A
=A=, prép.—Ne dites pas: _le cheval à mon père, le livre à mon frère,
la fête à maman_, etc.; dites, _le cheval de mon père, le livre de mon
frère, la fête de maman_.—_La barque à Caron_ fait exception à cette
règle. (Acad.)
2. Ne dites pas: _un ami à moi, à lui_; dites, _un de mes amis, un de
ses amis_; on disait autrefois, et bien gracieusement, _un mien ami, un
sien ami_.
3. Ne dites pas: _nous étions à dix à table; nous avons soupé à huit_;
dites, _nous étions huit à table; nous étions huit à ce souper_, ou
_nous avons soupé au nombre de huit_.
4. Ne dites pas: _il a mis son fils aux Jésuites_; dites, _chez les
Jésuites_, et mieux, _au collége des Jésuites_. (Wall. et Fland.)
5. Ne dites pas: _je demeure à la rue Hors-Château; à quelle rue
demeurez-vous_; dites, _je demeure dans la rue Hors-Château_,
ou simplement, _je demeure rue Hors-Château; dans quelle rue
demeurez-vous_.
6. _C'est à vous de parler_, c'est à vous qu'il appartient, qu'il
convient de parler, et, _c'est à vous à parler_, votre tour de parler
est venu. (Acad.)
Cependant les bons écrivains n'ont pas toujours observé cette
distinction: _Dieu me l'a donné, c'est à moi à en prendre soin._
(Bernardin de Saint-Pierre.)
7. La préposition _à_ s'emploie entre deux noms de nombre, lorsque le
sens permet d'augmenter le premier; ainsi on dit: _il a fait cinq à six
lieues; il a perdu quinze à vingt francs; il a invité trente à quarante
personnes; il a perdu quinze francs et demi; il a fait cinq lieues et
un quart; perdu quinze francs et demi, seize francs; invité trente et
une, trente-deux personnes_, etc.—Mais lorsque le sens ne permet
pas d'augmenter le premier des deux nombres, c'est la conjonction
_ou_ qu'il faut employer; on dira donc: _il a perdu quinze ou seize
centimes; il a invité trente ou trente et une personnes_, etc.
=Aa.=—Les deux _a_ se prononcent et sont brefs: _A-aron, Isa-ac,
Ba-al_.
=Abaisser.=—Ne dites pas: _abaissez-vous pour ramasser ce qui est
tombé_; dites: _baissez-vous_.
=Abasourdir=, v. a., rendre sourd, étourdir: prononcez l'_s_ dure.
=Abattoir=, s. m., endroit où l'on tue les bestiaux; le mot _abattage_,
dans ce sens, n'est pas français.
=Abattue=, dans le sens de _remise, abri_, n'est pas français.
=Abbaye=, s. f., couvent régi par un abbé, prononcez: _Abé-î_ et non
_abai-ïe_.
=Abbé=, s'écrit avec deux _b_, et fait au féminin _abbesse_: on ne
prononce qu'un _b_ dans _abbaye, abbé, abbesse, abbatial_.
=Abîme=, s. m.: on écrit aussi, mais plus rarement, _abyme, abymer_.
=Abîmer.=—Ce mot signifie gâter, et non salir, souiller, comme en
wallon; vous pouvez donc dire: _mon chapeau a été abîmé par la pluie_;
mais ne dites pas: _mon pantalon est abîmé par la boue_; vous direz
dans ce cas: _mon pantalon est crotté, éclaboussé, sali, couvert de
boue_.
=Able=, s. f., ablette, petit poisson; prononcez _able_ (_a_ bref.)
=Able=, terminaison qui a l'_a_ long seulement dans les substantifs
de deux syllabes: _diable, fable_ (_diâble, fâble_), excepté _table_,
qui a l'_a_ bref. L'_a_ est bref dans tous les autres cas: _aimable,
blamable, formidable_, etc.—Les wallons sont exposés à supprimer
l'_l_ et à changer le _b_ en _p_; les flamands de leur côté, prononcent
trop souvent _bèle_ au lieu de _ble_: ainsi les premiers diront:
_fâpe, tape, diâpe, aimape, estimape_; les derniers diront _fâbèle,
tâbèle, diabèle, aimabèle, estimabèle_. Il faut donc prononcer toutes
ces lettres finales et particulièrement l'_l_, et les prononcer sans
intercaler un _e_ entre le _b_ et l'_l_, et l'important, c'est d'y
exercer impitoyablement les élèves dès leur plus tendre enfance.
=Abloucner=, attacher, serrer avec une boucle: ce mot n'est pas
français; dites, _boucler_: _bouclez vos jarretières_. (Wall.)
=Aboutonner=, attacher avec des boutons: ce mot n'est pas français,
dites _boutonner_. (Wall.)
=Aboyer.=—On ne doit pas dire: _aboyer quelqu'un ou sur quelqu'un_,
mais aboyer _à, contre_ ou _après_ quelqu'un. _Un chien qui aboie
aux voleurs, contre tous les passants, après tout le monde; tous ses
créanciers aboient après lui_. En parlant des petits chiens, on emploie
ordinairement le verbe _japper_: _le chien ne fait que japper_.
=Abraham=, n. pr.: prononcez _Abrahame_.
=Abre, Abrer; Adre, Adrer; Avre, Avrer= (terminaisons en): l'_a_ est
long dans ces terminaisons, _sabre, sabrer, cadre, cadrer, navre,
navrer_. Cette règle s'applique aux dérivés de ces mots, auxquels il
faut ajouter les analogues _madré, madrée_.
=Abréviations.=—Les principales abréviations sont les suivantes:
J.-C. Jésus-Christ.
N. S. Notre Seigneur.
N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus-Christ.
S. S. Sa Sainteté (le Pape).
S. P. Saint Père (le Pape).
S. M. Sa Majesté.
S. M. I. Sa majesté impériale (un empereur).
S. M. I. et R. Sa majesté impériale et royale.
S. M. B. Sa majesté britannique (le souverain de la Grande-Bretagne).
S. M. C. Sa majesté catholique (le souverain d'Espagne).
S. M. T. C. Sa majesté très-chrétienne (le souverain de France).
S. M. T. F. Sa majesté très-fidèle (le souverain de Portugal).
S. H. Sa Hautesse (le Sultan).
S. A. Son altesse. (Se dit d'un prince du sang ou d'un prince régnant).
S. A. I. Son altesse impériale. (Idem).
S. A. R. Son altesse royale. (Idem).
S. A. S. Son altesse sérénissime.
S. Exc. Son excellence. (Se dit d'un ministre, d'un ambassadeur).
S. Em. Son éminence (se dit d'un cardinal).