R. Je crois que ce sont les marguilliers, le personnel rapace. Tous
se sont mêlés de me faire de petites taquineries. Ainsi, le gardien
du Calvaire avait dressé son chien à courir après moi quand je
passais. La chaisière disait au donneur d'eau bénite, d'une voix
forte: «Huez la donc.»
D. Comment vous, qui êtes un peu sourde, entendez-vous si bien ce
que l'on dit de vous?
R. On peut facilement distinguer. Les personnes qui sont sourdes,
quand elles regardent ceux qui parlent, comprennent facilement au
mouvement des lèvres.
D. Alors vous pensez que c'était le personnel de l'église qui avait
indisposé le curé contre vous?
R. Le gardien du Calvaire surtout. Les vicaires aussi. Il y en
avait un, l'abbé J..., qui _me huait, me conspuait dans l'église_.
Plus il y avait de monde, moins il se gênait; en passant à côté de
moi, il faisait: «Pschitt!» en signe de mépris. Un autre vicaire
encore davantage. Il venait se mettre à côté de moi, et il faisait
le signe de cracher. Je me suis plainte du donneur d'eau bénite à
l'ambassadeur belge. Il a été conduit trois fois au violon, et,
comme il continuait, on a employé quelqu'un d'en haut pour le
surveiller; il a disparu pendant une journée, et quand il est
revenu, il était encore plus acharné.