M. Jules Roche, ministre du commerce, vient d'instituer dans son
département un «Conseil supérieur du travail» dont il a indiqué lui-même
le caractère dans le rapport qu'il a adressé à ce sujet au président de
la République.
Dans la pensée du ministre, ce conseil sera essentiellement un
instrument d'études pour examiner les projets et pour préparer les
solutions sur lesquelles le parlement aura à se prononcer. Il est
destiné à fournir d'une manière rapide et sûre les renseignements
concernant les questions ouvrières, que l'on n'a pu obtenir jusqu'ici
qu'en ouvrant des enquêtes longues et coûteuses, enquêtes dont les
résultats n'ont pas répondu, la plupart du temps, à l'effort déployé.
Afin de permettre à toutes les opinions de se produire, M. Jules Roche a
décidé que le Conseil serait composé pour un tiers de membres du
parlement et, en général, de personnes particulièrement versées dans les
matières économiques et sociales, et, pour les deux autres tiers, en
nombre égal, de patrons et d'ouvriers. Pour ces derniers, son choix
s'est porté principalement sur des membres des conseils des prud'hommes,
secrétaires généraux des syndicats, anciens délégués, etc., c'est-à-dire
sur des ouvriers déjà désignés par leurs camarades, par conséquent
possédant leur confiance et pouvant apprécier judicieusement les mesures
propres à améliorer la situation des travailleurs.