O vous, bois et vallées, louez le Seigneur!
Louez-le, vous, rochers et fleuves puissants;
Louez-le, vous, rosées et agréables zéphyrs;
Louez-le, vous, nuages sombres et rayons éclatants!
Louez le Seigneur, vous, arbres majestueux;
Vous, gazons et fleurs purpurines;
Oh! louez le Seigneur, vous, mers orageuses;
Et que tout le cercle des heures chante ses louanges!
Oh! louez le Seigneur, vous étoiles et lune,
Et toi, astre éclatant de la lumière;
Louez-le, ô aurore, midi et crépuscule;
Loue le Seigneur, toi, nuit silencieuse et sombre!
Oh! louez le Seigneur, vous, puissants de la terre;
Et vous, dans les travaux gémissant et pleurant;
Qu'il soit aussi loué par vous, de céleste origine,
Qui entourez son trône glorieux!
Et que tous les Esprits bienheureux,
Qui entendent déjà son éternelle parole,
Unis à tout, au ciel et sur la terre,
Chantent en choeur la gloire du Seigneur!
Alda se présenta dans cette assemblée de chrétiens; et il fut à
peine nécessaire qu'elle s'annonçât comme un membre de l'Eglise
toujours croissante, quoique persécutée, de Jésus-Christ; car ses
yeux rayonnaient de l'ardeur d'une vraie croyante, au moment où elle
se joignit aux dévotions du petit troupeau avec une ferveur
enthousiaste qui ne pouvait provenir que d'une piété sincère.
Quelques-uns des chrétiens réunis dans cette grotte cachée étaient
des pèlerins de toutes les parties de l'Italie et de la Grèce. Le
vénérable prêtre et une partie de la congrégation résidaient sur les
lieux mêmes, après d'être retirés du monde pour se livrer sans
trouble aux exercices de leur religion. Ils formaient une petite
colonie dans les réduits des montagnes, où ils avaient été jusque-là
à l'abri des persécutions des Romains, oubliant le monde, et oubliés
par lui.
C'était la nuit du dimanche, et ils continuèrent leurs prières
jusqu'à l'aube du jour suivant. Alda resta avec eux, et perdit de
vue sa chèvre égarée.
Le lendemain, la jeune solitaire retourna chez elle, quoiqu'elle fût
vivement pressée par la colonie chrétienne de faire partie de leur
communauté; mais il y avait pour elle dans le profonde retraite de
sa vallée un charme paisible et doux qu'elle ne put se résoudre à
échanger contre les plaisirs de la vie sociale. Elle eut cependant
d'agréables et fréquentes occasions de se réunir aux reclus de la
montagne; tous les dimanches elle se joignait à la pieuse
congrégation pour assister au service divin.