16. _Vous en aurez_, vous serez châtié, maltraité. (Acad.)

17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une

personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit.

(Acad.)—Voyez _ravoir_.

18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui

est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_

(Acad.)

19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_,

dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes.

=Avoir l'air.=—L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_,

s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde

avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_:

_la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi;

cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire

d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.—Mais

il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime

une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air

contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche;

ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut

pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_.

=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_.

=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée);

prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée.

=Ayant=, part. prés.—Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici

représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen,

citoyen_, etc.

=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_

devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_.

=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente

par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_.

B

=B.=—C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_

des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_,

une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_,

la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_,

il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_,

_enjampement_.

=Babil=, s. m.—Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de

même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_.

Voyez _l_ mouillée.

=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne

fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_.

=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_.

=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_.

=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une

maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.)

=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez

_bé_ et non _bè_.

=Baigner=: voyez _promener_.

=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_.

=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand

on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_.

2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante);

dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_.

3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est

bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long

et marqué d'un accent circonflexe.

=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_;

_bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds).

=Baïonnette=, s. f.—On écrivait anciennement _bayonnette_.

=Baise.=—On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un

baiser à maman, embrassez maman_.

=Baisser=, v. n.—Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_;

dites, _décroissent, diminuent_.

=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette

balance n'est pas juste_ et non _ces balances_.

=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_,

sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure,

balai-ieur_.

=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.

=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un

compliment banal, des fours banaux_.

=Baptême=, s. m.—Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez

de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser,

débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_.

=Barbarisme=, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme.

Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou

détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une

préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots

employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un

nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui

n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il

soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et

non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.—Voyez _solécisme_.

=Barbe.=—On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se

faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement

_se raser_. (Acad.)

=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_.

=Barette.=—_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers;

dites, _faire l'école buissonnière_.

=Baril=, s. m.: prononcez _bari_.

=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni

_baronette_.

=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie

qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.—On ne prononce qu'une _r_ ainsi

que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière,

barrique_.

=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit

aussi _Barthélemy_.—Voyez _y_.

=Bartiau.=—Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_;

dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_

est un mot wallon du Hainaut.

=Bas.=—Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je

l'ai vu hors de la scène, à la ville_.

2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son

cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_.

3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement

_descendre, monter_. Voyez _haut_.

4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites,

_qu'à mettre à bas_.

5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai

renversé, je l'ai terrassé_.

6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc

ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_.

7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites,

_tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_.

8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il

est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_,

pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_,

etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_.

=Bassin, Bourse.=—Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les

offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour

aller à la quête à l'église.—La _bourse_ sert également pour la quête

et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.

=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);—mais

l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v.

_battre_.

=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô,

tâblô_.

=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie;

prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez

de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long).

=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre:

prononcez _batis-te_ et non _batisse_.

=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_.

=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les

volets_ et non _les battantes_.

=Beau=, _belle_, adj.—Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites,

_c'était beau à voir_. (Fland.)

=Beaucoup=, adv.—Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au

sermon_: dites, _beaucoup de monde_.

2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand

il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup,

il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_,

c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit

toujours être suivi de _gens, personnes_.

3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après

l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus

grand de beaucoup_.—Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le

_p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup

admiré_.

=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et

non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres

leur prononciation indigène ou de la localité.

=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_.

=Béchée=, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou

_béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même

_becqueter_ ou _béqueter_.

=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_.

=Bègue.=—Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_;

_bègue_, est subst. et adj.

=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_.

=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien

joli_.

=Bénir=, v. a.—_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et

_béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles

la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites:

_pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille

bénite; les drapeaux ont été bénits_.—Le second participe a

toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout

en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à

la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.);

_toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_

(comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)

=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français.

=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non

_berlu-we_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 20 / 164 题