Paris, le 15 janvier 1815.
_Le directeur de l'Institution des sourds-muets, administrateur des
hospices de bienfaisance, membre de l'Institut de France et de
plusieurs académies, chanoine de l'église de Paris, membre de la
Légion d'honneur et des ordres de Saint-Wladimir de Russie et de
Wasa de Suède._
«_A mon bon Laya._
«Vous aurez, mon cher ami, j'aime à m'en flatter, du plaisir à
apprendre, tout le premier, que la nouvelle débitée par les journaux à
l'occasion de l'ordre de Wasa, qu'ils ont dit m'avoir été donné par le
roi de Suède, vient d'être confirmée. C'est la reine elle-même qui
vient de m'en envoyer directement la décoration par une lettre écrite de
sa main. Celui qui me l'a remise m'a dit qu'il fallait la faire imprimer
dans les journaux, et que le _Moniteur_ devait en avoir la primeur. Je
vous envoie l'original et la copie de cette charmante lettre, pour que
vous ayez la bonté d'engager l'ami Sauvo à ne pas en retarder
l'insertion, et je dois vous l'avouer (on avoue ses faiblesses à l'ami
qu'on chérit le plus), afin que l'éloquence du coeur du chantre
d'Eusèbe dise un petit mot en faveur de celui à qui la reine adresse
cette lettre flatteuse.
«Conservez précieusement l'original pour le montrer, s'il est
nécessaire, à M. Sauvo. La copie servira aux imprimeurs. En vous
demandant de l'encadrer dans un petit mot d'éloge, je me constitue
d'avance votre _débiteur_.
«Adieu, mon ami, je vous embrasse tous deux avec _votre permission_.
«L'abbé SICARD.»
«P. S. J'enverrai chercher demain l'original.»