Le Conseil supérieur des colonies.--

Depuis plusieurs années, le conseil supérieur des colonies ne s'était

pas réuni. M. Etienne, sous-secrétaire d'État, vient de le convoquer

pour lui soumettre deux projets d'une réelle importance.

L'un de ces projets concerne l'organisation politique et administrative

de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion. L'exposé des motifs

de la loi proposée par le sous-secrétaire d'État dit qu'il y a lieu

d'accorder, sans plus tarder, le régime du droit commun à ceux de nos

établissements d'Outre-Mer qui sont en situation d'en recueillir les

bénéfices et dont l'état social se rapproche le plus de celui de la

Métropole. La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion sont donc tout

indiquées pour fournir un type nouveau d'organisation coloniale et

échapper au régime des décrets, en vigueur jusqu'ici.

En vertu de cette nouvelle organisation, les gouvernements deviennent

les chefs actifs de toute l'administration; ils sont assistés d'un

secrétaire général. Ils disposent des forces de terre et de mer et

peuvent, en cas de besoin, requérir les forces navales de passage dans

les eaux de leur gouvernement, le commandant en chef restant juge,

toutefois, de la suite qu'il convient de donner à ces réquisitions. Mais

il est expressément établi que le caractère du gouverneur est

essentiellement civil, et qu'en aucun cas et sous aucun prétexte il ne

peut prendre le commandement des troupes.

L'autre projet présenté par M. Etienne est relatif à l'Indo-Chine. Il

fixe à Hanoï la résidence du gouverneur général et supprime le conseil

supérieur de l'Indo-Chine. Un conseil du protectorat, dont feront partie

les hauts fonctionnaires au Tonkin et en Annam, et quelques-uns des

fonctionnaires annamites désignés par le gouverneur général, sera

institué à Hanoï.

L'Illustration, No. 2501, 31 Janvier 1891 · 第 14 / 32 题