Améliorations intérieures.--Lettre de Macdonald.--Préliminaires de paix.
J'ai anticipé sur le cours des événemens, pour ne pas interrompre la
narration des affaires d'Égypte; je reviens à ce qui se passait en
France pendant que le sort des armes décidait de cette colonie. Le
premier consul se livrait à tous les soins que réclamait la réparation
des maux causés par les discordes civiles et par l'anarchie
révolutionnaire. Il créait des commissions, faisait réviser les comptes
de ceux qui avaient eu des rapports avec les différentes branches de
l'administration; et, pour la première fois, le trésor eut des reprises
à exercer, au lieu d'être, selon l'usage, constitué débiteur de
fournitures incomplètes ou même imaginaires. Le crédit national se
ressentit de cette sévérité. Le conseil d'État renfermait, à cette
époque, un grand nombre d'hommes à talens et d'un patriotisme
incorruptible; la plupart étaient en état de prendre le timon des
grandes branches de l'administration et de les bien diriger. Jamais les
rouages d'un gouvernement n'avaient mieux obéi à l'impulsion qui leur
était donnée; il semblait que chacun eût mesuré l'abîme où les fautes du
dernier gouvernement avaient failli précipiter l'État, et se tenait en
garde contre de nouveaux écarts. La régularité avait succédé au
désordre; la comptabilité était claire, l'administration rapide; tout
était à jour: la situation du présent faisait bien augurer de l'avenir.
On jugera de la disposition où l'on était alors par la pièce qui suit: