Un être qui ne vivrait que par le sentiment, et chez qui l'intelligence
serait totalement inculte, totalement inactive, serait, à coup sûr, un
être incomplet. Beaucoup de femmes sont probablement dans ce cas. Mais
n'est-il pas beaucoup d'hommes en qui le travail du cerveau a totalement
atrophié les facultés aimantes? La plupart des savants, ou seulement des
hommes adonnés à des professions purement lucratives, à la chicane, à
la politique ambitieuse, beaucoup d'artistes, de gens de lettres, ne
sont-ils pas dans le même cas? Ce sont des êtres incomplets, et, j'ose
le dire, le plus fâcheusement, le plus dangereusement incomplets de
tous! Or donc, l'induction des pédants, qui concluent de l'inaction
sociale apparente de la femme, qu'elle est d'une nature inférieure, est
d'un raisonnement...