SAINTE-BEUVE REFUSE D'EMBRASSER LE CALVINISME.--CHRONIQUES PARISIENNES.

L'agrément de ce séjour à Lausanne n'allait pourtant pas sans quelques

ennuis. L'historien de Port-Royal ne cessa même d'y être poursuivi par

une tracasserie à laquelle nous aurions peine à croire, si elle n'était

attestée par de nombreux témoignages, et qui dut contribuer à hâter son

départ: les Suisses, quelle folie! s'étaient mis dans la cervelle de le

convertir au protestantisme.

Pour comprendre un si étrange dessein, il faut se représenter

Sainte-Beuve, avec sa politesse de bon goût, sa douceur de caractère, sa

complaisance à entrer dans les idées des autres et à ne les contredire

en rien. S'étant convaincu de bonne heure que la nature est plus grande

et plus variée qu'elle ne l'avait prouvé en le créant, et n'ayant pas la

fatuité naïve de se prendre pour le patron universel, il ne se croyait

pas tout l'esprit en partage; il admettait fort bien qu'on eût des

opinions différentes et même opposées; il entrait au besoin dans ces

opinions pour les comprendre, les expliquer, en retirer la parcelle de

vérité qu'elles peuvent contenir, et il vous les commentait si

intelligemment que vous finissiez par croire qu'il les adoptait. De là

un malentendu parfois plaisant.

En général, les gens s'imaginent avoir en eux tout le bon sens et la

vérité possible. Quand ils discutent avec vous, ils n'écoutent

qu'eux-mêmes, prennent vos politesses pour des avances, et votre silence

pour un acquiescement. En entendant Sainte-Beuve exposer avec tant de

feu les ardeurs religieuses des nonnes et des solitaires de Port-Royal,

on se persuada qu'il en partageait les croyances. De janséniste à

calviniste il n'y a que la main. Il fallait donc lui faire franchir le

pas. Chacun s'y employait avec zèle et le sermonnait de son mieux. On

comptait beaucoup pour le succès de cette bonne oeuvre sur M. Vinet, le

grand homme de ce petit monde, qui était arrivé à Lausanne en même temps

que Sainte-Beuve, dont celui-ci estimait la haute valeur morale et

auquel il témoignait toutes sortes de respect.

D'après ce qu'on dit de M. Vinet, il devait avoir trop de tact et

d'intelligence pour accepter pareille mission. Proposer à un homme

d'honneur de changer de religion, c'est lui faire la plus mortelle

injure. Les dévots, dans leur ridicule suffisance, ne comprennent pas

cela. Aussi les âmes pieuses ne cessaient d'assiéger M. Vinet, qui avait

le tort de se prêter à ce rôle, lui demandant: «Eh bien! est-il

converti?» À quoi il répondait avec impatience: «Si vous voulez savoir

le fond de ma pensée, je le crois convaincu et non pas converti.»

Bien entendu, Sainte-Beuve n'était ni l'un ni l'autre. Il n'avait jamais

vu dans ces combinaisons réputées divines que les plus belles des

illusions ou, si vous voulez, des espérances humaines. Sa parole

n'excédait pas sa pensée et les réserves y étaient toujours présentes.

Cela ne l'a pas empêché d'être jusqu'à la fin en butte aux importunités

des convertisseurs. On l'attaquait de plus d'un côté; il avait à

repousser à la fois les assauts de Genève et ceux de Rome. Un an avant

sa mort, une demoiselle suisse, du nom de Couriard, lui ayant écrit pour

l'endoctriner encore, il répondit:

«Pourquoi donc me prêchez-vous? qu'ai-je fait pour cela? Laissez-moi

vous soumettre une singularité qui me frappe.

«J'ai à Boulogne-sur-Mer une cousine, une vieille cousine de beaucoup

d'esprit, qui s'était mise, il y a deux ans, à rentrer avec moi en

commerce de lettres, renouant ainsi avec mes souvenirs d'enfance. Et

puis, tout d'un coup, un jour, elle m'a proposé de me recommander aux

prières de tout un couvent, dont la supérieure, disait-elle, était une

de nos parentes. En un mot, elle a fait preuve à mon égard du zèle

catholique et monastique le plus intempestif et le plus déplacé. Je le

lui ai dit.

«Or, comment se fait-il aujourd'hui qu'il m'arrive de Genève, et d'un

côté non catholique, la même insinuation, la même tentative de

prédication? Il y a de quoi faire réfléchir un philosophe.»

Peut-être oublie-t-il d'avouer que plus d'une fois il a donné des

espérances de conversion aux jolies prêcheuses de Lausanne, afin

d'obtenir d'elles la même récompense que lui avait value son adhésion

momentanée au parti catholique?

Lorsque, au lieu de femmes ou de demoiselles, il avait affaire à des

hommes, comme il n'y avait pas de compensation gracieuse à espérer, le

ton devenait plus vif; il me semble l'entendre:

--Pourquoi m'adressez-vous un sermon? Est-ce que je me permets de vous

en adresser un, à vous? Et pourquoi les choses ne seraient-elles pas

égales entre nous? Vous avez pitié de moi et de mon malheur, je vous en

remercie, mais qui vous a dit que j'étais si à plaindre? Vous jouissez

des consolations que vous donne la foi, laissez-moi celles que je tire

de la philosophie. Vous me vantez les beautés du christianisme et voulez

me les faire comprendre: qui vous a dit que je ne les comprenais pas? Ce

ne serait pas du moins faute d'étude. De quel droit m'appelez-vous

_athée_, injure banale dont les orthodoxes de tous les temps ont voulu

flétrir ceux qui les gênaient. Lisez mes écrits, vous y trouverez plus

de doutes que d'affirmations sur les choses que je ne sais pas. Ne croit

pas à la révélation qui veut. Bornez-vous à ignorer ce que je pense et

ce que je sens. Vous ne savez si je suis gallican ou ultramontain, ou

janséniste ou catholique, ou calviniste, pas plus que vous savez si je

suis philosophe idéaliste ou naturaliste. Tenez-vous-en là. Notre monde

est plein d'empressés qui vous invitent à la foi, sans s'apercevoir

qu'eux-mêmes en changent plus souvent que de chemise. Je ne rencontre

que gens qui me disent: Vous ne croyez à rien!--En effet, monsieur, car

je ne crois pas à vous. M'est-il jamais venu à la pensée d'ôter ou de

diminuer la croyance chez qui la possède? Traitez-moi donc comme je fais

les autres. Je ne tracasse personne, qu'on me laisse en repos: ce n'est

pas trop demander, je pense?

Son cours terminé, Sainte-Beuve revint en France et se replongea

aussitôt dans le courant de la vie parisienne, son élément véritable. Il

n'oubliait pas cependant les amis qu'il avait laissés au bord du Léman,

et il se rappelait à leur souvenir par des lettres fréquentes. Quelques

extraits de cette correspondance nous donneront une idée exacte de la

tendresse de ses sentiments pour eux et de l'intimité de leurs

relations.

«Cher Olivier, je suis tenté... de quoi? de retourner passer un hiver à

Lausanne pour achever _Port-Royal_. J'ai ici des habitudes trop prises,

trop chères même, à rompre. Si j'avais plus de vigueur, je me donnerais

peut-être encore auprès de vous une année de travail et de solitude...

Je voudrais bien passer encore avec vous, chers amis, quelques-uns de

ces jours qui appartiennent au coeur; le fait est que le coeur ici est

supprimé. On ne trouve plus de temps pour rien dans ce flot de monde.

Oh! tout cela me mènera-t-il à quelques années d'une vie cachée et

solitaire avant la mort? Je me le figure par moments, mais je ne prends

guère le chemin direct.

Oh! quand le calme et la vie paisible! Dans l'autre vie ou dans je ne

sais quel automne passé auprès de vous.»

Ne dirait-on pas, à l'entendre, qu'il vit à Paris malheureux et désolé

comme un ramier exilé de son nid? En réalité, il s'était, suivant sa

coutume, remis à l'étude de plus belle, sans compter que le coeur,

puisque coeur il y a, ne chômait pas, ainsi que nous le verrons plus

tard. Ces poëtes ont une façon de dire qui, tout en étant sincère au

fond, ne laisse pas de donner le change.

Il ne s'en tint pas à de purs témoignages platoniques; son esprit

inventif trouva bientôt le moyen de rendre service aux deux époux.

Ceux-ci, tentés par l'ambition, avaient acheté la _Revue Suisse_ qu'ils

rédigeaient et administraient en commun. Lui-même ne tarda guère à les

aider de ses conseils, de son expérience et aussi de son active

collaboration. Il leur écrivait à ce sujet:

«Je reviens aux affaires qui, pour moi, se rejoignent aux affections.

Tâchez de fonder là-bas quelque chose, un point d'appui quelconque, un

organe à la vérité: je serai tout à vous. Ce que Voltaire a fait à

Ferney avec son génie et ses passions, pourquoi ne le fonderait-on pas à

Lausanne avec de la probité et du concert entre trois? Faites-nous

là-bas bien vite une patrie d'intelligence et de vérité; je vous aiderai

ici de tout mon pouvoir et peut-être un jour de plus près, durez

seulement. Je voudrais être plus libre que je ne suis. Si je l'étais un

jour, et si cette Revue allait et durait, on pourrait y établir quelque

rêve.» On le voit, il les berçait de l'espoir qu'il irait un jour se

fixer auprès d'eux.

Les époux Olivier avaient compté que, grâce à leurs talents conjoints,

cette publication ferait du bruit en France et y conquerrait des

abonnés. Sainte-Beuve se hâta de leur enlever cette illusion, de leur

montrer que le public auquel ils devaient s'adresser était la société

cosmopolite qui, de tous les points de l'Europe, afflue en Suisse ou y

passe pour se rendre en Italie.

«Figurez-vous bien qu'on ne lit pas ici la _Revue Suisse_. Ce n'est

jamais à Paris qu'elle trouvera ni lecteurs ni abonnés. Il faut partir

de là. Je vous assure que c'est ma conviction intime, quand même je n'y

serais pas intéressé. Son public, auquel elle doit viser de plus en

plus, c'est le dehors, c'est la Suisse et l'Allemagne: Suisse allemande

et française et ce qui s'en suit. Conquérons ce champ, s'il se peut;

vouloir faire d'ici un centre, c'est une chimère. Laissons là Paris et

visons à Appenzel. La gloire au bout du compte s'y retrouverait.»

Enfin, prenant part à la rédaction du recueil, il se mit à leur expédier

régulièrement des _Chroniques parisiennes_ pleines de vivacité, de

mordant, de malices, où il se permettait de dire autre part qu'aux

roseaux:

Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne.

Recueillies depuis en volume, elles se font lire encore avec plaisir,

bien que l'intérêt de ce genre de littérature diminue à mesure que l'on

s'éloigne des événements qui y ont donné lieu.

Dans un de ses _Nouveaux Lundis_, il explique fort clairement le plaisir

qu'il prit à cette collaboration clandestine:

«On peut, avec probité et sans manquer à rien de ce qu'on doit, bien

voir à Paris sur les auteurs et sur les livres nouveaux ce qu'on ne peut

imprimer à Paris même à bout portant, et ce qui, à quinze jours de là,

s'imprimera sans inconvénient, sans inconvenance, dans la Suisse

française. Je l'ai éprouvé durant les années dont je parle (1843-1845).

J'avais en ces pays un ami, un de ceux de qui l'on peut dire qu'ils sont

unanimes avec nous, un autre moi-même, M. Just Olivier, et nous nous

sommes donné le plaisir de dire pendant deux ou trois ans des choses

justes et vraies sur le courant des productions et des faits

littéraires. On le peut, on le pouvait alors sans être troublé, ni même

soupçonné et reconnu.»

Il n'était pourtant pas sans inquiétude à ce sujet. En envoyant ses

chroniques à Lausanne dans le plus grand secret, il n'oubliait pas de

recommander la prudence. «Donnez-le comme tiré de vous-mêmes, tiré des

journaux; enfin, qu'il y ait un double rideau de mon côté. Je vous dirai

que je ne suis pas sans quelque souci pour cette chronique. Ma position

personnelle est très-bonne, quand je ne vais pas dans le monde et que je

boude. Alors j'ose. Quand j'y retourne, quand je suis repris, alors je

deviens plus timide.»

Son incognito ne fut pas trahi; la _Revue Suisse_ passa inaperçue et ne

fit pas la fortune de ses propriétaires. Dans l'intervalle, la

réputation de Sainte-Beuve se consolidait; sa position, d'abord assez

précaire, s'améliorait. Il avait été nommé en 1840 conservateur à la

Bibliothèque Mazarine, en 1844 membre de l'Académie française; il était

devenu le critique influent et autorisé de la _Revue des Deux-Mondes_;

les salons aristocratiques se le disputaient; bref il prenait peu à peu

la place que méritait la supériorité de son talent.

Par un destin contraire, Olivier, non-seulement n'obtenait pas de sa

Revue ce qu'il avait espéré, mais perdait encore sa chaire de professeur

à l'Académie, à la suite d'une révolution locale, sorte de tempête dans

un verre d'eau. Quand il vit, d'un autre côté, que son ancien collègue

renonçait décidément au séjour de Lausanne et faisait florès à Paris, il

se décida lui-même à venir le retrouver, descendit place Royale, et s'y

établit avec sa famille.

Voilà nos gens rejoints et je laisse à penser

De combien de plaisir ils payèrent leur peine.

Sainte-Beuve reprit ses habitudes familières. Nous le voyons en 1848,

pendant la tumultueuse journée du drapeau rouge, traverser

tranquillement la foule, que calme à son gré l'éloquence de Lamartine,

pour aller lire à ses amis son troisième volume de _Port-Royal_, qui

était sur le point de paraître. Il ne put toutefois leur rendre tous les

bons offices qu'ils paraissent avoir attendu de lui. S'ils croyaient

qu'il fût en son pouvoir de les lancer dans le monde littéraire et de

fonder leur réputation, ils durent en rabattre. «Le critique n'a pas le

don de deviner le talent caché qui n'a pas encore jailli. Il n'est pas

comme l'abbé Paramel qui, une branche de coudrier à la main, découvre

les sources cachées.» La poésie du canton de Vaud, cueillie sur place,

exhale une verdeur rustique, alpestre, qui ne déplaît pas. Mais dès

qu'on la transplante, cette rose des montagnes perd son léger parfum et

ne garde plus que les épines. Voyez ce qui arrive à Mme de Gasparin.

Malgré tout le mouvement que l'on s'est donné pour elle, ses livres

n'ont pu réussir en France: on la loue, mais on ne la lit pas. Un de mes

amis, quand on lui présente un volume de cette provenance, a coutume de

dire: «Non, merci, ça sent le réformé.»

En outre, Mme Olivier, comprenant que la vraie poésie d'une mère de

famille est dans les soins et l'éducation de ses enfants, reprisait et

lavait leurs bas au lieu de tremper les siens dans l'indigo. Son mari,

réduit à ses propres ailes, ne prit pas un grand essor. À peine si, à la

faveur de leur ami, il parvint à glisser dans les Revues deux ou trois

articles. Le peu que j'ai lu de lui me fait penser que l'on trouva à son

style trop de gravité, trop de barbe et de poids. Il prit enfin le bon

parti, entra dans une imprimerie comme correcteur et n'écrivit plus qu'à

ses heures perdues.

Tout cela avait un peu refroidi les relations avec Sainte-Beuve; une

dernière circonstance acheva de les brouiller.

L'académicien, par deux testaments successifs, déposés entre les mains

d'Olivier, l'avait nommé son exécuteur testamentaire. Certes il n'est

pas désagréable, surtout lorsqu'on tire le diable par la queue, de se

savoir couché sur le testament d'un homme qui a quelque fortune. Mais à

quoi cela sert-il, si le testateur s'obstine à vivre? Or, Sainte-Beuve,

loin de songer à réaliser son rêve d'Élysée, arrangeait son existence en

vue d'un long avenir. Il avait pris chez lui une certaine dame Vaquez,

Espagnole au teint bistré, qui, voulant être maîtresse au logis, en

écartait jalousement les anciens habitués. Olivier eut plusieurs fois

maille à partir avec elle. De plus, il apprit que son ami, sans lui en

souffler mot, avait fait un troisième testament--ce ne devait pas être

le dernier,--et qu'il laissait son héritage à d'autres. C'en était trop.

Il cessa de venir à la petite maison de la rue Montparnasse et passa

quatre ans sans revoir l'ingrat. Celui-ci ne parut pas s'apercevoir de

la bouderie. Au bout de ce temps, la sénora étant morte et l'académicien

ayant l'air de plier sous l'excès du travail, on se ravisa et on lui

écrivit pour renouer avec lui. L'obsession devenait importune; il y mit

fin par la réponse suivante, qui justifie le mot du diplomate anglais,

Henri Bulwer: «M. Sainte-Beuve n'écrit pas comme on pend dans mon pays,

haut et court»:

«Mon cher Olivier,

Je vous remercie de votre lettre et de l'intention qui l'a dictée.

Je n'entre dans aucune explication; car si détaillées que soient

celles que vous prenez la peine de me donner, je ne les crois pas

encore complètes. Un seul point m'importe à marquer: lié comme je

l'étais avec vous et sans que je pense avoir d'autre tort que celui

d'être depuis cinq ou six ans sous le fardeau d'un travail

incessant et qui n'est pas devenu plus facile en se

continuant,--travail qui m'a interdit tout entretien de relations

mondaines ou amicales, et m'a forcé de laisser croître l'herbe sur

le chemin de l'amitié,--je me suis un jour aperçu tout d'un coup,

et sans m'y tromper, que les ronces avaient poussé entre nous et

qu'il n'y avait plus de sentier. Je ne suis pas de ceux qui disent

_tout ou rien_ en amitié; aussi eussé-je accepté et agréé avec

reconnaissance tout ce qui m'aurait prouvé que le passé tenait

entre nous. Mais évidemment vous aviez accueilli cette idée, que

notre amitié pouvait entièrement cesser, et les choses, en tant

qu'elles dépendaient de vous, se sont passées en conséquence. Là

est pour moi la blessure. Car j'aurais admis tout le reste,

diminution, ajournement, tristesse et voile à demi-sombre sur le

passé. Mais ce qui domine désormais mes souvenirs en ce qui vous

concerne, c'est cette abdication et cette résignation volontaire

que vous avez faites de notre passé. Une lettre telle que celle que

je reçois aujourd'hui, venue plus tôt et à temps, m'aurait certes

suffi et touché; mais après des années révolues, comment renouer la

chaîne? Est-ce ma faute si j'avais cru que malgré tout, et à

travers les absences et les nécessités de la vie imposée à chacun

de nous, il y avait quelque chose de sûr et d'essentiel, j'oserai

dire d'insoluble, dans notre amitié, et si je ne puis plus le

croire? Au moins qu'il reste de vous à moi une disposition égale et

tristement bienveillante; c'est celle que votre lettre me paraît

assez bien exprimer et qu'elle a aussi produite en moi,--une estime

durable d'homme à homme. Recevez-en ici l'assurance.

«SAINTE-BEUVE.»

Pour compléter l'histoire, je dois ajouter que cette lettre et la

plupart des détails qui la précèdent m'ont été fournis par un écrit

posthume de Just Olivier.

Sainte Beuve et ses inconnues · 第 21 / 31 题