_À Giuseppe UNGARETTI_
L'horaire des fleurs creuses et des pommettes saillantes nous
invite à quitter les salières volcaniques pour les baignoires
d'oiseaux. Sur une serviette damée rouge sont disposés les jours
de l'année. L'air n'est plus si pur, la route n'est plus si large
que le célèbre clairon. Dans une valise peinte de gros vers on
emporte les soirs périssables qui sont la place des genoux sur
un prie-Dieu. De petites bicyclettes côtelées tournent sur le
comptoir. L'oreille des poissons, plus fourchue que le chèvrefeuille,
écoute descendre les huiles bleues. Parmi les burnous éclatants
dont la charge se perd dans les rideaux, je reconnais un homme
issu de mon sang.