MANGÉ PAR LES ANTHROPOPHAGES.

Il y a quelques mois, une pénible nouvelle nous arrivait de la Côte

d'Ivoire: un commerçant français, M. Huberson, avait été surpris par des

anthropophages, mis à mort, et dévoré. La photographie reproduite ici,

dont nous devons la communication, avec d'intéressants renseignements, à

un de nos abonnés, M. le docteur Teste, évoquera cet affreux drame,

heureusement fort rare.

[Illustration: Deux des anthropophages de la Côte d'Ivoire qui ont

dévoré un commerçant français, M. Huberson.]

C'est en août dernier que M. Huberson, qui se livrait au négoce, à ses

risques et périls, et malgré des avertissements répétés, sur le

territoire du Haut-Cewally, dans le pays Guère, fut attaqué, à la tombée

du jour, par une bande de rebelles; il tenta de se défendre, mais sans

doute le fusil Browning dont il se servait ne fonctionna-t-il pas. Et les

sauvages purent ainsi s'emparer de lui.

On ne tarda pas à apprendre sa disparition et les circonstances de sa

fin: un officier, à la tête d'un détachement de tirailleurs, se mit

aussitôt à la poursuite des coupables. Il réussit à les cerner, et à en

prendre deux vivants; la plupart des autres étaient tombés sous les

balles de nos soldats.

Le plus grand des prisonniers--celui qui figure à gauche sur la

photographie--a fait des aveux complets, et a conté dans le détail les

agapes auxquelles donna lieu la capture du blanc. On a donc eu

l'horrible certitude que notre vaillant mais téméraire compatriote a été

dévoré par ces monstres, dont la soumission se poursuit au milieu des

plus grandes difficultés.

L'Illustration, No. 3692, 29 Novembre 1913 · 第 28 / 38 题