CAHIER N° 4.--TRAVAIL.

.....Je ne puis nier ces différences, bien que je ne les aperçoive pas

et qu'il me soit impossible de les constater par ma propre expérience.

L'être moral de la femme diffère du nôtre, à coup sûr, autant que son

être physique. Dans le seul fait d'avoir accepté si longtemps et si

aveuglément son état de contrainte et d'infériorité sociale, il y a

quelque chose de capital qui suppose plus de douceur ou plus de timidité

qu'il n'y en a chez l'homme.

Cependant le pauvre aussi, le travailleur sans capital, qui certes n'est

pas généralement faible et pusillanime, accepte depuis le commencement

des sociétés la domination du riche et du puissant. C'est qu'il n'a pas

reçu, plus que la femme, par l'éducation, l'initiation à l'égalité...

Il y a de mystérieuses et profondes affinités entre ces deux êtres, le

pauvre et la femme.

La femme est pauvre sous le régime d'une communauté dont son mari est

chef; le pauvre est femme, puisque l'enseignement, le développement, est

refusé à son intelligence, et que le coeur seul vit en lui.

Examinons ces rapports profonds et délicats qui me frappent, et qui

peuvent me conduire à une solution.

Les voies incidentes sont parfois les plus directes. Recherchons

d'abord.

Isidora · 第 27 / 76 题