Ce furent, d'abord, des bruits alarmants répandus jusque dans l'île.

On parlait, à mots couverts, d'un assassinat possible, d'un

enlèvement certain. L'Europe n'était décidément pas rassurée de voir

Napoléon si près et il fut question de le transporter plus loin, à

l'île Sainte-Marguerite, aux Açores ou à Sainte-Hélène, et c'est à

M. de Talleyrand que revient le regrettable honneur d'avoir, le

premier, désigné cette possession anglaise à l'attention des

diplomates. Napoléon se mit sur ses gardes et décida de se défendre,

en cas d'alerte.

Puis, vint la question d'argent. Le gouvernement des Bourbons

semblait oublier l'engagement pris de servir à Napoléon une rente de

deux millions. Les épaves de sa fortune personnelle, qu'il avait pu

sauver, ne suffisaient plus au budget d'une royauté, si modeste

fut-elle. Les économies s'imposèrent et, avec elles, s'imposa la

nécessité de sortir, par un coup d'audace, d'une situation

inextricable.

Malgré la surveillance exercée, Napoléon était tenu au courant de ce

qui se passait en France. Il sut que sa gloire y était toujours

vivante et qu'on ne pouvait s'empêcher de comparer la maëstria de

ses procédés à la veulerie incohérente et insolente des Bourbons,

inféodés à la politique de l'Angleterre. Il attachait une grande

importance à connaître ce qui se passait en Amérique. Il aurait

voulu apprendre en détail les péripéties de la guerre qui s'y

poursuivait. La distance ne permettait pas que les nouvelles fussent

répandues avec exactitude et célérité. Pourtant, quand il apprit

qu'une partie des régiments de Wellington avait été expédiée en

Amérique pour y contribuer à donner aux opérations une tournure

décisive, il se persuada certainement que l'heure était venue pour

lui de s'évader de sa prison et de reprendre la lutte si

malencontreusement interrompue.

Ce n'est pas la place ici de suivre, pas à pas, les étapes de sa

marche triomphale qui, du midi, à travers Lyon, le mena à Paris, en

une ovation indescriptible. Ce fut sa revanche des souffrances

supportées, alors qu'il s'enfuyait de Fontainebleau. Maintenant, par

un revirement compréhensible mais d'une soudaineté qui étonne un

peu, les populations saluent son retour avec enthousiasme, les

soldats, de nouveau entraînés par le prestige du grand capitaine,

accourent se ranger sous ses aigles et arborent la cocarde

tricolore. Il y a bien quelques hésitations, quelques défections,

mais Ney ne peut résister à l'élan de son grand coeur et, au lieu

d'obéir aux ordres de Louis XVIII, il se jette dans les bras de son

Empereur.

Puis, les Cent-Jours... puis, Waterloo!

Et puis, Sainte-Hélène!...

Si la bataille de Waterloo mit fin au napoléonisme dans ce qu'il

avait d'excessif, si les Anglais réussirent, avec l'appui de la

coalition européenne secondée par la réaction française, à vaincre

le colosse qui les avait si longtemps tenus en échec, les

conséquences mêmes de cette bataille se firent sentir jusqu'aux

États-Unis, parce qu'elles donnèrent une plus grande signification

aux conclusions du traité de Gand et parce qu'elles soulignèrent,

d'un trait ineffaçable, la fin de la rivalité franco-anglaise en

Amérique.

Cette rivalité qui avait toujours été habilement exploitée par les

hommes d'État américains et par les différents partis en présence,

fut aussi un instrument entre les mains de Napoléon.

Aussi longtemps qu'il conserva l'espoir de continuer en Amérique la

politique coloniale de l'ancien régime, si mal représentée sous

Louis XV, il s'agissait, pour lui, d'évincer l'Angleterre au profit

de la France; dès qu'il comprit qu'un rôle prédominant était

désormais interdit à la France en Amérique, il s'agissait d'évincer

l'Angleterre au profit des États-Unis eux-mêmes.

La cession de la Louisiane fut la conséquence de cette conception.

Entraîné dans les complications continentales non pas, comme Louis

XIV, de son plein gré, mais par la force des choses, Napoléon

renonça aux grandes expéditions coloniales tout en mettant obstacle

à l'expansion de l'Angleterre dans la vallée du Mississipi.

Il chercha à entraîner l'Amérique à prendre parti dans la lutte;

nous avons essayé de dire les fluctuations auxquelles elle fut

exposée, placée qu'elle était entre les nécessités contradictoires

des décrets de Berlin et de Milan et des Ordres en Conseil.

L'Amérique oscilla longtemps, de la sorte, entre l'influence

française et l'influence anglaise, jusqu'au jour où solidarisant ses

intérêts commerciaux avec ceux de la Russie, elle facilita à cette

dernière la possibilité de secouer le joug du blocus et parvint, par

cette simple manoeuvre, à détacher Alexandre de l'Empereur des

Français. Cette attitude fut une des causes indirectes qui

contribuèrent à déclencher la néfaste campagne de Russie: au moment

même où les États-Unis faisaient face aux attaques anglaises sur

leur propre territoire, ils portaient un coup mortel au système

continental de Napoléon dans les régions septentrionales de

l'Europe.

Ils s'affranchissaient, les armes à la main, de la tutelle anglaise

et bravaient en même temps la volonté bien arrêtée de l'Empereur, en

un mot, ils se dressaient, pour la première fois, contre les deux

puissances, la France et l'Angleterre, qui les avaient à la fois

créés et exploités.

On comprend donc avec quelle curiosité Napoléon suivit les phases de

ce que l'on peut appeler la seconde guerre d'indépendance de

l'Amérique du Nord. Pendant qu'il avait été pour ainsi dire retranché

de la vie, dans sa chimérique royauté de l'île d'Elbe, les événements

avaient marché et il ne put connaître qu'à son retour en France la

victoire remportée par les Américains à la Nouvelle-Orléans et la

signature du traité de Gand qui sanctionnait cette victoire.

S'il fut heureux de cette victoire, à laquelle il avait

indirectement contribué, il ne put que regretter qu'elle se

produisît trop tôt ou que lui-même eût quitté l'île d'Elbe trop

tard.

Les contingents de Wellington envoyés en Amérique, maintenant

disponibles, avaient, en effet, été reportés sur la Belgique où ils

contribuèrent, avec les armées coalisées, à assurer la défaite

finale.

Qui sait? Sans eux, peut-être, le sort du monde eût été changé.

Mais, tel qu'il va être orienté pendant un siècle, il est le

résultat, pour l'Amérique, pour l'Europe, de la bataille de la

Nouvelle-Orléans et de la bataille de Waterloo.

Durant toute l'année 1814, les négociations furent difficultueuses

entre les États-Unis et l'Angleterre. Elles traînèrent en longueur

et lord Castlereagh eut à partager son attention entre les graves

questions à discuter au milieu de tout l'appareil des fêtes et des

plaisirs du Congrès de Vienne et les questions dont l'importance

était plutôt indifférente au grand public et devaient être discutées

à l'Hôtel plus modeste des Pays-Bas, à Gand.

Mais là aussi les diplomates réunis sentaient le contre-coup de ce

qui se passait à Vienne et à Paris. L'opinion publique en Angleterre

en fut, à son tour, influencée. La guerre devenait impopulaire et on

demandait la paix. Seulement au mois de février 1815, la _Favorite_,

portant les propositions préliminaires, fut en vue des côtes

américaines.

À ce moment, on craignait toujours, dans le cabinet de Washington,

la perte de la Nouvelle-Orléans, quand on apprit, le 4 février, que

l'invasion anglaise était repoussée et que la Nouvelle-Orléans était

sauvée, ce fut une joie d'autant plus grande, dans le parti

républicain, qu'on ne s'attendait pas à cette victoire et que les

Fédéralistes comptaient exploiter une situation indécise.

On se rappelle que, dès le début de la guerre, l'Angleterre avait

décliné les offres d'intermédiaires de l'Empereur Alexandre auprès

du gouvernement américain. En novembre 1814, Castlereagh avait

proposé d'ouvrir des négociations directes et Madison ayant accepté,

adjoignit Henri Clay et Jonathan Russell à Bayard et Gallatin.

L'abdication de Napoléon avait plutôt compliqué la situation de la

Délégation américaine. Ce fut à ce moment qu'on convint de se réunir

à Gand.

Les commissaires anglais furent le vice-amiral Gambier, Henry

Goulburn, du Ministère des Colonies et William Adams, un avocat de

l'amirauté, tous agents d'une habileté médiocre, de manières

hautaines, auxquels leur gouvernement avait laissé si peu

d'initiative qu'ils étaient obligés d'y avoir recours pour décider

la moindre contestation. Les Américains leur étaient supérieurs en

talents et en moyens d'action. Ils exposèrent et défendirent les

justes revendications de leur patrie avec une patience à laquelle il

faut rendre hommage. La seule critique à adresser, par exemple, à

Adams et à Clay, pourrait se rapporter à leur caractère passionné et

impulsif qui, par des écarts de langage et d'attitude, compromit

parfois le succès des débats que le sang-froid de Gallatin parvint

heureusement à diriger dans le sens voulu.

Les commissaires anglais avaient à traiter: 1º la question de la

presse des matelots,--2º la pacification des Indiens et la nécessité

de leur assigner un territoire déterminé,--3º la révision de la

ligne frontière entre les États-Unis et les Colonies Anglaises,--4º

la question des pêcheries.

Les Américains firent savoir qu'ils étaient autorisés à discuter la

première et la troisième de ces questions, mais qu'ils ne l'étaient

nullement en ce qui concernait la pacification des Indiens et les

pêcheries.

Assigner un territoire déterminé aux Indiens aboutissait à des

conséquences graves pour les Américains: c'était retirer toutes

leurs forces navales des Lacs, supprimer toutes les fortifications

qui s'y trouvaient et céder les étendues du Maine entre le nouveau

Brunswick et Québec pour être incorporées au Canada. Ils se

refusèrent à discuter sur de telles bases dont l'admission

équivalait à renoncer à toute indépendance nationale.

Castlereagh, passant par Gand pour se rendre à Vienne, comprit que

les exigences de son gouvernement étaient trop élevées et il y mit

une sourdine, sous peine de voir rompre les pourparlers.

Pendant qu'on se rendait compte en Angleterre de la difficulté de la

situation et de la nécessité de terminer la guerre, les commissaires

ne pouvaient s'entendre sur la possibilité de reconnaître le droit

des Américains sur les pêcheries ni le droit des Anglais à la

navigation du Mississipi. On finit cependant par s'arrêter à l'idée

de ne faire aucune allusion dans le traité à ces deux questions

délicates. On se promit, de part et d'autre, de tenter tous les

efforts pour arriver à supprimer la traite des esclaves. Les

hostilités devaient cesser dès que le traité serait ratifié.

À y regarder de près, ce traité ne répondait pas aux exigences des

deux partis en présence; il en sacrifiait les plus ardemment

exprimées au début des négociations. Les Américains durent renoncer

aux compensations pour les spoliations britanniques; ils furent

obligés de mettre en question leurs droits sur Eastport et leurs

droits de pêcheries dans les eaux anglaises. Les Anglais, de leur

côté, ne purent faire accepter leurs principes relatifs à la presse

des matelots et au blocus; ils se virent contester leur droit de

naviguer sur le Mississipi et de faire le commerce avec les Indiens.

Tout compte fait, les Américains purent passer, en apparence du

moins, pour avoir fait un mauvais marché. Cela était peut-être vrai,

si l'on s'arrête à l'acquit des avantages palpables obtenus. Cela ne

l'était pas quand on songe que leur triomphe fut plutôt moral que

matériel. Ils avaient gagné leur émancipation définitive,--point

essentiel et d'une portée immense. Le reste viendrait plus tard.

Et, pour ce reste, ils avaient le temps qui travaillait pour eux, le

temps, facteur puissant, négociateur irrésistible qui devait leur

être finalement favorable et parfaire l'oeuvre à laquelle, au XVIIIe

siècle, Louis XVI, et, au commencement du XIXe siècle, Napoléon,

avaient directement ou indirectement collaboré.

Pendant que les États-Unis républicains voient s'ouvrir, devant eux,

la perspective d'une carrière brillante et sans bornes, la réaction

va triompher en Europe. Les théories sociales, les idées

d'émancipation issues de la Révolution, l'individualisme vainqueur,

chez nous, de l'esprit d'autorité, tous principes qui avaient suivi,

au pas de charge, les bataillons de Bonaparte, rebroussèrent chemin

et furent mis en déroute avec nos soldats. Dans une certaine mesure

du moins.

Les graines de liberté, semées au hasard, germeront plus tard. Pour

le moment, la promesse de cette liberté qui avait été faite au

peuple par la Prusse, au nom du patriotisme, fut honteusement

oubliée. La Prusse va préparer son rôle de domination en Allemagne,

avant de prétendre à dominer l'Europe entière. Sept ans après Iéna,

elle entrevit sans doute le but assigné à son ambition par la force

brutale du militarisme. L'Europe ne le devina pas. Le fait saillant

et qui primait toutes les autres considérations émanait du triomphe

de l'Angleterre: la lutte séculaire entre elle et la France était

terminée.

Au congrès de Vienne, Talleyrand, qui représentait et défendait le

principe de la «légitimité», formule dont il réclamait avec orgueil

la paternité, sut redonner à la France une attitude de grande

puissance. Il y fallait une habilité subtile, à la fois cynique et

profonde. Les qualités et les défauts de l'ambassadeur de Louis

XVIII répondaient précisément aux nécessités du moment. On a pu lui

reprocher d'avoir sacrifié une alliance prusso-russe à une alliance

anglo-autrichienne, d'avoir, pour sauver l'intégrité du royaume de

Saxe, contribué à l'établissement de la Prusse sur les bords du

Rhin, ce qui mettait cette puissance en contact direct avec la

frontière française et lui permettait de prendre le rôle de

sentinelle avancée, montant la garde à cette frontière, au nom de la

future unité allemande, réalisée sous son égide.

En apparence, ces critiques peuvent être fondées. En réalité, la

menace eut été aussi grande, si la Prusse s'était annexée la Saxe,

annexion qui l'aurait agrandie singulièrement au coeur même de

l'Allemagne où elle aurait constitué un bloc homogène et redoutable

qu'un rapprochement temporaire avec la France n'aurait pas arrêté

dans ses visées agressives contre la voisine de l'Ouest.

Certes, l'Angleterre, aux yeux de tous, était encore l'ennemie

héréditaire: elle l'était dans les ressentiments que nos coeurs

patriotes lui vouaient au lendemain de la lutte implacable dont

l'Amérique avait été un des enjeux les plus importants. Mais, si

elle avait pu s'emparer de beaucoup de nos colonies, l'Amérique lui

échappait. Et, pour des yeux clairvoyants, pour une intuition quasi

prophétique qui fut peut-être celle de Talleyrand, à partir de ce

moment, l'Angleterre avait cessé d'être notre adversaire et devait

bientôt se prêter à un nouveau groupement d'alliances. Le danger

anglais avait disparu pour la France: le danger allemand se

dessinait à l'horizon.

Dans les négociations du traité de Gand, on ne s'occupa pas de

Napoléon--dans les discussions du Congrès de Vienne où l'on

détruisit son oeuvre, il ne fut pas question de l'Amérique.

Pourtant, comme une action subsidiaire mais de grande portée, se

fait sentir à côté des protocoles officiels, poussée de

l'impondérable, l'influence que Napoléon avait exercée sur les

événements que nous venons de résumer.

Napoléon était vaincu à Waterloo. L'Angleterre était vaincue à la

Nouvelle-Orléans: l'Amérique, désormais hors des atteintes de la

France et de l'Angleterre, peut marcher sans entraves vers la

constitution de sa nationalité et le développement de sa grandeur.

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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 7

CHAPITRE PREMIER

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE DANS L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE.

Importance de la découverte de l'Amérique. -- Le rôle de la

Méditerranée passe à l'Océan Atlantique. -- Déclin de

l'Allemagne et de l'Italie. -- Développement des nations

côtières occidentales. -- Rivalité franco-anglaise en

Amérique. -- La colonisation française. -- Les Normands au

Xe siècle. -- Verazzano. -- Cartier à Stadaconé et à

Mont-Royal. -- Samuel de Champlain. -- Cavelier de la Salle

sur le Mississipi. -- Colonisation anglaise. -- L'oeuvre des

Puritains. -- La Louisiane. -- Politique coloniale de la

France et de l'Angleterre. 20

CHAPITRE II

L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE ET L'INTERVENTION FRANÇAISE.

Perte du Canada. -- Traité de 1763. -- Les Colonies

anglaises se détachent de la Métropole. -- Les Anglais

d'Amérique ne ressemblent plus aux Anglais d'Angleterre. --

Jonathan en face de John Bull. -- Les «Insurgents»

représentent les principes libéraux du Parlement anglais. --

L'Europe s'intéresse au mouvement. -- L'Angleterre résiste,

la France intervient, l'Allemagne vend ses soldats. --

Georges III tend vers l'absolutisme. -- Luttes oratoires

entre Fox et Burke. -- L'opinion en France. -- Le comte de

Vergennes entraîne Louis XVI. -- Le rôle de La Fayette. --

Contradictions entre les privilèges de l'aristocratie

française et son intervention en faveur des idées

républicaines. -- Rapports de Vergennes et de Turgot. --

Beaumarchais, Arthur Lee et Franklin. -- La France fidèle à

sa mission civilisatrice. 40

CHAPITRE III

LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.

Les Anglais ignorent la situation des Colonies. -- Les

grands caractères civiques sont en Amérique. -- Les

citoyens, fils de leurs oeuvres. -- Les militaires. --

Conditions favorables à la fondation d'une démocratie. --

Influence exercée par l'évolution américaine sur la

révolution française. -- En Amérique, la liberté existant

déjà, il s'agissait de la faire respecter. -- En France, il

s'agissait de la créer. -- Grande différence dans les moyens

d'action. -- Jugements des Américains sur la Révolution

française. -- Jefferson, témoin des premiers troubles, les

juge en républicain. -- Il accuse Marie-Antoinette et

accorde toute sa sympathie au Tiers-État. -- Gouverneur

Morris, républicain aristocrate, penche pour l'Ancien

régime. 63

CHAPITRE IV

GROUPEMENTS DES PARTIS ET DIFFICULTÉS DIPLOMATIQUES.

Napoléon émerge et Washington hésite. -- Deux partis se

constituent aux États-Unis: Les Républicains et les

Fédéralistes. -- Convention de Philadelphie du 14 mai 1787.

-- Jefferson devient le représentant du républicanisme

avancé. -- On critique la mise en scène luxueuse des

réceptions du Président et de Mme Washington. -- Les

relations entre la France et les États-Unis se troublent. --

La mission du citoyen Genet en 1793. -- Son attitude

incorrecte. -- L'influence anglaise prédomine. -- Le traité

de Jay, à Londres. -- Fauchet précise la nature de nos

rapports avec l'Amérique du Nord, en l'an V de la

République. -- Jugement équitable de Pastoret. -- Pinkney,

Marshall et Gerry envoyés à Paris. -- Rôle de Talleyrand. --

Ses vues sur les Colonies. -- Bonaparte semble les partager

en ce qui concerne l'Amérique. 87

CHAPITRE V

NAPOLÉON ET LA LOUISIANE.

Jefferson est nommé Président des États-Unis en 1801. -- Sa

sympathie pour la France. -- Il veut la paix à l'intérieur

et à l'extérieur. -- La Louisiane convoitée par Bonaparte.

-- Monroe est envoyé à Paris. -- L'Angleterre prépare les

hostilités. -- Bonaparte renonce à la Louisiane. -- Les

préparatifs qui lui étaient destinés sont tournés contre la

Grande-Bretagne. -- Monroe, d'abord éconduit, reçoit un

accueil plus favorable. -- Scène entre Bonaparte et ses

frères Lucien et Joseph. -- Barbé de Marbois discute avec

Livingston et Monroe les conditions de cession de la

Louisiane aux États-Unis. 112

CHAPITRE VI

LA LOUISIANE ET LES ÉTATS-UNIS.

Napoléon et l'Amérique Histoire des relations franco-américaines spécialement envisagée au point de vue de l'influence napoléonienne (1688-1815) · 第 23 / 24 段