III

Je me baignais avec un petit enfant au bord de la mer. Peu après

je me trouvai sur la plage en compagnie d'un certain nombre de

gens, dont les uns me sont connus, les autres inconnus, quand

brusquement l'un des promeneurs nous signala deux oiseaux qui

volaient parallèlement à une certaine distance, et qui pouvaient

être des mouettes.

Quelqu'un eut aussitôt l'idée de tirer sur ces oiseaux (car

nous portions tous des fusils) et l'on put croire que l'un d'eux

avait été blessé.

Ils tombèrent en effet assez loin du rivage, et nous attendîmes

quelque temps que la vague les apportât.

À mesure qu'ils approchaient, j'observai que ces animaux n'étaient

nullement des oiseaux comme je l'avais cru tout d'abord, mais bien

plutôt des sortes de vaches ou de chevaux.

L'animal qui n'était pas blessé soutenait l'autre avec beaucoup

d'attendrissement. Quand ils furent à nos pieds, ce dernier

expira.

La particularité la plus remarquable que présentait cet animal

qui venait de mourir était la différenciation très curieuse

de ses yeux.

L'un de ceux-ci, en effet, était complètement terne et assez

semblable à une coquille d'oursin, tandis que l'autre était

merveilleusement coloré et brillant.

L'animal secourable avait depuis longtemps disparu. C'est alors

que M. Roger Lefébure qui, je ne sais pourquoi, se trouvait parmi

nous, s'empara de l'œil phosphorescent et le prit pour monocle.

Ce que voyant une personne de l'assistance jugea bon de rapporter

l'anecdote suivante:

Dernièrement, comme à son habitude, M. Paul Poiret dansait devant

ses clientes, quand brusquement son monocle tomba par terre et se

brisa. M. Paul Éluard, qui se trouvait là, eut l'amabilité de lui

offrir le sien, mais celui-ci subit le même sort.

Clair de terre · 第 13 / 62 题