M. Crawford suivait tous mes mouvements avec un intérêt visible.

--Je regrette, dit-il, de n’avoir pas la facilité d’un docteur Watson

pour me faire l’historiographe des tours de force de votre imagination.

--Votre admiration me flatte, répondis-je en souriant... mais elle est

un peu prématurée... Attendez donc, au moins, que j’aie découvert

quelque chose.

Autour de moi je ne distinguai, tout d’abord, que quelques meubles de

bois noir et une grande glace dans laquelle se jouait la petite flamme

jaune de mon allumette de cire... puis, sur le parquet, j’aperçus une

sorte de plumeau blanc, oublié là sans doute par quelque domestique

distrait.

Cependant, m’étant approché de la chose, je reconnus que ce que je

prenais pour un plumeau, c’était la tête de l’infortuné M. Chancer.

J’allumai alors une bougie qui se trouvait sur une console et je

commençai mon inspection, avec lenteur et méthode, selon ma formule.

Le premier coup d’œil ne m’avait rien révélé qui pût me fournir un

indice.

Cela débutait mal.

--Voyons, dis-je, examinons attentivement le cadavre.

M. Chancer était étendu sur le dos, le bras gauche allongé et le poing

crispé; une de ses jambes, la droite, se repliait sous le corps.

Chose curieuse! le visage du mort était pourpre, presque violet au

sommet du front et les yeux grands ouverts brillaient d’un éclat

singulier.

Je collai mon oreille contre la poitrine de M. Ugo Chancer et, je dois

l’avouer, j’éprouvai une réelle émotion en entendant un petit bruit

étouffé, régulier et très rapide.

--Ah çà! est-ce que je rêve? fis-je en prenant le bras de M. Crawford...

écoutez donc, je vous prie.

La ténébreuse affaire de Green-Park · 第 6 / 43 题