mariés. Le parrain a
été sieur Antoine Bartellon, bourgeois, et la marraine
demoiselle Marie Didier, bourgeoise a Saint-Laurent de
cette ville, présents les soussignés avec le parrain et la
marraine, le père absent.
Bartellon le cadet; Disdier; Lemaistre; Gagnon; Bartellon;
Rubichon, Morand.
(Extrait des registres de la paroisse Saint-Louis. Arch. mun. de
Grenoble, GG 185, fol. 240.)
1797, 10 janvier. Grenoble.
_Acte de décès de Marie-Françoise-Séraphie Gagnon._
Le même jour [21 nivôse an IV], pardevant nous, officier
public susdit, sont comparus en la maison commune Jean
Colomb et Louis Romagnier, tous deux majeurs et anciens
négociants, domiciliés à Grenoble, Grande-rue, lesquels
nous ont déclaré que Marie-Françoise-Séraphie Gagnon, fille
du citoyen Gagnon, médecin, est décédée hier, à dix heures
du soir, dans le domicile de son père, Grande-rue, âgée
d'environ trente-six ans, de laquelle déclaration et décès,
après nous en être assuré, nous avons dressé le présent
acte, que les déclarants ont signé avec nous.
Colomb; Romagnier. Cheminade, officier public.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
Les cousins et cousines: 1. Henriette Gagnon.
Née aux Echelles (Savoie), le 6 juillet 1790.
1790, 6 juillet. Les Echelles.
_Baptême de Henriette Gagnon._
Le six juillet mil sept cent quatre-vingt et dix, à deux
heures du matin, est née et aussitôt a été baptisée
delle Henriette Gagnon, fille de Félix-Romain
Gagnon, avocat au parlement de Grenoble, et de demoiselle
Cécile-Camille Poncet, mariés, de cette paroisse. Le
parrain a été sr Henri Gagnon, grand-père de
l'enfant, médecin et secrétaire perpétuel de l'Académie des
Sciences et de Belles-lettres de Grenoble et représenté par
Joseph Pellet, clerc de ladite paroisse. La marraine a été
delle Thérèse Maistre.
Laroche, vicaire.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles, 1790, n° 50.)
2. Marie-Félise Gagnon.
Née aux Echelles (Savoie), le 13 juin 1791.
1791, 16 juin.
_Baptême de Marie-Félise Gagnon._ Les Echelles.
Le seize juin mil sept cent quatre-vingt-onze, à dix
heures et demie du soir, ont été suppléées les cérémonies
de baptême à delle Marie-Félise Gagnon, fille
de noble Félix-Romain Gagnon, avocat au parlement de
Grenoble, et de dame Cécile-Camille Poncet, mariés, de cette
paroisse, par messire Bonne, vicaire général du diocèse de
Saint-Flour, oncle de l'enfant, née le treize de ce mois,
à trois heures et demie, et que je soussigné, curé, ai
baptisée à quatre heures dudit jour treize. Le parrain
a été noble Henri Gagnon, docteur en médecine, agrégé au
collège de Grenoble, aïeul de l'entant, et dame Foy Bonne,
son aïeule, a été la marraine.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles, 1791, n° 32.)
3. André-Félix-Henri-Gaëtan Gagnon.
Né aux Echelles (Savoie), le 19 janvier 1793.
1793, 11 février. Les Echelles.
_Baptême de André-Félix-Henri-Gaëtan Gagnon._
Le onze février mil sept cent quatre-vingt-treize, à
midi, j'ai suppléé les cérémonies après le baptême à
André-Félix-Henri-Gaëtan, fils de sieur Félix-Romain
Gagnon, docteur ès-droits, et de dame Cécile-Camille
Poncet, mariés, de ce bourg, lequel enfant est né le
dix-neuf janvier dernier, à huit heures du matin, et a été
baptisé le même jour, entre une heure et midi. Le parrain
a été sr André Bonne, oncle de l'enfant, et
delle Elisabeth Gagnon, sa tante, a été la
marraine.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles, 1793, n° 15.)
4. Amélie-Lucie-Françoise Gagnon.
Née aux Echelles (Savoie), le 24 novembre 1794.
1794, 24 novembre--1796, 30 septembre. Les Echelles.
_Naissance et baptême de Amélie-Lucie-Françoise Gagnon._
Le vingt-quatre novembre mil sept cent
quatre-vingt-quatorze, entre sept et huit heures du
matin, est née Amélie-Lucie-Françoise Gagnon, fille de
M. Félix-Romain Gagnon, docteur ès-droits, et de dame
Cécile-Camille Poncet, mariés.
(_Cette note est suivie d'un renvoi au_ 30 _septembre_ 1796, _où se
trouve Pacte suivant_:)
Le trente septembre mil sept cent quatre-vingt et
seize, après la célébration de la messe, dans notre
chapelle domestique, érigée dans le bourg des Echelles
pour l'exercice du culte catholique à défaut d'église
paroissiale, je soussigné ai suppléé les cérémonies
du baptême à Amélie-Lucie Gagnon, fille de M. maître
Félix-Romain Gagnon et de dame Camille-Cécile Poncet,
mariés, dudit bourg des Echelles, laquelle enfant est née le
vingt-quatre novembre mil sept cent quatre-vingt-quatorze,
entre sept et huit heures du matin, ondoyée validement le
surlendemain, à sept heures du soir, par sr
François Chavasse-Bélissard, dont la capacité et les bonnes
mœurs sont connues et attestées. Le parrain a été
sr Joseph Blanchet, représenté par sr
Antoine Bonne, et delle Marie Poncet, représentée
par dame Marie-Lucie Giroud, a été la marraine.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles.)
5. Joseph-Oronce Gagnon.
Né aux Echelles (Savoie), le 24 novembre 1790;--décédé à Grenoble, le
24 avril 1883.
1796, 24 novembre. Les Echelles.
_Baptême de Joseph-Oronce Gagnon._
Le vingt-quatre novembre mil sept cent quatre-vingt et
seize, à une heure du matin, est né et le même jour, a six
heures du soir, dans une chapelle domestique érigée dans le
bourg des Echelles, en Savoie, pour l'exercice du culte
catholique à défaut de l'église paroissiale, je soussigné ai
administré le baptême avec les cérémonies qui le précèdent
jusqu'au Saint-Chresme, exclusivement, à Joseph-Oronce
Gagnon, fils de M. maître Félix-Romain Gagnon, docteur
ès-droits, et de dame Cécile-Camille Poncet, mariés, dudit
bourg des Echelles, en Savoie, et le trois janvier suivant,
à six heures et demie du soir, j'ai suppléé les cérémonies
subséquentes au baptême dudit enfant, entre les mains de
sr Joseph Bonne et de delle Virginie-Félicité
Giroud.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles).
1883, 24 avril. Grenoble.
_Acte de décès de Joseph-Oronce Gagnon._
Le vingt-quatre avril mil huit cent quatre-vingt-trois,
à onze heures du matin, pardevant nous, Auguste Germain,
adjoint au maire de Grenoble, délégué pour remplir les
fonctions d'officier de l'état-civil, sont comparus MM.
Ernest Bourjat, âgé de quarante-sept ans, et Jules Aman,
âgé de quarante-cinq ans, rentiers, domiciliés à Grenoble,
lesquels nous ont déclaré que M. Joseph-Oronce Gagnon,
général de division en retraite, grand-officier de la
Légion d'honneur, âgé de quatre-vingt-six ans, marié à de
Joséphine-Marie-Jeanne-Rosalie Jacquinot, natif des Echelles
(Savoie), domicilié à Grenoble, rue Vaucanson, 4, fils
de feu Félix-Romain Gagnon et de défunte Cécile-Camille
Poncet, mariés, est décédé ce matin, à neuf heures, dans son
domicile. Nous étant assuré de ce décès, nous avons rédigé
le présent acte, que les déclarants ont signé avec nous,
après lecture faite.
E. Bourjat; J. Aman. Germain.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
6. Chérubin-Jules Gagnon.
Né aux Echelles (Savoie), le 29 avril 1799.
1800, 9 juillet. Les Echelles.
_Baptême de Chérubin-Jules Gagnon._
Le vingt-neuf avril mil sept cent quatre-vingt-dix-neuf
est né, à quatre heures du soir, Chérubin-Jules Gagnon,
fils de M. maître Félix-Romain Gagnon, docteur ès-droits,
et de dame Camille Poncet, mariés, du bourg des Echelles,
en Savoie, lequel enfant, ondoyé le trois mars suivant,
avec toutes les cérémonies qui précèdent le baptême, a
reçu les cérémonies subséquentes par moi soussigné le neuf
juillet, dans une chapelle domestique érigée audit bourg des
Echelles, en Savoie, pour l'exercice du culte catholique, à
défaut d'église paroissiale, entre les mains de M. maître
Chérubin-Joseph Beyle, aussi docteur ès-droits, et de dame
Foy Bonne, veuve Poncet, aïeule de l'enfant.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles.)
7. Henriette Gagnon.
Née à Grenoble, le 11 octobre 1800.
1800, 11 octobre. Grenoble.
_Acte de naissance de Henriette Gagnon._
Du dix-neuvième jour du mois de vendémiaire, l'an neuf de la
République française.
Acte de naissance de Henriette Gagnon, née le dix-neuf
vendémiaire, à une heure du matin, fille de Félix-Romain
Gagnon, propriétaire, habitant aux Echelles, département du
Mont-Blanc, et de Cécile-Camille Poncet, mariés. Le sexe de
l'enfant a été reconnu être féminin.
Premier témoin: Joseph Félix, commis en cette mairie.
Second témoin: Antoine Termier, aussi commis en cette
mairie, tous deux majeurs.
Sur la réquisition à nous faite par M. Henri Gagnon, aïeul
paternel de l'enfant; et ont signé.
Constaté, suivant la loi, par moi soussigné, maire de la
Ville de Grenoble, faisant les fonctions d'officier public
de l'état-civil.
Gagnon; Termier; J. Félix. Renauldon, maire.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
1800, 10 septembre (_sic_) Les Echelles.
_Baptême de Henriette Gagnon._
Le neuf septembre mil huit cent est née, à onze heures du
soir, Henriette Gagnon, fille de M. maître Félix-Romain
Gagnon, et de delle Cécile-Camille Poncet,
mariés, du bourg des Echelles, en Savoie, et le lendemain de
sa naissance ladite enfant, née à Grenoble, a été baptisée,
dans une des paroisses de ladite ville, par révérend
Gaillard, ci-devant vicaire de Saint-Laurent-du-Pont,
missionnaire de Grenoble. M. maître Henri Gagnon, docteur
en médecine, aïeul de l'enfant, a été son parrain, et
delle Pauline Beyle a été la marraine.
Laurens, curé.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles.)
8. Charles-Félix Gagnon.
Né aux Echelles (Savoie), le 26 octobre 1801.
1801, 29 octobre. Les Echelles.
_Baptême de Charles-Félix Gagnon._
Le vingt-six octobre mil huit cent un est né, à sept
heures et demie du matin, Charles-Félix Gagnon, fils de M.
maître Félix-Romain Gagnon, docteur ès-droits, et de dame
Cécile-Camille Poncet, mariés, du bourg des Echelles, en
Savoie, et le vingt-neuf dudit, audit bourg des Echelles,
ledit enfant a été baptisé par révérend Charles-Marie
Bonne, son oncle et parrain, vicaire général du diocèse
de Saint-Flour, dans une chapelle domestique érigée
pour l'exercice du culte catholique, à défaut d'église
paroissiale. Le nouveau-né, baptisé à six heures du soir, a
eu pour marraine delle Félise Gagnon, sa sœur.
Laurens, archiprêtre-curé, chef de mission des Echelles.
(Extrait des registres paroissiaux des Echelles.)
9. Henri-Chérubin Gagnon.
Né à Grenoble, le 22 mars 1803.
1803, 24 mars. Grenoble.
_Acte de naissance de Henri-Chérubin Gagnon._
Du troisième jour du mois de germinal l'an onze de la
République française.
Acte de naissance de Henri-Chérubin Gagnon, né le premier
du courant, à onze heures du soir, fils de Félix-Romain
Gagnon, propriétaire, domicilié place Grenette, et de dame
Cécile-Camille Poncet, mariés. Le sexe de l'enfant a été
reconnu être masculin.
Premier témoin: Henri Gagnon, médecin, aïeul paternel de
l'enfant.
Second témoin: Chérubin-Joseph Beyle, homme de loi,
domicilié rue des Vieux-Jésuites.
Sur la réquisition à nous faite par le père de l'enfant; et
ont signé le père et les témoins susdits.
Constaté, suivant la loi, par moi, Charles Renauldon, maire
de la Ville de Grenoble, faisant les fonctions d'officier
public de l'état-civil.
Gagnon; Gagnon; Beyle. Renauldon, maire.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
10. Henri-Alfred Gagnon.
Né à Grenoble, le 26 janvier 1812.
1812, 27 janvier. Grenoble.
_Acte de naissance de Henri-Alfred Gagnon._
Le vingt-sept janvier mil huit cent douze, pardevant
nous, adjoint susdit, acte de naissance de Henri-Alfred
Gagnon, né hier, à sept heures du matin, fils de M.
Félix-Romain Gagnon, maire de la commune des Echelles, et
de de Cécile-Camille Poncet, mariés. Le sexe de l'enfant,
qui nous a été présenté, a été reconnu masculin. Lecture
du présent acte ayant été faite en présence du père, de
M. Joseph-Chérubin Beyle, avocat, et de M. Hugues-Antoine
Pison-Duverney, contrôleur principal des Droits réunis,
majeurs et domiciliés à Grenoble, ils ont signé avec nous.
Gagnon; Pison-Duverney; Beyle. La Valette.
(Extrait des registres de l'état-civil de la Ville de Grenoble.)
APPENDICES
I. LA VILLE NATALE DE STENDHAL
Grenoble vers 1793
Le Grenoble que connut Stendhal dans son enfance ressemble autant au
Grenoble actuel que l'Auteuil parisien ressemble à la Croix-des-Sablons
du XVIIIe siècle, décrite par Anatole France. Depuis la
Révolution, de successifs empiétements sur les communes de Seyssins,
Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux et un double agrandissement de
l'enceinte fortifiée a plus que quintuplé l'agglomération urbaine.
Voulant donner aux lecteurs de la _Vie de Henri Brulard_ le moyen
de goûter ce livre dans toute sa saveur, j'entreprendrai une courte
excursion à travers le Grenoble de 1793, dans ces rues tortueuses
où le petit Henri Beyle, pour échapper à l'œil inquisiteur et à
la tyrannie de sa tante Séraphie, se cachait dans les dédales de la
Halle-aux-Blés, ou filait le long de la baraque aux châtaignes de la
place Grenette pour aller retrouver, dans le bois du Jardin-de-Ville,
quelques «polissons»de son âge.
Triste et noire cité, Grenoble s'étendait le long d'un coude de
l'Isère, formé par le dernier contre-fort des montagnes de la
Chartreuse. Cité essentiellement militaire, elle avait été bâtie en cet
endroit par les vieux Allobroges pour commander la route de Lyon; et
les Romains, trouvant cette situation merveilleuse, y avaient établi
une forte colonie. Les Dauphins du moyen âge, puis Lesdiguières et ses
successeurs, l'agrandirent progressivement; mais le Grenoble de Louis
XVI n'est pas très sensiblement différent du Grenoble de Henri IV.
La plus vieille partie de la ville, que de bons auteurs considèrent
comme le berceau de la cité, s'étend sur la rive droite de l'Isère;
une étroite bande de terrain, comprise entre la rivière et le rocher,
laisse tout juste la place à deux rues en enfilade, longues et
étriquées (la rue Saint-Laurent et la rue Perrière); ces rues, de la
porte Saint-Laurent à la porte de France, font communiquer la haute et
la basse vallée de l'Isère, la Savoie et la France.
Deux ponts, l'un de bois, l'autre de pierre, unissent le vieux Cularo
allobroge à la Ville proprement dite; et c'est entre les deux ponts,
près des berges de l'Isère, alors entièrement couvertes de maisons,
suivant la mode du temps, que bat le cœur de la cité. Le palais
de justice, ancien Parlement, l'Hôtel-de-Ville-Préfecture, la place
Grenette, c'est là que vivent le Grenoble judiciaire et procédurier,
le Grenoble administratif, le Grenoble commerçant. C'est là aussi,
à l'angle de la place Grenette et de la Grande-rue, que s'écoula
l'enfance morose et opprimée de Stendhal.
Autour de ce centre: place Grenette, Grande-rue, place Saint-André,
courent les plus importantes voies de la ville, étroites et tortueuses.
Les agrandissements successifs de l'enceinte, depuis les Romains
jusqu'aux successeurs de Lesdiguières, ont forcé les principales rues
à suivre la direction des remparts; toutes ces artères s'arrondissent
en demi-cercle, de l'Isère à l'Isère: un premier arc est constitué par
la rue Saint-André, la rue des Clercs et la rue Pérollerie, jusqu'à la
place Notre-Dame et la Citadelle; un deuxième suit la rue Montorge, la
rue des Vieux-Jésuites et la rue des Prêtres; un troisième, plus grand,
moins nettement dessiné, sinue à travers les rues Saint-François et
Créqui, la rue Neuve du Collège, la rue Neuve des Pénitents, la rue
Neuve des Capucins et la rue Très-Cloîtres; enfin, la rue des Mûriers
constitue, pour l'époque, le dernier stade de l'évolution: elle n'est,
à vrai dire, que le chemin de ronde des remparts.
Ces rues sont bordées de maisons hautes et noires, et presque toujours
tristes, avec des allées étroites où court un petit ruisseau dans
lequel les habitants se soulagent en passant. De temps à autre, la file
monotone est coupée par de beaux hôtels, demeures de l'aristocratie
et des magistrats opulents: l'hôtel des Adrets, rue Neuve du Collège;
l'hôtel de Franquières, rue de France, près du pont de pierre;
l'hôtel de Bressieux, rue du Verbe-Incarné; l'hôtel de Montai, rue
du Pont-Saint-Jaime. De nombreux monastères étendent leurs cloîtres
et leurs jardins: les Augustins, près du Jardin-de-Ville; les Frères
prêcheurs, dont l'église servit de Halle-aux-Blés; les Cordeliers,
qu'un oncle de Henri Beyle dirigea; les Jésuites, rue Neuve, dont le
collège devint l'Ecole centrale, la Bibliothèque publique et le Musée;
les Oratoriens, voisins de la cathédrale. Les couvents de femmes
abondent aussi: religieuses de la Propagation, au bout de la rue
Saint-Jacques, chez lesquelles le jeune Beyle allait servir la messe,
Clarisses, Ursulines, Visitandines, d'autres encore. Enfin, quatre
églises se partagent les fidèles: la plus ancienne, Saint-Laurent,
dont la chapelle basse date du VIe siècle, dessert la rive
droite; sur la rive gauche, Notre-Dame et Saint-Hugues, deux églises
jumelles, accolées l'une à l'autre et communiquant par une vaste baie,
sont l'une la cathédrale, l'autre une paroisse; Saint-André, non loin
du palais de justice, est la vieille collégiale des Dauphins et abrite
les cendres de Bayard, en attendant de servir de salle de réunion à
la société jacobine de Grenoble; Saint-Louis enfin, la dernière en
date, la plus laide aussi, produit informe du XVIIe siècle
à son déclin, sert de paroisse à la pieuse famille maternelle de notre
Stendhal.
Et, tout autour, s'étend le domaine militaire; les remparts protègent
la cité, mais l'étouffent aussi dans leurs bastions de terre et de
briques, à la manière de Vauban. A l'ouest, l'arsenal, des magasins à
poudre et les casernes de Bonne ont cependant permis aux Hospices de
s'installer; au midi, s'élève l'hôtel du Commandement, qu'habite le
gouverneur de la province; non loin de là, on a laissé dans un bastion
s'ouvrir provisoirement le cimetière de la paroisse Saint-Hugues,
où fut inhumée la mère de Stendhal; à l'est, s'élèvent de nouveaux
magasins à poudre, et la citadelle forme, à elle seule, une ville forte
en miniature; enfin, au nord de Grenoble, sur la rive droite, le fort
de Rabot domine la plaine et la vallée du Drac.
Cinq portes étroites font communiquer la ville avec le monde extérieur:
à droite de l'Isère, les portes Saint-Laurent et de France; de
l'autre côté de la rivière, la porte de la Graille, située à l'est
de Grenoble, au bord de l'eau, conduit au cours de Saint-André,
large et longue avenue qu'un parlement munificent fit planter au
XVIIe siècle, sous la direction de son président, Nicolas
Prunier de Saint-André; au midi, les portes de Bonne et Très-Cloîtres
ouvrent les chemins qui vont au Pont-de-Claix, à Echirolles, à Gières,
à Eybens et à Vizille, vers le Trièves, l'Oisans et la vallée du
Graisivaudan.
Les environs immédiats de Grenoble, du reste, sont peu engageants.
La splendeur du cadre formé par les montagnes de la Chartreuse, du
Vercors, du Taillefer et de Belledonne, et la magnificence de la vallée
du Graisivaudan, toute voisine, rendent plus triste encore la banalité
de la plaine grenobloise. Située au confluent de la capricieuse et
puissante Isère et du terrible Drac, elle a été longtemps couverte
par les eaux. Le sol est demeuré humide et caillouteux, de nombreux
ruisseaux courent vers le nord, et cette eau que l'on sent partout à
fleur de terre, que l'on voit sourdre de tous côtés, dit le long combat
qu'a mené à travers les siècles la vaillante ville contre ses ennemis
de toujours: l'Isère et le Drac, le Serpent et le Dragon qui, prédisait
un ancien dicton, devaient «mettre Grenoble en savon».