L'hiver, avec sa neige et sa glace, est passé. C'est peut-être dommage
pour les personnes qui pouvaient s'amuser à patiner, à faire des
glissades, ou à sortir en traîneau. Mais c'est très agréable pour les
pauvres qui avaient froid et faim, qui n'avaient pas de charbon pour
se chauffer, pas de bons vêtements chauds et presque pas de nourriture
pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ils étaient heureux de voir
arriver le printemps. Les oiseaux aussi étaient contents de voir fondre
la neige et la glace: souvent aussi ils avaient eu froid et faim. Mais
pas les oiseaux du jardin de Jean et de Marie. Ces derniers avaient
mis tous les jours un petit baquet d'eau et une assiettée de pain au
jardin. Et les moineaux, les pinsons et les mésanges en avaient mangé.
Mais ces oiseaux-là étaient tout de même bien contents de voir briller
le soleil du printemps. Oh! la bonne chaleur du soleil! La terre
s'était amollie, les bourgeons des arbres se gonflaient. On voyait
déjà de toutes petites feuilles vertes. Et les oiseaux se mettaient à
chanter.
Deux pinsons bâtissaient leur nid dans le jardin. Ils voulaient
sans doute chanter pour égayer ces enfants qui les avaient si bien
soignés en hiver.
Jean et sa maman les regardaient.
«Regarde, maman, dit Jean, voilà encore notre pinson. Il a un brin de
paille dans le bec. Où fait-il son nid?
--Eh bien, regarde-le!
--Mais je ne le vois pas!
--Le voilà sur la branche, là! le vois-tu à présent?
--Oh oui! juste dans ce petit coin entre deux branches, je le vois qui
bâtit son nid.
--Et quand le nid sera prêt, la femelle pondra des oeufs et de ces
oeufs sortiront les petits oiseaux!»
Oh! il y avait tant à voir au jardin, par cette belle journée de
printemps et il y faisait si bon! La petite Marie y était presque toute
la journée. Les oiseaux continuaient tranquillement à construire leur
nid: ils n'avaient pas du tout peur de cette gentille petite fille.