Samedi, 11 mars 1815.
Votre aimable réponse est parfaite en tout point, et je l'adopte dans
tout son entier. Les croix et les médailles vont être distribuées tout à
l'heure, et je distribuerai aussi la monnaie morale, enfin je suivrai,
de point en point, tous vos excellents avis. Je renonce, de bien bon
gré, à tout ce que je vous avais proposé, et que vous n'approuvez pas,
et je trouve que vous avez raison et que je n'en avais pas. J'ai remis à
l'agent, depuis plusieurs jours, le petit paquet cacheté de l'adorable
princesse, je ne sais pas ce qu'il contient. Décidez de ce qu'il en faut
faire. Je renonce à l'emploi que je vous avais proposé, et c'est sans le
moindre regret. Permettez-moi seulement de vous faire toutes les
propositions qui me passeront par la tête. Je trouve parfaitement bien
que nous tenions séparés nos deux sexes. D'ailleurs, comme vous
l'observez, ces modestes enfants sont d'une grande édification, pour les
assistants. Je faisais assister les garçons à la paroisse, à la
grand'messe et à vêpres, aux grandes fêtes. Peut-être cet usage
seroit-il bon à reprendre. Peut-être faudroit-il les y faire aller plus
souvent, et dans une des chapelles collatérales, comme les filles.
Réfléchissez là-dessus dans votre sagesse. Entendons-nous pour faire de
notre institution un modèle pour toutes les autres. Vous me trouverez
bien disposé à abandonner tout ce qui ne vous paroîtra pas propre à
atteindre ce but et à adopter pleinement, et sans restriction aucune,
tout ce que vous proposerez.
Adieu, aimable et excellent camarade. Tous les jours, je bénis la
Providence de tous les avantages que notre maison retire et retirera de
votre dévouement. Conservez-nous ce tendre intérêt qui fait mon bonheur
et aimez-moi comme je vous aime.
L'abbé SICARD.