Je me baignais avec un petit enfant au bord de la mer. Peu après
je me trouvai sur la plage en compagnie d'un certain nombre de
gens, dont les uns me sont connus, les autres inconnus, quand
brusquement l'un des promeneurs nous signala deux oiseaux qui
volaient parallèlement à une certaine distance, et qui pouvaient
être des mouettes.
Quelqu'un eut aussitôt l'idée de tirer sur ces oiseaux (car
nous portions tous des fusils) et l'on put croire que l'un d'eux
avait été blessé.
Ils tombèrent en effet assez loin du rivage, et nous attendîmes
quelque temps que la vague les apportât.
À mesure qu'ils approchaient, j'observai que ces animaux n'étaient
nullement des oiseaux comme je l'avais cru tout d'abord, mais bien
plutôt des sortes de vaches ou de chevaux.
L'animal qui n'était pas blessé soutenait l'autre avec beaucoup
d'attendrissement. Quand ils furent à nos pieds, ce dernier
expira.
La particularité la plus remarquable que présentait cet animal
qui venait de mourir était la différenciation très curieuse
de ses yeux.
L'un de ceux-ci, en effet, était complètement terne et assez
semblable à une coquille d'oursin, tandis que l'autre était
merveilleusement coloré et brillant.
L'animal secourable avait depuis longtemps disparu. C'est alors
que M. Roger Lefébure qui, je ne sais pourquoi, se trouvait parmi
nous, s'empara de l'œil phosphorescent et le prit pour monocle.
Ce que voyant une personne de l'assistance jugea bon de rapporter
l'anecdote suivante:
Dernièrement, comme à son habitude, M. Paul Poiret dansait devant
ses clientes, quand brusquement son monocle tomba par terre et se
brisa. M. Paul Éluard, qui se trouvait là, eut l'amabilité de lui
offrir le sien, mais celui-ci subit le même sort.