17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une
personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit.
(Acad.)—Voyez _ravoir_.
18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui
est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_
(Acad.)
19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_,
dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes.
=Avoir l'air.=—L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_,
s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde
avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_:
_la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi;
cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire
d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.—Mais
il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime
une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air
contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche;
ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut
pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_.
=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_.
=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée);
prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée.
=Ayant=, part. prés.—Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici
représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen,
citoyen_, etc.
=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_
devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_.
=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente
par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_.
B
=B.=—C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_
des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_,
une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_,
la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_,
il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_,
_enjampement_.
=Babil=, s. m.—Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de
même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_.
Voyez _l_ mouillée.
=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne
fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_.
=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_.
=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_.
=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une
maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.)
=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez
_bé_ et non _bè_.
=Baigner=: voyez _promener_.
=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_.
=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand
on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_.
2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante);
dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_.
3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est
bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long
et marqué d'un accent circonflexe.
=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_;
_bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds).
=Baïonnette=, s. f.—On écrivait anciennement _bayonnette_.
=Baise.=—On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un
baiser à maman, embrassez maman_.
=Baisser=, v. n.—Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_;
dites, _décroissent, diminuent_.
=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette
balance n'est pas juste_ et non _ces balances_.
=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_,
sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure,
balai-ieur_.
=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.
=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un
compliment banal, des fours banaux_.
=Baptême=, s. m.—Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez
de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser,
débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_.
=Barbarisme=, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme.
Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou
détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une
préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots
employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un
nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui
n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il
soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et
non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.—Voyez _solécisme_.
=Barbe.=—On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se
faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement
_se raser_. (Acad.)
=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_.
=Barette.=—_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers;
dites, _faire l'école buissonnière_.
=Baril=, s. m.: prononcez _bari_.
=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni
_baronette_.
=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie
qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.—On ne prononce qu'une _r_ ainsi
que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière,
barrique_.
=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit
aussi _Barthélemy_.—Voyez _y_.
=Bartiau.=—Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_;
dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_
est un mot wallon du Hainaut.
=Bas.=—Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je
l'ai vu hors de la scène, à la ville_.
2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son
cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_.
3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement
_descendre, monter_. Voyez _haut_.
4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites,
_qu'à mettre à bas_.
5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai
renversé, je l'ai terrassé_.
6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc
ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_.
7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites,
_tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_.
8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il
est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_,
pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_,
etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_.
=Bassin, Bourse.=—Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les
offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour
aller à la quête à l'église.—La _bourse_ sert également pour la quête
et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.
=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);—mais
l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v.
_battre_.
=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô,
tâblô_.
=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie;
prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez
de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long).
=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre:
prononcez _batis-te_ et non _batisse_.
=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_.
=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les
volets_ et non _les battantes_.
=Beau=, _belle_, adj.—Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites,
_c'était beau à voir_. (Fland.)
=Beaucoup=, adv.—Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au
sermon_: dites, _beaucoup de monde_.
2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand
il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup,
il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_,
c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit
toujours être suivi de _gens, personnes_.
3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après
l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus
grand de beaucoup_.—Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le
_p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup
admiré_.
=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et
non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres
leur prononciation indigène ou de la localité.
=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_.
=Béchée=, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou
_béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même
_becqueter_ ou _béqueter_.
=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_.
=Bègue.=—Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_;
_bègue_, est subst. et adj.
=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_.
=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien
joli_.
=Bénir=, v. a.—_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et
_béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles
la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites:
_pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille
bénite; les drapeaux ont été bénits_.—Le second participe a
toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout
en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à
la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.);
_toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_
(comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)
=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français.
=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non
_berlu-we_.