3. Ne dites pas: _j'ai le cœur malade_; dites _j'ai mal au cœur_.

=Coi=, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois _coie_; on

ne dit plus aujourd'hui que _coite_.

2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: _se tenir

coi, demeurer coi_. (Acad.)

3. La locution, _chambre coite_, (chambre bien fermée et bien chaude) a

vieilli. (Acad.)

=Coing=, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le _g_.

=Coléreux=, adj.—Ne dites pas, _c'est un homme coléreux_; dites,

_c'est un homme colère_ ou _colérique_.

=Colidor=: ce mot n'est pas français; écrivez _corridor_ et prononcez

_coridor_.

=Colla, Colle, Colli, Collo, Collu=, initiales qui font toujours

entendre les deux _l_: _collatéral, collation, collection, collision,

colloque, collusion_.

=Colle=, s. f., menterie, hâblerie: _quelle colle il débite là!_ ce

terme est populaire.

=Colophane=, _de la colophane_, résine, est féminin; ne dites pas

_colaphane_.

=Colorer, Colorier.=—_Colorer_, c'est donner la couleur, de la

couleur: _le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son

visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau;

l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal_. Au figuré,

_colorer_ signifie, donner une belle apparence à quelque chose de

mauvais: _colorer un mensonge; vice coloré_.—_Colorier_, c'est

appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin:

_je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice

colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine_.

=Colza=, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et

prononcez _colza_ et non _golza_. Voyez _chausson_.

=Combien.=—Ne dites pas: _le combien du mois sommes-nous aujourd'hui?

nous sommes le combien du mois?_ mais dites, _quel quantième du mois

avons-nous; quel est le quantième du mois?_ ne dites pas non plus: _le

quantième avons-nous_; mais, _quel quantième..._

2. _Combien est-ce que vous demandez pour?_—Cette manière de demander

le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, _combien

vendez-vous..._

3. Ne dites pas non plus: _combien est-ce que vous avez payé pour ce

livre?_ dites, _combien avez-vous payé ce livre?_

=Commandement=, s. m., ordre.—Prononcez comman-d'-ment (en faisant

sentir le _d_) et non _comman-n'-ment_ (en remplaçant le _d_ par une

_n_); il en est de même de, _je demandais, je demeure, mandement,

admettre, admission, administrer_, etc.

=Commander.=—On commande _quelque chose à quelqu'un_ et l'on commande

_à quelqu'un_; ne dites donc pas: _il faut savoir commander ses

ouvriers_; mais, _à ses ouvriers_.

2. _Commander quelqu'un_, ne se dit que quand il s'agit de commandement

militaire: _dix hommes furent commandés pour cette expédition; le

régiment des guides est commandé par le colonel N._—_Commander à_ et

_le_: voyez _présider_.

=Comme.=—Ce mot ne peut pas être employé pour _que_, à la manière des

flamands; ainsi ne dites pas: _il est aussi grand comme moi; vous avez

reçu autant comme moi_; dites, _il est aussi grand que moi; vous avez

reçu autant que moi_.

2. _Il neige comme; vous êtes comme si gai_, sont des expressions

barbares; il est bien plus simple de dire: _il paraît qu'il neige; vous

me semblez_ ou _vous m'avez l'air d'être gai_.

3. _Comme pour._—Ne dites pas: _j'étais comme pour pleurer, comme

pour mourir_; mais dites, _j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le

point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir_,

etc.

4. _Comme si_, ou _si_, ne doivent jamais être suivis du conditionnel

(ce serait un flandricisme): _c'est comme si vous viendriez me voir;

s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni_; dites, _c'est

comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs_, etc.

5. _Comme de juste_, est un barbarisme; dites, _comme il est juste,

comme il est raisonnable_, et mieux _comme de raison_.

6. _Comme il parle_, au lieu de, _à l'entendre_, est un flandricisme;

ne dites donc pas: _comme il parle, on le prendrait pour le premier

avocat du pays_; dites, _à l'entendre parler, on le prendrait..._

7. Ne dites pas: _il m'a dit comme ça, qu'il allait partir_: retranchez

_comme ça_, qui est inutile et ridicule.

8. Ne dites pas: _comment est-ce qu'on dit, qu'on fait?_ dites,

_comment dit-on, comment fait-on?_

9. Ne dites pas: _si j'étais comme vous, voici ce que je ferais_;

dites, _si j'étais de vous, si j'étais à votre place..._

10. _Comme tout._—Ne dites pas: _il est sage comme tout_; dites, _il

est fort sage, il est parfaitement sage_.

=Commencer, Finir.=—On dit, _commencer par, finir par_ et non

_commencer avec, finir avec_: _il commence son déjeuner par le café et

finit par des fruits_.

2. _Commencer de_, désigne une action qui aura de la durée: _il avait

commencé d'écrire sa lettre_.—_Commencer à_, désigne une action qui

aura du progrès, de l'accroissement: _cet enfant commence à parler, à

lire; le jour commence à luire_.

=Comment.=—_Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous

va-t-il?_—Remplacez ces expressions par: _comment vous portez-vous,

comment va votre santé, comment vous en va?_ (Acad.)—_Comment va-t-il

avec vous_, est un flandricisme; _comment vous va_ et _comment vous

va-t-il_, sont des expressions incorrectes.

2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse

aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont

celles-ci: (_comment vous portez-vous?_) _comme vous voyez; pas mal et

vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire_; un

spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses

amis en leur disant: _pas mal et vous?_

3. _Comment ce que._—_Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit?_

locutions employées par le bas peuple; il faut dire, _comment fait-on,

comment dit-on?_

4. Ne dites pas non plus: _comment est-ce qu'on raconte ce malheur?

comment est-ce que cela est arrivé?_ Dites: _comment raconte-t-on ce

malheur? comment cela est-il arrivé?_

=Commerce.=—Ne dites pas: _mon frère fait commerce_; mais, _est dans

le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant_.

2. Ne dites pas: _les commerces ne vont pas_; dites, _le commerce ne va

pas_.

3. Ne dites pas: _je fais plusieurs commerces_; dites, _j'ai_ ou

_j'exploite plusieurs branches de commerce_.

=Commodité.=—Ne dites pas: _cette famille a bien la commodité, a

bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir

un cheval_; dites, _cette famille est, vit dans l'aisance, elle est

riche, elle a de la fortune_; _mon cousin a bien les moyens_ (et non

_le moyen_) _de..., est assez riche pour_... _Moyen_, dans le sens de

_richesses_, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec

les wallons: _mon voisin a bien le moyen_; dites, _mon voisin vit dans

l'aisance, a de la fortune_, etc.

=Commun, une=, adj.—_Commune voix_, désigne l'unanimité des

suffrages, des voix; _la voix commune_ est la voix vulgaire, la rumeur

publique.

=Compacte=, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet

adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez _compak-te_ et

non _compake_.

=Comparer.=—On dit souvent par inadvertance: _cette étoffe, cette

maison n'est pas à comparaître à celle-là_; il faut dire, _à comparer_.

2. _Comparer à, comparer avec_.—Le premier suppose une analogie,

un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. _Comparer

avec_ éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: _il n'y

a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à

Rome_;—_que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la

fierté et la férocité du tigre_. (BUFFON.)

=Comparoir=, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et

l'on dit aujourd'hui _comparaître_.

=Comparution=, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot

s'écrit et se prononce _comparution_, quoique l'on dise _apparition_ et

_disparition_.

=Compendium=, s. m., abrégé; prononcez _conpindiome_: _un compendium de

théologie_.

=Comperose=, s. f., vitriol; écrivez et prononcez _couperose_.

=Complet=, adj. fait au fém., _complète_ et non _complette_.

=Complétement=, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent

aigu.

=Compliment=, s. m.—Ne dites pas: _allons, Monsieur, sans compliment,

acceptez notre dîner_; dites, _sans cérémonie, sans façon_.—_Sans

compliment_, signifie, sans flatterie: _je vous dis sans compliment que

votre dessin est fort beau_.

=Compris=, part. passé de _comprendre_.—_Y compris, non compris_,

sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le

substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: _combien

y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs

de revenu, non compris la maison où il loge_; ou bien, _la maison où il

loge non comprise_.

=Compte= (_en fin de_) locution triviale, irrégulière et barbare; son

équivalent consacré est, _au bout du compte_, qui n'est pas élégant.

(FRANCIS WEY.)

=Compter.=—Ne dites pas: _il faut compter que je n'ai presque pas été

me promener cette année_; dites, _à peine ai-je été me promener..._

On ne prononce pas le _p_ dans _compter, comptant, compte, comptoir,

comptable, comptabilité_.

2. _Compter, espérer, promettre._—Ces verbes marquent une chose à

venir; on dit, _compter, espérer, promettre qu'une chose sera_; ne

dites donc pas: _je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez

bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité_; dites: _je

crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous

avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité_.

3. _Compter_, dans le sens de _se proposer, croire_, ne prend point

la préposition _de_ devant un infinitif: ainsi vous direz: _il compte

partir demain_ et non _de partir_ (Acad.)

4. Ne dites pas: _comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas

que j'aie perdu de l'embonpoint_; dites, _apprenez, sachez que j'ai été

malade_.

=Concetti=, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce

mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est

_concetto_, mais il est peu usité.

=Concombre=, subst., plante potagère, est masculin.

=Condamner, Condamnation, Condamnable=: prononcez _condaner,

condanable, condanation_; l'_a_ de _dam_ est bref, tandis qu'il est

long dans _damner, damnation, damnable_ (_dâner, dânation, dânable_).

=Conditionnel.=—C'est une faute d'employer le conditionnel après la

conjonction _si_: _si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit_,

etc.; dites, _si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit_, etc.:

c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.

2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou

passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: _je

voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez

bien étudié_; cette faute est très-commune chez les wallons; pour

l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment

_la volonté, le désir, un ordre_, fussent-ils même employés au

conditionnel, gouvernent le subjonctif.

=Conduire, Conduite=: prononcez _conduire, conduite_ (_ui_ diphthongue)

et non _condouire, condouite_, ni _condu-wire, condu-wite_.—Il en est

de même de toutes les syllabes en _ui_, comme _lui, je suis, je puis,

puissant, suite, fuite, fuir_.

=Confesse=, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé

de l'une des prépositions _à_ ou _de_: _aller à confesse, venir de

confesse_.

=Confiance=, s. f.—On a confiance, on met sa confiance _en_ ou

_dans_; devant l'article il faut _dans_: _avoir confiance en quelqu'un;

mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses;

avoir confiance dans l'avenir_.

=Confirmer=, v. a., conférer le sacrement de confirmation: _l'évêque

seul peut confirmer_; ne dites donc pas: _j'ai confirmé l'année

dernière dans l'église de St-Antoine_; dites, _j'ai été confirmé..._

=Confiteor=, au pluriel, _des confiteor_; on prononce _confitéor_.

(Acad.)

=Confort= ou =Comfort=, s. m., assistance, secours: _donner aide et

confort_; dans cette acception il est vieux.—Aujourd'hui il se dit,

pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: _les

Anglais ont un grand amour pour le confort_; prononcez _con-fort_.

=Confortable= ou =Comfortable=, adj., qui a rapport au confort,

au bien-être matériel de la vie: _les anglomanes emploient à tout

propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est

confortable_, etc.—_Confortable_, s'emploie aussi substantivement et

se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: _les Anglais ont

un grand amour pour le confortable_.

=Confrère, Collègue.=—_Confrère_ se dit de tous les individus d'un

corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères.

_Collègue_ a une signification plus restreinte; il s'applique aux

individus qui agissent ensemble et de concert.—Les professeurs d'un

même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport

aux professeurs d'autres établissements.

=Conjoncture, Conjecture.=—_Conjoncture_, signifie circonstance et

_conjecture_, supposition. _Dans les malheureuses conjonctures, on fait

de fausses conjectures._

=Connaissance.=—Dites: _j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance_

ou _une de mes connaissances_ et non, _quelqu'un de mes connaissances_.

=Connaisseur.=—On dit: _ce monsieur est connaisseur en musique, en

peinture_; et non, _connaisseur de musique, de peinture_.

=Connaître=, v. a.—On ne dit pas: _je connais ma leçon; il connaît

son discours_; mais, _je sais ma leçon; il sait son discours_;

cependant on dit très-bien: _je connais tel livre, telle personne,

telle maison, telle langue_.

=Consanguin, ine=, s.: voyez _germain_.

=Consanguinité=, s. f., parenté du côté du père; l'_u_ fait diphthongue

avec _i_ (Acad.); il ne le fait pas dans _consanguin, consanguine_ où

le _g_ est dur.

=Conscription, Milice.=—On dit, _tirer à la conscription, à la

milice_, etc., ou bien: _tirer au sort pour la conscription, pour la

milice_. On tombe _à_ la conscription, _à_ la milice et non _dans_ ou

_de_ la conscription, etc. Voyez _réquisition_.

=Conseiller quelqu'un= et =à quelqu'un=.—_Conseiller quelqu'un_, veut

dire en général, qu'on lui donne des conseils: _son avocat le conseille

bien_, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; _les courtisans

conseillent parfois mal les souverains_, c'est-à-dire, leur donnent de

mauvais conseils.—Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on

donne, on doit dire, _conseiller à quelqu'un_: _je lui ai conseillé

de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir

l'oisiveté et les mauvaises compagnies_.

=Conseilleur.=—Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans

le proverbe: _les conseilleurs ne sont pas les payeurs_; il faut

dans les autres cas se servir du mot _conseiller_ (n'écrivez pas

_conseillier_).

=Consentir.=—Ne dites pas: _j'ai consenti dans la proposition qu'on

m'a faite_; mais _j'ai consenti à la proposition..._

=Conséquent=, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou

avec ses principes: _cet homme est conséquent dans ses projets, dans

sa conduite_; c'est-à-dire qu'il est _le même_ dans ses projets, dans

sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)—Appliqué aux choses,

il a à peu près le sens de l'adjectif _conforme_: _il a une conduite

conséquente à ses principes_. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut

signifier, _considérable, important_; il ne faut pas dire: _une affaire

conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes_;

mais, _une affaire importante, une somme considérable, des propriétés

considérables_ ou _de grandes propriétés_. Ce qui a pu donner lieu à

cet emploi vicieux du mot _conséquent_, c'est qu'on dit très-bien, _de

conséquence_, pour signifier _qui peut avoir des suites importantes_:

_une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence_. (Acad.)

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 31 / 164 题