.....Je ne puis nier ces différences, bien que je ne les aperçoive pas
et qu'il me soit impossible de les constater par ma propre expérience.
L'être moral de la femme diffère du nôtre, à coup sûr, autant que son
être physique. Dans le seul fait d'avoir accepté si longtemps et si
aveuglément son état de contrainte et d'infériorité sociale, il y a
quelque chose de capital qui suppose plus de douceur ou plus de timidité
qu'il n'y en a chez l'homme.
Cependant le pauvre aussi, le travailleur sans capital, qui certes n'est
pas généralement faible et pusillanime, accepte depuis le commencement
des sociétés la domination du riche et du puissant. C'est qu'il n'a pas
reçu, plus que la femme, par l'éducation, l'initiation à l'égalité...
Il y a de mystérieuses et profondes affinités entre ces deux êtres, le
pauvre et la femme.
La femme est pauvre sous le régime d'une communauté dont son mari est
chef; le pauvre est femme, puisque l'enseignement, le développement, est
refusé à son intelligence, et que le coeur seul vit en lui.
Examinons ces rapports profonds et délicats qui me frappent, et qui
peuvent me conduire à une solution.
Les voies incidentes sont parfois les plus directes. Recherchons
d'abord.