Pierrette ne se recoucha pas. Pour elle, l'arrivée de Brigaut était un

événement immense. Pendant la nuit, cet Éden des malheureux, elle

échappait aux ennuis, aux tracasseries qu'elle avait à supporter durant

la journée. Semblable au héros de je ne sais quelle ballade allemande

ou russe, son sommeil lui paraissait être une vie heureuse, et le jour

était un mauvais rêve. Après trois années, elle venait d'avoir pour

la première fois un réveil agréable. Les souvenirs de son enfance

avaient mélodieusement chanté leurs poésies dans son âme. Le premier

couplet, elle l'avait entendu en rêve, le second l'avait fait lever

en sursaut, au troisième elle avait douté: les malheureux sont de

l'école de saint Thomas. Au quatrième couplet, arrivée en chemise et

nu-pieds à sa croisée, elle avait reconnu Brigaut, son ami d'enfance.

Ah! c'était bien cette veste carrée à petites basques brusquement

coupées et dont les poches ballottent à la chute des reins, la veste

de drap bleu classique en Bretagne, le gilet de rouennerie grossière,

la chemise de toile fermée par un cœur d'or, le grand col roulé, les

boucles d'oreilles, les gros souliers, le pantalon de toile bleue

écrue, inégalement déteinte par longueurs de fil, enfin toutes ces

choses humbles et fortes qui constituent le costume d'un pauvre Breton.

Les gros boutons en corne blanche du gilet et de la veste firent

battre le cœur de Pierrette. A la vue du bouquet d'ajonc, ses yeux se

mouillèrent de larmes, puis une horrible terreur lui comprima dans

l'âme les fleurs de son souvenir un moment épanouies. Elle pensa que sa

cousine avait pu l'entendre se levant et marchant à sa croisée, elle

devina la vieille fille et fit à Brigaut ce signe de frayeur auquel

le pauvre Breton s'était empressé d'obéir sans y rien comprendre.

Cette soumission instinctive ne peint-elle pas une de ces affections

innocentes et absolues comme il y en a, de siècle en siècle, sur cette

terre, où elles fleurissent comme l'aloès à l'_Isola bella_, deux ou

trois fois en cent ans? Qui eût vu Brigaut se sauvant aurait admiré

l'héroïsme le plus naïf du plus naïf sentiment. Jacques Brigaut était

digne de Pierrette Lorrain, qui finissait sa quatorzième année: deux

enfants! Pierrette ne put s'empêcher de pleurer en le regardant lever

le pied avec l'effroi que son geste lui avait communiqué. Puis elle

revint s'asseoir sur un méchant fauteuil, en face d'une petite table

au-dessus de laquelle se trouvait un miroir. Elle s'y accouda, se mit

la tête dans les mains et resta là pensive pendant une heure, occupée

à se remémorer le Marais, le bourg de Pen-Hoël, les périlleux voyages

entrepris sur un étang dans un bateau détaché pour elle d'un vieux

saule par le petit Jacques, puis les vieilles figures de sa grand'mère,

de son grand-père, la tête souffrante de sa mère et la belle

physionomie du major Brigaut, enfin toute une enfance sans soucis!

Ce fut encore un rêve: des joies lumineuses sur un fond grisâtre.

Elle avait ses beaux cheveux cendrés en désordre sous un petit bonnet

chiffonné pendant son sommeil, un petit bonnet en percale et à ruches

qu'elle s'était fait elle-même. De chaque côté des tempes il passait

des boucles échappées de leurs papillotes en papier gris. Derrière la

tête, une grosse natte aplatie pendait déroulée. La blancheur excessive

de sa figure trahissait une de ces horribles maladies de jeune fille

à laquelle la médecine a donné le nom gracieux de _chlorose_, et qui

prive le corps de ses couleurs naturelles, qui trouble l'appétit et

annonce de grands désordres dans l'organisme. Ce ton de cire existait

dans toute la carnation. Le cou et les épaules expliquaient par

leur pâleur d'herbe étiolée la maigreur des bras jetés en avant et

croisés. Les pieds de Pierrette paraissaient amollis, amoindris par la

maladie. Sa chemise ne tombait qu'à mi-jambe et laissait voir des nerfs

fatigués, des veines bleuâtres, une carnation appauvrie. Le froid qui

l'atteignit lui rendit les lèvres d'un beau violet. Le triste sourire

qui tira les coins de sa bouche assez délicate montra des dents d'un

ivoire fin et d'une forme menue, de jolies dents transparentes qui

s'accordaient avec ses oreilles fines, avec son nez un peu pointu mais

élégant, avec la coupe de son visage, qui, malgré sa parfaite rondeur,

était mignonne. Toute l'animation de ce charmant visage se trouvait

dans des yeux dont l'iris, couleur tabac d'Espagne et mélangé de points

noirs, brillait par des reflets d'or autour d'une prunelle profonde et

vive. Pierrette avait dû être gaie, elle était triste. Sa gaieté perdue

existait encore dans la vivacité des contours de l'œil, dans la grâce

ingénue de son front et dans les méplats de son menton court. Ses longs

cils se dessinaient comme des pinceaux sur ses pommettes altérées par

la souffrance. Le blanc, prodigué outre mesure, rendait d'ailleurs les

lignes et les détails de la physionomie très-purs. L'oreille était un

petit chef-d'œuvre de sculpture: vous eussiez dit du marbre. Pierrette

souffrait de bien des manières. Aussi peut-être voulez-vous son

histoire? la voici.

La mère de Pierrette était une demoiselle Auffray, de Provins, sœur

consanguine de madame Rogron, mère des possesseurs actuels de cette

maison.

Marié d'abord à dix-huit ans, monsieur Auffray avait contracté vers

soixante-neuf ans un second mariage. De son premier lit, était issue

une fille unique assez laide et mariée dès l'âge de seize ans à un

aubergiste de Provins nommé Rogron.

De son second lit, le bonhomme Auffray eut encore une fille, mais

charmante. Ainsi, par un effet assez bizarre, il y eut une énorme

différence d'âge entre les deux filles de monsieur Auffray: celle du

premier lit avait cinquante ans quand celle du second naissait. Lorsque

son vieux père lui donnait une sœur, madame Rogron avait deux enfants

majeurs.

A dix-huit ans, la fille du vieillard amoureux fut mariée selon son

inclination à un officier breton nommé Lorrain, capitaine dans la

Garde impériale. L'amour rend souvent ambitieux. Le capitaine, qui

voulut devenir promptement colonel, passa dans la Ligne. Pendant que

le chef de bataillon et sa femme, assez heureux de la pension à eux

faite par monsieur et madame Auffray, brillaient à Paris ou couraient

en Allemagne au gré des batailles et des paix impériales, le vieil

Auffray, ancien épicier de Provins, mourut à quatre-vingt-huit ans

sans avoir eu le temps de faire aucune disposition testamentaire. La

succession du bonhomme fut si bien manœuvrée par l'ancien aubergiste

et par sa femme, qu'ils en absorbèrent la plus grande partie, et ne

laissèrent à la veuve du bonhomme Auffray que la maison du défunt sur

la petite place et quelques arpents de terre. Cette veuve, mère de la

petite madame Lorrain, n'avait à la mort de son mari que trente-huit

ans. Comme beaucoup de veuves, elle eut l'idée malsaine de se remarier.

Elle vendit à sa belle-fille, la vieille madame Rogron, les terres et

la maison qu'elle avait gagnées en vertu de son contrat de mariage,

afin de pouvoir épouser un jeune médecin nommé Néraud, qui lui dévora

sa fortune. Elle mourut de chagrin et dans la misère deux ans après.

La part qui aurait pu revenir à madame Lorrain dans la succession

Auffray disparut donc en grande partie, et se réduisit à environ

huit mille francs. Le major Lorrain mourut sur le champ d'honneur

à Montereau, laissant sa veuve chargée, à vingt et un ans, d'une

petite fille de quatorze mois, sans autre fortune que la pension à

laquelle elle avait droit et la succession à venir de monsieur et

madame Lorrain, détaillants à Pen-Hoël, bourg vendéen situé dans le

pays appelé le Marais. Ces Lorrain, père et mère de l'officier mort,

grand-père et grand'mère paternels de Pierrette Lorrain, vendaient

le bois nécessaire aux constructions, des ardoises, des tuiles, des

faîtières, des tuyaux, etc. Leur commerce, soit incapacité, soit

malheur, allait mal et leur fournissait à peine de quoi vivre. La

faillite de la célèbre maison Collinet de Nantes, causée par les

événements de 1814, qui produisirent une baisse subite dans les denrées

coloniales, venait de leur enlever vingt-quatre mille francs qu'ils y

avaient déposés. Aussi leur belle-fille fut-elle bien reçue. La veuve

du major apportait une pension de huit cents francs, somme énorme à

Pen-Hoël. Les huit mille francs que son beau-frère et sa sœur Rogron

lui envoyèrent après mille formalités entraînées par l'éloignement,

elle les confia aux Lorrain, en prenant toutefois une hypothèque sur

une petite maison qu'ils possédaient à Nantes, louée cent écus, et qui

valait à peine dix mille francs.

Madame Lorrain la jeune mourut trois ans après le second et fatal

mariage de sa mère, en 1819, presque en même temps qu'elle. L'enfant du

vieil Auffray et de sa jeune épouse était frêle, petite et malingre:

l'air humide du Marais lui fut contraire. La famille de son mari

lui persuada pour la garder que, dans aucun autre endroit du monde,

elle ne trouverait un pays plus sain ni plus agréable que le Marais,

témoin des exploits de Charette. Elle fut si bien dorlotée, soignée,

cajolée, que cette mort fit le plus grand honneur aux Lorrain. Quelques

personnes prétendent que Brigaut, un ancien Vendéen, un de ces hommes

de fer qui avaient servi sous Charette, sous Mercier, sous le marquis

de Montauran et sous le baron du Guénic dans les guerres contre la

République, était pour beaucoup dans la résignation de madame Lorrain

la jeune. S'il en fut ainsi, certes ce serait d'une âme excessivement

aimante et dévouée. Tout Pen-Hoël voyait d'ailleurs Brigaut, nommé

respectueusement _le major_, grade qu'il avait eu dans les armées

catholiques, passant ses journées et ses soirées dans la salle auprès

de la veuve du major impérial. Vers les derniers temps, le curé de

Pen-Hoël s'était permis quelques représentations à la vieille dame

Lorrain: il l'avait priée de décider sa belle-fille à épouser Brigaut,

en promettant de faire nommer le major juge de paix du canton de

Pen-Hoël par la protection du vicomte de Kergarouët. La mort de la

pauvre jeune femme rendit la proposition inutile. Pierrette resta chez

ses grands-parents, qui lui devaient quatre cents francs d'intérêt

par an, naturellement appliqués à son entretien. Ces vieilles gens,

de plus en plus impropres au commerce, eurent un concurrent actif et

ingénieux contre lequel ils disaient des injures sans rien tenter

pour se défendre. Le major, leur conseil et leur ami, mourut six mois

après son amie, peut-être de douleur et peut-être de ses blessures: il

en avait reçu vingt-sept. En bon commerçant, le mauvais voisin voulut

ruiner ses adversaires afin d'éteindre toute concurrence. Il fit prêter

de l'argent aux Lorrain sur leur signature, en prévoyant qu'ils ne

pourraient rembourser, et les força dans leurs vieux jours à déposer

leur bilan. L'hypothèque de Pierrette fut primée par l'hypothèque

légale de sa grand'mère, qui s'en tint à ses droits pour conserver un

morceau de pain à son mari. La maison de Nantes fut vendue neuf mille

cinq cents francs, et il y eut pour quinze cents francs de frais. Les

huit mille francs restant revinrent à madame Lorrain, qui les plaça sur

hypothèque afin de pouvoir vivre à Nantes dans une espèce de béguinage

semblable à celui de Sainte-Périne de Paris et nommé Saint-Jacques, où

ces deux vieillards eurent le vivre et le couvert moyennant une modique

pension. Dans l'impossibilité de garder avec eux leur petite-fille

ruinée, les vieux Lorrain se souvinrent de son oncle et de sa tante

Rogron, auxquels ils écrivirent. Les Rogron de Provins étaient morts.

La lettre des Lorrain aux Rogron semblait donc devoir être perdue.

Mais, si quelque chose ici-bas peut suppléer la Providence, n'est-ce

pas la Poste aux lettres? L'esprit de la Poste, incomparablement

au-dessus de l'esprit public, qui ne rapporte pas d'ailleurs autant,

dépasse en invention l'esprit des plus habiles romanciers. Quand la

Poste possède une lettre, valant pour elle de trois à dix sous, sans

trouver immédiatement celui ou celle à qui elle doit la remettre, elle

déploie une sollicitude financière dont l'analogue ne se rencontre que

chez les créanciers les plus intrépides. La Poste va, vient, furette

dans les 86 départements. Les difficultés surexcitent le génie des

employés, qui souvent sont des gens de lettres, et qui se mettent alors

à la recherche de l'Inconnu avec l'ardeur des mathématiciens du Bureau

des Longitudes: ils fouillent tout le royaume. A la moindre lueur

d'espérance, les bureaux de Paris se remettent en mouvement. Souvent

il vous arrive de rester stupéfait en reconnaissant les gribouillages

qui zèbrent le dos et le ventre de la lettre, glorieuses attestations

de la persistance administrative avec laquelle la Poste s'est remuée.

Si un homme entreprenait ce que la Poste vient d'accomplir, il aurait

perdu dix mille francs en voyages, en temps, en argent, pour recouvrer

douze sous. La Poste a décidément encore plus d'esprit qu'elle n'en

porte. La lettre des Lorrain, adressée à monsieur Rogron de Provins,

décédé depuis une année, fut envoyée par la Poste à monsieur Rogron,

son fils, mercier, rue Saint-Denis, à Paris. En ceci éclate l'esprit de

la Poste. Un héritier est toujours plus ou moins tourmenté de savoir

s'il a bien tout ramassé d'une succession, s'il n'a pas oublié des

créances ou des guenilles. Le Fisc devine tout, même les caractères.

Une lettre adressée au vieux Rogron de Provins mort devait piquer la

curiosité de Rogron fils, à Paris, ou de mademoiselle Rogron, sa sœur,

ses héritiers. Aussi le Fisc eut-il ses soixante centimes.

Les Rogron, vers lesquels les vieux Lorrain, au désespoir de se séparer

de leur petite-fille, tendaient des mains suppliantes, devaient donc

être les arbitres de la destinée de Pierrette Lorrain. Il est alors

indispensable d'expliquer leurs antécédents et leur caractère.

Le père Rogron, cet aubergiste de Provins à qui le vieil Auffray

avait donné la fille de son premier lit, était un personnage à

figure enflammée, à nez veineux, et sur les joues duquel Bacchus

avait appliqué ses pampres rougis et bulbeux. Quoique gros, court et

ventripotent, à jambes grasses et à mains épaisses, il était doué de

la finesse des aubergistes de Suisse, auxquels il ressemblait. Sa

figure représentait vaguement un vaste vignoble grêlé. Certes, il

n'était pas beau, mais sa femme lui ressemblait. Jamais couple ne fut

mieux assorti. Rogron aimait la bonne chère et à se faire servir par

de jolies filles. Il appartenait à la secte des égoïstes dont l'allure

est brutale, qui s'adonnent à leurs vices et font leurs volontés à

la face d'Israël. Avide, intéressé, peu délicat, obligé de pourvoir

à ses fantaisies, il mangea ses gains jusqu'au jour où les dents

lui manquèrent. L'avarice resta. Sur ses vieux jours, il vendit son

auberge, ramassa, comme on l'a vu, presque toute la succession de son

beau-père, et se retira dans la petite maison de la place, achetée

pour un morceau de pain à la veuve du père Auffray, la grand'mère de

Pierrette. Rogron et sa femme possédaient environ deux mille francs de

rente, provenant de la location de vingt-sept pièces de terre situées

autour de Provins, et les intérêts du prix de leur auberge, vendue

vingt mille francs. La maison du bonhomme Auffray, quoique en fort

mauvais état, fut habitée telle quelle par ces anciens aubergistes qui

se gardèrent, comme de la peste, d'y toucher: les vieux rats aiment

les lézardes et les ruines. L'ancien aubergiste, qui prit goût au

jardinage, employa ses économies à l'augmentation du jardin; il le

poussa jusqu'au bord de la rivière, il en fit un carré long, encaissé

entre deux murailles et terminé par un empierrement où la nature

aquatique, abandonnée à elle-même, déployait les richesses de sa Flore.

Au début de leur mariage, ces Rogron avaient eu de deux en deux ans,

une fille et un fils: tout dégénère, leurs enfants furent affreux.

Mis en nourrice à la campagne et à bas prix, ces malheureux enfants

revinrent avec l'horrible éducation du village, ayant crié long-temps

et souvent après le sein de leur nourrice qui allait aux champs, et

qui, pendant ce temps, les enfermait dans une de ces chambres noires,

humides et basses qui servent d'habitation au paysan français. A ce

métier, les traits de ces enfants grossirent, leur voix s'altéra; ils

flattèrent médiocrement l'amour-propre de la mère, qui tenta de les

corriger de leurs mauvaises habitudes par une rigueur que celle du

père convertissait en tendresse. On les laissa courailler dans les

cours, écuries et dépendances de l'auberge, ou trotter par la ville;

on les fouettait quelquefois; quelquefois on les envoyait chez leur

grand-père Auffray, qui les aimait très-peu. Cette injustice fut une

des raisons qui encouragèrent les Rogron à se faire une large part dans

la succession de ce _vieux scélérat_. Cependant le père Rogron mit son

fils à l'École, il lui acheta un homme, un de ses charretiers, afin

de le sauver de la Réquisition. Dès que sa fille Sylvie eut treize

ans, il la dirigea sur Paris en qualité d'apprentie dans une maison

de commerce. Deux ans après, il expédia son fils Jérôme-Denis par la

même voie. Quand ses amis, ses compères les rouliers ou ses habitués

lui demandaient ce qu'il comptait faire de ses enfants, le père Rogron

expliquait son système avec une brièveté qui avait, sur celui de la

plupart des pères, le mérite de la franchise.

--Quand ils seront en âge de me comprendre, je leur donnerai un coup de

pied, vous savez où? en leur disant: «Va faire fortune!» répondait-il

en buvant ou s'essuyant les lèvres du revers de sa main. Puis il

regardait son interlocuteur en clignant les yeux d'un air fin:--Hé! hé!

ils ne sont pas plus bêtes que moi, ajoutait-il. Mon père m'a donné

trois coups de pied, je ne leur en donnerai qu'un; il m'a mis un louis

dans la main, je leur en mettrai dix: ils seront donc plus heureux

que moi. Voilà la bonne manière. Eh! bien, après moi, ce qui restera,

restera; les notaires sauront bien le leur trouver. Ce serait drôle de

se gêner pour ses enfants!... Les miens me doivent la vie, je les ai

nourris, je ne leur demande rien; ils ne sont pas quittes, eh! voisin?

J'ai commencé par être charretier, et ça ne m'a pas empêché d'épouser

la fille à ce vieux scélérat de père Auffray.

La Comédie humaine - Volume 05. Scènes de la vie de Province - Tome 01 · 第 36 / 48 段