Le conseil supérieur du travail.--

M. Jules Roche, ministre du commerce, vient d'instituer dans son

département un «Conseil supérieur du travail» dont il a indiqué lui-même

le caractère dans le rapport qu'il a adressé à ce sujet au président de

la République.

Dans la pensée du ministre, ce conseil sera essentiellement un

instrument d'études pour examiner les projets et pour préparer les

solutions sur lesquelles le parlement aura à se prononcer. Il est

destiné à fournir d'une manière rapide et sûre les renseignements

concernant les questions ouvrières, que l'on n'a pu obtenir jusqu'ici

qu'en ouvrant des enquêtes longues et coûteuses, enquêtes dont les

résultats n'ont pas répondu, la plupart du temps, à l'effort déployé.

Afin de permettre à toutes les opinions de se produire, M. Jules Roche a

décidé que le Conseil serait composé pour un tiers de membres du

parlement et, en général, de personnes particulièrement versées dans les

matières économiques et sociales, et, pour les deux autres tiers, en

nombre égal, de patrons et d'ouvriers. Pour ces derniers, son choix

s'est porté principalement sur des membres des conseils des prud'hommes,

secrétaires généraux des syndicats, anciens délégués, etc., c'est-à-dire

sur des ouvriers déjà désignés par leurs camarades, par conséquent

possédant leur confiance et pouvant apprécier judicieusement les mesures

propres à améliorer la situation des travailleurs.

L'Illustration, No. 2501, 31 Janvier 1891 · 第 12 / 32 题