La représentation de «Thermidor.»

-Les beaux jours de _Rabagas_ sont revenus. Lundi dernier, un certain

nombre de spectateurs, ou plutôt de manifestants, se sont mis en tête

d'empêcher les comédiens du Théâtre-Français de continuer les

représentations de la pièce de M. Sardou, _Thermidor_, en essayant de

couvrir la voix des acteurs par le bruit des sifflets et des hurlements

variés. On a même été jusqu'à jeter des sous sur la scène, et un de ses

projectiles a failli blesser M. Coquelin, qui est rentré, dit-on, dans

les coulisses fort surexcité. A la sortie, les manifestants qui ne

veulent pas qu'on touche à Robespierre, quelque peu malmené par

l'auteur, se sont organisés en tribunal révolutionnaire et ont proclamé,

au milieu de la rue, la condamnation sans appel, non seulement de

l'auteur, mais du directeur des Beaux-Arts, qui a autorisé la pièce, et

de M. Claretie qui l'a soumise au public.

On sait que devant la menace d'une interpellation, le gouvernement a

interdit les représentations de la pièce. Espérons que ce n'est qu'une

suspension temporaire.

Nécrologie.--M. Alexandre, ancien président de chambre à la cour d'appel

de Paris.

L'Illustration, No. 2501, 31 Janvier 1891 · 第 15 / 32 题