A LA MÉMOIRE D'UN GRAND MÉDECIN

Les élèves, les amis du professeur Georges Dieulafoy ont élevé à ce

grand médecin un monument commémoratif qui est à la fois un hommage

d'admiration à son caractère, à sa haute valeur professionnelle et un

tribut de gratitude pour tous les services qu'il a rendus, au cours de

sa belle et calme carrière, à la science et à l'humanité.

Ce monument, inauguré dimanche dernier à l'Hôtel-Dieu, est dû à la

collaboration de deux maîtres éminents, M. Charles Girault qui en

composa l'architecture, et le médailleur Vernon qui a modelé une très

frappante effigie du regretté praticien. Il a ces qualités de

convenance, de sobriété, de discrétion que nous louions récemment dans

le buste dédié à Lamartine, à Bergues, dans le Nord. Très simple,

composé de motifs de décoration d'un pur classicisme, il consiste en une

stèle d'harmonieuses proportions sur laquelle s'enlève le médaillon de

M. Vernon, et qu'on a scellée contre le mur de la galerie qui, au

premier étage de l'immense maison hospitalière, conduit à l'amphithéâtre

Trousseau, à cette salle où, pendant tant d'années, d'une parole

élégante et persuasive, le professeur Dieulafoy dispensa une science

très sûre et les fruits d'une consciencieuse expérience.

[Illustration: Le monument du professeur Dieulafoy à l'Hôtel-Dieu.]

L'inauguration eut lieu en présence d'une assistance choisie où l'on

remarquait, autour de M. Liard, vice-recteur de l'Université de Paris,

de M. Mesureur, directeur de l'Assistance publique, de M. Bayet,

directeur de l'enseignement supérieur, et de M. le sénateur Strauss,

toutes les sommités de l'art médical. Mme Georges Dieulafoy, veuve de

l'éminent professeur, assistait également, avec les membres de sa

famille, à cette cérémonie.

Successivement, M. le professeur Widal, président du comité de

souscription, qui, au nom des élèves du maître, fit remise du monument à

la clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, puis M. le professeur Landouzy,

doyen de la Faculté de médecine, firent, de leurs différents points de

vue, l'éloge de Georges Dieulafoy. M. Mesureur, enfin, traça de ce

collaborateur éminent de l'Assistance publique un portrait fidèle et

délicat. Et, aux apologies qu'avaient prononcées les deux précédents

orateurs de «cet artiste scientifique», il demanda à ajouter

l'expression de la reconnaissance du grand service qu'il dirige «pour le

bienfaiteur, pour l'ami des pauvres et des malades, pour l'éducateur

enthousiaste de la jeunesse».

[Illustration:

La maison d'un grand seigneur en Albanie.

Les cabanes qu'habitent les paysans.

Photographies F. de Jessen.]

L'Illustration, No. 3692, 29 Novembre 1913 · 第 7 / 38 题