INTRIGUES

Le lendemain, Cinqpoints se leva avec la physionomie harassée d’un homme

qui a mal dormi. Il savait que la visite de son père ne lui présageait

rien de bon. Pendant son déjeuner, je l’entendis murmurer quelques

phrases décousues, et plus tard je l’aperçus devant son secrétaire

occupé à compter ses billets de banque. Il en sépara même une petite

liasse dont je devinai sans peine l’emploi projeté; mais bientôt il

parut se raviser.

--Non, non! murmura-t-il en replaçant l’argent dans un tiroir. En quoi

peut-il me nuire? Quelque rusé qu’il soit, je me flatte d’être son digne

élève.

Il s’empressa de s’habiller afin d’aller présenter ses hommages à la

belle veuve et à l’intéressante orpheline. Dix heures venaient à peine

de sonner qu’il était déjà installé chez elles, leur dictant pour ainsi

dire l’emploi de leur journée:

1º Promenade à cheval au bois de Boulogne;

2º Second déjeuner;

3º Pèlerinage sentimental au tombeau d’Héloïse et d’Abailard;

4º Id. id. chez le pâtissier à la mode;

5º Promenade en voiture aux Champs-Élysées;

6º Dîner de bonne heure au cabaret;

7º Assister à la première représentation de _la Chaste Suzanne_ au

théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Ce programme, sauf les deux derniers articles, obtint l’assentiment de

ces dames.

--Notre soirée est déjà prise, mon cher monsieur Cinqpoints. Une

très-aimable invitation de cette chère lady Bobtail... Lisez vous-même,

dit la veuve en tendant à Percy un billet ainsi conçu:

«Chère lady Griffin,

»Voilà plusieurs siècles qu’on ne vous a vue. Peut-être y a-t-il un

peu de ma faute; mais lord Bobtail et moi, nous sommes tellement

accablés par nos devoirs publics, qu’en vérité nous n’avons pas le

temps de voir nos amis personnels--au nombre desquels lady Griffin

voudra bien nous permettre de la compter. Aujourd’hui, par hasard,

nous avons un moment de répit. Montrez-vous donc charitable et venez

dîner en petit comité à l’ambassade. J’espère que votre aimable

belle-fille voudra bien vous accompagner et nous faire entendre

quelques-unes de ces romances que personne ne chante comme elle.

Peut-être aurais-je dû adresser à miss Griffin une invitation

spéciale; mais elle est trop bonne pour ne pas user d’indulgence

envers une pauvre diplomate qui a tant de lettres à écrire.

»Adieu, ma toute belle. A sept heures, n’est-ce pas? Je ne tiendrai

aucune excuse pour valable. En attendant, croyez aux sentiments

affectueux de

»Votre dévouée,

»ÉLIZA BOBTAIL.»

Un pareil billet, écrit par une ambassadrice et remis par le chasseur de

Son Excellence, était bien fait pour émouvoir une parvenue. Aussi, je

renonce à décrire la joie concentrée de lady Griffin. Longtemps avant la

visite de mon maître, elle avait envoyé Fitzclarence et Mortimer, ses

deux valets de pied, porter à l’ambassade une réponse affirmative.

La lecture de cette gracieuse épître ne causa pas autant d’allégresse à

Cinqpoints. Il devina qu’il y avait une anguille sous roche, qu’un

complot se tramait dans l’ombre.

--Mon vieux renard de père se serait-il déjà mis en campagne? se

demanda-t-il. Ce serait commencer de bonne heure.

Il rendit le billet en haussant les épaules; puis, après avoir hasardé

un _peuh! peuh!_ assez expressif, il déclara qu’à ses yeux une pareille

invitation équivalait à une insulte, dès qu’elle ne s’adressait pas à

une amie intime.

--Lady Bobtail, dit-il, se sera aperçue au dernier moment qu’il y avait

un vide à combler à sa table, voilà tout.

Mais il déploya en vain toutes les ressources de son éloquence

astucieuse; il n’avait pas affaire à une véritable _lady_, à une

pairesse, mais bien à la veuve d’un simple chevalier de l’ordre du Bain,

lequel avait commencé par être mousse à bord d’un navire de la compagnie

des Indes. Lady Griffin n’ayant jamais assisté qu’aux grandes réceptions

de l’ambassade, sentait qu’on l’y regardait comme une parvenue. Elle

était trop heureuse de s’y voir admise sur le pied de l’intimité pour

prêter l’oreille aux sarcasmes de son cavalier servant. Dîner chez lord

Bobtail en petit comité! Pouvait-on refuser un pareil honneur? Non; le

pauvre Percy dut donc se résigner à dîner tout seul ce soir-là. Il passa

néanmoins la plus grande partie de la journée avec elles, les ramena

vers cinq heures, se montra spirituel et enjoué avec milady, tendre et

sentimental avec miss, et ne les quitta que lorsqu’elles furent obligées

de le congédier afin de s’occuper de leur toilette.

Lorsque j’ouvris la porte du salon pour annoncer le cabriolet de mon

maître (car j’étais presque chez moi dans cette maison-là), je le vis

qui tirait un portefeuille de sa poche et le glissait sous un des

coussins du canapé.

--A quel jeu joue-t-il donc là, me demandai-je.

Je sus bientôt le mot de l’énigme. Une heure environ après le départ de

ces dames, Cinqpoints retourna à la place Vendôme, feignant d’être fort

inquiet au sujet d’un portefeuille perdu.

--Demandez à miss Kicksey si je puis lui parler un instant, dit-il à une

des femmes de chambre.

La Kicksey accourut et se déclara enchantée de voir M. Cinqpoints. Puis

elle parut se raviser.

--Je ne sais si, étant seule, je devrais recevoir un jeune homme,

fit-elle en baissant les yeux.

--Ne soyez pas si inhumaine, chère miss Kicksey, reprit mon maître.

Savez-vous que j’avais une double intention en venant ici? D’abord,

chercher un portefeuille que je crois avoir laissé tomber dans le

salon--ensuite, vous prier de prendre en pitié un pauvre célibataire,

qui ne sait que faire de sa soirée et vous supplie de lui donner une

tasse de votre excellent thé.

Comme on le pense bien, la vieille fille se laissa attendrir, et on ne

tarda pas à servir le thé.

--Vous prenez de la crème et du sucre, je crois? demanda-t-elle, d’une

voix de tourterelle enrhumée.

--Oui, chère miss Kicksey, répondit mon maître.

Mais je ne rapporterai pas au long leur conversation. Le lecteur a déjà

deviné pourquoi Cinqpoints se donnait la peine de causer avec la

ci-devant jeune fille. Il voulait tout bonnement apprendre ce qu’elle

savait au sujet du testament de feu sir Georges Griffin. En moins d’une

demi-heure, il l’eut retournée comme un gant. Par malheur, les

renseignements qu’elle se trouvait en état de lui fournir furent loin

d’être aussi complets qu’on aurait pu le désirer. Elle avait entendu

dire que ce bon général avait laissé quelque chose comme deux cent

vingt-cinq mille francs de rente. Lady Griffin et Mathilde donnaient

l’une et l’autre leur signature, lorsqu’il s’agissait d’une vente ou

d’un placement. Le cher défunt paraissait avoir fait une part égale à

chacune d’elles; l’argent était placé soit en rentes sur l’État, soit en

propriétés d’un bon rapport, dont la valeur augmentait chaque jour.

Deux cent vingt-cinq mille francs de rente! Cinqpoints s’éloigna la joue

en feu, en proie à une vive émotion, la première peut-être qu’il eût

éprouvée de sa vie. Il n’avait qu’un mot à dire pour disposer à son gré

de la moitié de cette fortune. Oui; mais était-il bien certain que la

mère et la fille fussent des partis également avantageux? Tout le thé

qu’il venait de boire ne lui apprenait pas cela d’une façon positive.

Quel dommage de ne pouvoir les épouser l’une après l’autre!

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Vers minuit, lady Griffin et sa belle-fille rentrèrent, enchantées de

l’accueil qu’on leur avait fait. Lorsque la voiture s’arrêta, on en vit

descendre un vieux gentleman qui aida galamment ces dames à mettre pied

à terre. Après avoir échangé avec elles des poignées de main pleines

d’un franche cordialité, il annonça qu’il aurait l’honneur de revenir le

lendemain savoir des nouvelles de la charmante lady Griffin et de son

aimable belle-fille. Il insista ensuite pour les reconduire jusqu’à la

porte de leur appartement; mais milady déclara que pour rien au monde

elle ne souffrirait qu’il se donnât cette peine.

--Edward, dit-elle assez haut pour que les gens de l’hôtel pussent

l’entendre, vous reconduirez milord chez lui.

Or, devinez quel était l’aimable gentleman en question? Ni plus ni moins

que le très-honorable comte de Crabs, ce charmant vieillard dont la

conversation m’avait ravi la veille. Le lendemain, Cinqpoints fut

informé de cette rencontre, et il commença à croire qu’il aurait

peut-être mieux fait de ne point mépriser les menaces paternelles.

Bien que les divers incidents du dîner de l’ambassade ne m’aient été

connus que beaucoup plus tard, je ferai aussi bien de les raconter ici.

Je les rapporte donc, sans y changer un mot, tels que je les tiens d’un

témoin oculaire qui assistait à ce repas, debout derrière la chaise de

lord Crabs.

On dîna en petit comité, ainsi que l’avait annoncé lady Bobtail. Le

comte de Crabs se trouva placé entre les deux Griffin, pour lesquelles

il fut plein d’égards et de prévenances.

--Permettez-moi de vous remercier, chère madame, de vous remercier bien

vivement de l’accueil que vous avez bien voulu faire à mon pauvre Percy,

dit-il à lady Griffin entre le potage et le poisson.--Vous êtes trop

jeune pour avoir jamais éprouvé... mais trop sensible, j’en suis sûr,

pour ne pas comprendre... ce qu’un père doit ressentir en face de tout

témoignage d’amitié accordé à son fils. Croyez, ajouta-t-il d’une voix

attendrie, en regardant milady dans le blanc des yeux, croyez bien que

la moindre preuve d’intérêt donnée à Percy m’inspire un vif sentiment de

reconnaissance et d’affection.

Lady Griffin rougit et baissa la tête, l’émotion l’empêchant de

s’apercevoir qu’elle trempait dans son assiette l’extrémité de ses

tresses blondes. Elle avait avalé sans hésitation les flagorneries du

comte de Crabs. Milord, qui avait appris de fort bonne heure l’art

d’entortiller son monde, talent que l’âge n’avait fait que développer

chez lui, ne tarda pas à adresser à miss Griffin un discours non moins

flatteur. Il n’ignorait pas, dit-il, que Percy songeait à en finir avec

la vie de garçon. (_Miss rougit._) Heureux coquin, quel mortel

n’envierait son sort! (_Miss devient écarlate._) Sur ce, le comte poussa

un gros soupir, demanda de la sauce au homard et se mit à manger son

turbot. Mon maître était un roué accompli; mais on ne pouvait pas plus

le placer sur la même ligne que son père qu’on ne songerait à comparer

une taupinière à une montagne. Avant la fin de la soirée, milord avait

fait plus de chemin qu’un autre n’en ferait en six mois. On oubliait son

nez rouge, son gros ventre et ses méchants yeux gris, en écoutant les

flatteries qu’il débitait d’une voix si insinuante et les anecdotes

qu’il racontait si bien. Il charma surtout ses voisines par la douce

piété et les sentiments honorables qui perçaient, comme malgré lui, à

travers la frivole conversation de l’homme du monde. Peut-être me

direz-vous qu’elles se laissèrent fasciner trop vite? Mais veuillez vous

rappeler, cher lecteur, qu’elles arrivaient des Indes, qu’elles

n’avaient encore vu que bien peu de lords, qu’elles adoraient la pairie,

selon la louable coutume de toute Anglaise bien pensante, et qu’elles

faisaient pour ainsi dire leurs premiers pas dans la haute société.

Après dîner, tandis que Mathilde chantait un air italien, le comte de

Crabs accapara de nouveau lady Griffin, et ramena la conversation sur

cet heureux coquin de Percy.

--Quel bonheur pour nous tous, chère madame, dit-il, que Percy ait

trouvé à Paris des amies aussi honorables que vous et miss Griffin!

--Pourquoi donc cela, milord? Je ne vois rien là de bien extraordinaire.

Je présume que l’Honorable M. Cinqpoints ne sera jamais en peine pour

trouver des amis dans la classe où il est né?

--Cela devrait être, en effet. Sa naissance lui a valu bien des amitiés

précieuses à conserver... Mais...

Ici milord hocha la tête et se tut.

--Mais quoi? demanda lady Griffin, riant de l’expression lugubre

empreinte sur le visage de son interlocuteur. Vous plaisantez? Vous ne

voulez pas me donner à entendre que votre fils ne mérite pas l’amitié

des honnêtes gens?

--Non, non, Dieu merci, il n’en est pas encore là. Mais, hélas! je ne

plaisante pas. Ce pauvre garçon... (il faut bien que jeunesse se

passe...) aime le jeu; il est criblé de dettes, que je ne veux plus

payer, et vous savez qu’un jeune homme, dans ces conditions, est

rarement disposé à fréquenter la meilleure société.

--Criblé de dettes! Il prétend, au contraire, qu’il a cinquante mille

francs de rente qu’il tient de sa mère, et ses dépenses ne paraissent

certainement pas excéder son revenu.

Milord hocha de nouveau la tête, et reprit, d’un ton tristement ému:

--Ma chère lady Griffin veut-elle me promettre le secret? Sachez que

Percy ne possède rien au monde qu’une rente de vingt-cinq mille francs

_que je lui fais_, et qu’il est affreusement endetté. Il a perdu au jeu

des sommes énormes. Voilà pourquoi je suis si heureux de le voir admis

dans l’intimité d’une famille honorable où, sous l’influence d’attraits

plus purs et plus puissants, il pourra oublier les émotions du tapis

vert et la mauvaise compagnie qui a failli le perdre.

Lady Griffin n’avait plus la moindre envie de rire. Cinqpoints ne

l’aimait donc pas? Il n’en voulait donc qu’à sa fortune? Comment en

douter? Le dénonciateur involontaire n’était-il pas le meilleur ami du

coupable, un pair du royaume-uni de Grande-Bretagne et d’Irlande,

incapable par conséquent de mentir? Lady Griffin se décida à tenter une

épreuve décisive. Elle comprit combien elle aimait Percy en sentant

combien elle pourrait le haïr si elle découvrait qu’il l’avait trompée.

La soirée se termina sans autre incident digne de remarque, et les trois

convives s’en retournèrent ensemble place Vendôme, où ils se séparèrent,

ainsi que nous l’avons vu, milord pour se faire reconduire par le cocher

de ses nouvelles amies, celles-ci pour remonter chez elles.

Elles y trouvèrent l’infortunée Kicksey, qui, par extraordinaire, avait

emprunté les traits d’une femme heureuse. A voir son visage rayonnant,

on reconnaissait qu’elle était grosse d’un secret dont elle avait hâte

d’accoucher. Tout en versant le thé, elle s’écria:

--Milady, vous ne devineriez jamais qui m’a fait le plaisir de passer la

soirée avec moi?

--Probablement Lenoir, ma femme de chambre? répondit lady Griffin d’un

ton sévère. Je regrette, Jemina, que vous vous abaissiez jusqu’à

rechercher la société de mes gens. N’oubliez pas que vous êtes ma sœur.

--Du tout, il ne s’agit nullement de Lenoir, mais d’un jeune homme et

même d’un beau jeune homme.

--Ah, j’y suis! s’écria miss Mathilde. C’est le chevalier de l’Orge; il

avait promis de m’apporter des cordes pour ma guitare.

--Ce n’est pas M. de l’Orge non plus. Il est bien venu; mais il n’a pas

eu la politesse de demander après moi. Mon visiteur n’est autre que

votre aimable cavalier, l’Honorable Percy Cinqpoints.

En annonçant cette bonne fortune, la pauvre Kicksey prit un air aussi

joyeux que si elle venait d’hériter d’un oncle millionnaire.

--M. Cinqpoints? Et qu’est-il venu faire ici? demanda milady, qui

songeait justement à l’étrange confidence que le comte de Crabs avait

jugé à propos de lui faire.

--D’abord il avait égaré son portefeuille, que nous avons retrouvé sur

le canapé; puis ne sachant où passer la soirée, il m’a demandé une tasse

de thé (il a dit _de mon excellent thé_), et il est resté plus d’une

heure à causer avec moi.

--Et oserais-je vous demander quel a été le sujet de votre conversation?

Avez-vous parlé musique ou beaux-arts, politique ou métaphysique?

demanda d’un ton railleur miss Mathilde, qui était un vrai bas-bleu,

comme le sont la plupart des bossues et des laiderons.

--Non vraiment, il n’a pas été question de tout cela; autrement,

Mathilde, vous savez bien que je n’y aurais rien compris. Nous avons

causé du temps, de chiens, de chevaux, du jardin des Plantes, des

différentes espèces de thé. Il préfère le Souchon au Congo. Le thé vert

l’empêche de dormir. Puis nous avons parlé d’éléphants, puis des Indes,

et enfin (ici la voix de miss Kicksey baissa de plusieurs notes) de ce

cher sir Georges... M. Cinqpoints n’ignore pas quel bon mari il

faisait...

--Ni quelle fortune il a laissée, hein, miss Kicksey? interrompit milady

avec un petit ricanement diabolique.

--Oui, ma chère Léonore, il sait tout cela. Il s’intéresse tellement à

vous et à Mathilde, que je ne me lasserais jamais de l’écouter. Selon

lui les femmes n’entendent rien aux affaires et il craignait qu’étant

trop confiantes vous ne fussiez volées par vos gens.

--Et qu’avez-vous répondu à cela, s’il vous plaît? demanda lady Griffin.

--Je l’ai rassuré en lui apprenant que votre fortune s’élève à environ

deux cent vingt-cinq mille francs de rente, et que vous ne dépensez que

les deux tiers de votre revenu.

--Et puis?

--Et puis, c’est tout.

--M. Cinqpoints ne vous a-t-il pas demandé à laquelle de nous deux

appartient cette fortune?

--Oui; mais je n’ai pu lui donner aucun renseignement là-dessus.

--Je le savais! s’écria milady, en posant brusquement sa tasse sur la

table. J’en étais sûre!

--Et pourquoi pas, lady Griffin? interrompit miss Mathilde. Parce que M.

Cinqpoints adresse à votre sœur une question innocente, est-ce une

raison pour briser ainsi votre tasse? Il n’est pas mercenaire, _lui_! Il

possède une assez bonne part des biens de ce monde pour ne rien envier

aux autres. Souvent, bien souvent, il m’a dit qu’il espère choisir pour

femme quelque jeune fille sans fortune, qui ne pourra douter de la

sincérité de son amour.

--Je le crois sans peine, s’écria milady... Peut-être la femme de son

choix est-elle la charmante miss Griffin?

Elle s’éloigna sans attendre la réponse, laissant Mathilde fondre en

larmes et verser ses douleurs dans le sein de la fidèle Kicksey.

Les mémoires d'un valet de pied · 第 33 / 50 题