-Les beaux jours de _Rabagas_ sont revenus. Lundi dernier, un certain
nombre de spectateurs, ou plutôt de manifestants, se sont mis en tête
d'empêcher les comédiens du Théâtre-Français de continuer les
représentations de la pièce de M. Sardou, _Thermidor_, en essayant de
couvrir la voix des acteurs par le bruit des sifflets et des hurlements
variés. On a même été jusqu'à jeter des sous sur la scène, et un de ses
projectiles a failli blesser M. Coquelin, qui est rentré, dit-on, dans
les coulisses fort surexcité. A la sortie, les manifestants qui ne
veulent pas qu'on touche à Robespierre, quelque peu malmené par
l'auteur, se sont organisés en tribunal révolutionnaire et ont proclamé,
au milieu de la rue, la condamnation sans appel, non seulement de
l'auteur, mais du directeur des Beaux-Arts, qui a autorisé la pièce, et
de M. Claretie qui l'a soumise au public.
On sait que devant la menace d'une interpellation, le gouvernement a
interdit les représentations de la pièce. Espérons que ce n'est qu'une
suspension temporaire.
Nécrologie.--M. Alexandre, ancien président de chambre à la cour d'appel
de Paris.