CHAPITRE XXV.

Améliorations intérieures.--Lettre de Macdonald.--Préliminaires de paix.

J'ai anticipé sur le cours des événemens, pour ne pas interrompre la

narration des affaires d'Égypte; je reviens à ce qui se passait en

France pendant que le sort des armes décidait de cette colonie. Le

premier consul se livrait à tous les soins que réclamait la réparation

des maux causés par les discordes civiles et par l'anarchie

révolutionnaire. Il créait des commissions, faisait réviser les comptes

de ceux qui avaient eu des rapports avec les différentes branches de

l'administration; et, pour la première fois, le trésor eut des reprises

à exercer, au lieu d'être, selon l'usage, constitué débiteur de

fournitures incomplètes ou même imaginaires. Le crédit national se

ressentit de cette sévérité. Le conseil d'État renfermait, à cette

époque, un grand nombre d'hommes à talens et d'un patriotisme

incorruptible; la plupart étaient en état de prendre le timon des

grandes branches de l'administration et de les bien diriger. Jamais les

rouages d'un gouvernement n'avaient mieux obéi à l'impulsion qui leur

était donnée; il semblait que chacun eût mesuré l'abîme où les fautes du

dernier gouvernement avaient failli précipiter l'État, et se tenait en

garde contre de nouveaux écarts. La régularité avait succédé au

désordre; la comptabilité était claire, l'administration rapide; tout

était à jour: la situation du présent faisait bien augurer de l'avenir.

On jugera de la disposition où l'on était alors par la pièce qui suit:

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 1 · 第 30 / 44 题